Charles Lebon

Togo : le quartier Bè, un champ de course poursuite


Le quartier populaire de Bè à Lomé s’est illustré dans l’histoire de la jeune démocratie togolaise comme le bastion favorable à l’opposition.
Il constitue l’épicentre des mouvements socio-politiques qui ne cessent d’agiter le pays. Bref, sans exagérer, nous pouvons dire que c’est le Benguazi du Togo.
Hier jeudi, ce quartier n’a pas manqué à son rôle. Il a été le lieu de théâtre d’affrontement entre forces de l’ordre et manifestants et sympathisants du FRAC et de l’ANC. Ces derniers comme nous l’avons dit dans un article précédant, ont prévu faire une marche de protestation contre un projet de loi jugé « liberticide ».
Mais très tôt le matin, le lieu d’ébranlement de la manifestation a été investi par la gendarmerie qui a usé des gaz lacrymogènes et des coups de matraque pour étouffer la manifestation.
Ce fut toutefois un étouffement difficile, car pendant plus de quatre (4) heures de temps, les jeunes ont su résister en ripostant avec des jets de pierre et en érigeant des barricades dans le quartier.
Le soir lors d’une conférence de presse animée par le leader du FRAC-ANC, Jean-Pierre Fabre, il faisait état d’un bilan de 57 blessées dont 35 graves et 57 interpellations. Notons que Robert Olympio député à l’Assemblée nationale fut également arrêté.
Par ailleurs, nous venons d’apprendre que tous ceux qui ont été arrêté dont le député Olympio ont été déférés à la prison civile de Lomé. Le FRAC et l’ANC ne baissent pas les bras et promettent poursuivre les manifestations jusqu’à ce que ce projet de loi soit retiré.

Nous notons de notre part que cette énième répression des manifestations prévues pacifiques par les organisateurs, sape à nouveau le désir ambigu de réconciliation et de paix tant souhaité par le chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé.
Nous regrettons également l’usage excessif de la force utilisé par les gendarmes pour neutraliser cette manifestation.


Manifestation dans les rues de Lomé contre une loi « liberticide »

Manifestation dans les rues de Lomé contre une loi « liberticide »

Pascal Bodjona, Ministre d'Etat, ministre de l'administration territoriale et de la décentralisation et porte-parole du gouvernement

Oui ou non le projet de loi sur les manifestations publiques restreint-il les libertés au Togo? Oui, disent la plupart des partis politiques et organisations de la société civile. Jamais au Togo, on n’a connu une telle levée de bouclier contre un projet de loi.
Cette loi, désormais appelé la loi Bodjona du nom du tout-puissant ministre de l’Administration territoriale qui l’a initié, fixe les conditions d’exercice de la liberté de réunion et de manifestation sur la voie publique prévoyant des sanctions pour les organisateurs en cas de trouble.
Le FRAC (Front républicain pour l’alternance et le changement) au sein duquel se trouve le parti ANC de Jean-Pierre Fabre appelle à une grande marche demain jeudi dans les rues de Lomé pour protester contre ce qu’ils appellent une « loi liberticide ».
Il y a même une certaine soupçon à l’égard du pouvoir de mettre en place des gardes fours pour éviter tout type de soulèvement à l’exemple de ce qui se passe dans le monde arabe. Claude Amégavi du Parti des Travailleurs affirme ainsi « On devine aisément pourquoi ils veulent faire voter cette loi ; c’est à cause des échos de changement qui nous parviennent du Maghreb et ils entendent couper l’herbe sous le pied de la révolution ». Une autre inquiétude des partis de l’opposition est la majorité mécanique que détient le pouvoir à l’Assemblée nationale qui lui permettra de faire passer cette loi comme dans une passoire.
Pour le parti au pouvoir par contre, « cette loi va permettre d’harmoniser l’exercice de la liberté de manifestation avec la constitution et les normes internationales adoptées par le Togo ».

Espérons que demain cette manifestation se déroulera pacifiquement comme le veulent les organisateurs.


Un général togolais à la tête de l’Onuci


Le secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon, a nommé mardi le général togolais Gnakoudè Béréna, commandant de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), en remplacement du général Abdul Hafiz, du Bangladesh, dont le mandat s’achève le 22 mars.

Entré au sein des Forces armées togolaises en 1976, le major général Béréna a dirigé plusieurs régiments d’intervention rapide, de parachutistes et d’infanterie. Il a également participé à des missions de paix pour l’ONU et l’Ecomog.
Il était jusqu’à sa nomination conseiller spécial du président Faure Gnassingbé.
Gnakoudè Béréna est né en 1953 à Pya Gnama.

Source Site de l’onuci


SCIENCE: LE TOGOLAIS AGBEGNENOU REVOLUTIONNE LA TELEPHONIE

SCIENCE: LE TOGOLAIS AGBEGNENOU REVOLUTIONNE LA TELEPHONIE
*J’ai repris pour votre information, quelques parties de cet article sur afrik.com sous le titre « Une invention qui pourrait bouleverser le monde de la téléphonie » . Peut-être et légitimement par une fierté togolaise et africaine!!!

Une technologie qui permet de distribuer les services de téléphonie, Internet et images, sans recourir au moindre câblage. C’est l’étonnante invention d’un Togolais de la diaspora africaine en France, Victor Kossikouma Agbégnénou. Son pari : le téléphone pour tous, accessible partout, et parfois gratuit en appel local.

Une invention a vu le jour, grâce à un africain, et promet des lendemains meilleurs pour le continent noir. Il s’agit d’ un système de communication polyvalent sans fil, le PWCS ( Polyvalent Wireless Communication Systems). Une technologie étonnante qui permet, à partir d’une connection haut débit satellitaire, de distribuer les trois services de téléphonie, internet et images, sans recourir au moindre câblage. Le pari de l’inventeur : le téléphone pour toutes les bourses, accessible partout, et parfois gratuit en appel local. Ce sera le téléphone des peuples, peut-être du siècle. Une création 100% africaine qui va désenclaver les zones reculées et rétrécir la disparité numérique entre riches et pauvres. Même certaines villes et campagnes dans les pays développés en ont bien besoin.

L’Afrique d’abord

Cette invention est une oeuvre du laboratoire Ka-Technologies, grâce à l’ingéniosité et à dix années de recherche de son directeur, un Togolais de la Diaspora africaine en France,Victor Kossikouma Agbégnénou. Ce génie africain est sur le point de bousculer les idées reçues, l’ordre mondial de la technologie. A son sujet, le rédacteur en chef d’un magazine français d’informatique souligne avec enthousiasme qu’habituellement, c’est le Nord qui produit et le Sud consomme. Le PWCS vient transformer cette voie à sens unique et, lorsqu’il sera opérationnel, sera un moyen de construire plus de ponts que de murs entre les peuples.

Qui est ce Victor AGBEGNENOU?

Rien ne prédisposait ce Togolais, la quarantaine, à devenir le père du système de télécommunication le plus ambitieux de ce début du 21ème siècle. Il est Vétérinaire de formation, diplômé de l’Académie de Moscou et de l’Ecole supérieure de Maisons-Alfort en France. Ce docteur des animaux, déjà dépositaire de quatre brevets d’invention dans le domaine médical, a de quoi être fier de sa nouvelle trouvaille en télécom, le “PWCS.” Il montre à la face du monde que la thèse répandue selon laquelle des tares pèsent sur les épaules des noirs, les empêchant d’inventer, de retrouver leur situation antique des civilisateurs de l’humanité, est un mensonge sacré, un apât de type raciste.

Un pari difficile …

Le génie secourable, Docteur Kossikouma Agbégnénou, s’est vu proposer par des américains et suisses, le rachat de son brevet contre des millions de dollars. Mais il leur oppose un refus, son souci premier étant de privilégier le continent. “Ils sont venus me voir dans mon labo situé au sous-sol d’un immeuble sur l’avenue des Champs Elysées à Paris. Après de longues heures de discussions tendues, confie t-il, je leur ai dit que même si je dois vendre la license, ce sera assorti d’une condition indiscutable, celle qu’ils acceptent d’exploiter le produit partout ailleurs dans le monde, à l’exception de l’Afrique, me laissant ainsi le droit de traiter en personne avec le continent noir”. Mais face à l’intransigeance de ses visiteurs qui tenaient à retourner à tout prix à New York avec le brevet, l’inventeur a mis fin au deal : “Vous savez, je suis déjà dans une cave, je ne peux pas descendre plus bas”. Affaire close.

Peut-il compter sur les décideurs africains?

Le produit est prêt pour passer à sa phase industrielle. Mais l’Afrique qui a toujours plus d’un tour dans son sac semble lui réserver un sort pour le moins cocasse. Après plusieurs va-et-vient sur le continent, l’inventeur fait l’amère constat que les autorités africaines sont paradoxalement réticentes à ouvrir les espaces nationaux et à accorder les autorisations officielles nécessaires.

Docteur Victor Agbégnénou, loin de baisser les bras, continue de se battre bec et ongles pour forcer la main aux décideurs, afin que soit rendu opérationnelle sa technologie de pointe qui, selon les experts, a 30 (trente) ans d’avance sur les occidentaux. Dans cette histoire, on peut dire que Mère-Afrique, une fois encore, voit certains de ses propres enfants combattre ses intérêts supérieurs, au profit de riches commerçants étrangers.


A quand un féminisme africain ?

A quand un féminisme africain ?

Femme noire, femme africaine, ô
Toi, ma mère, merci; merci pour tout
Ce que tu fis pour moi, ton fils, si
Loin, si près de toi !

Camara Laye

Au Togo, la journée du 8 mars dédiée à la femme ou bien au sexe féminin n’est pas passée inaperçue. Discours de Mme la ministre de l’action sociale, de la promotion de la femme, de la protection de l’enfant et des personnes âgées Memounatou IBRAHIMA ; différentes activités organisées par les associations et organisations non-gouvernementales qui promeuvent la femme : émission radio, causerie-débats publiques, activités culturelles ont ainsi meublées cette journée.
Mais je suis resté sur ma soif. J’attendais que ces organisations ou associations, qui militent en faveur de la femme, offrent à mon intelligence peu compréhensive, un discours authentiquement africain sur l’être femme, ses difficultés et ses perspectives d’avenir. Mais il en est rien ou bien peu de choses.

Un discours féministe hors contexte

Elles n’ont plutôt cessé de ressasser un discours féministe occidental qui, même si certains aspects de ce discours sont non-négligeables, se met en déphasage avec leurs contextes existentiels.
Pourquoi nous africains sommes-nous toujours seulement aptes à tenir un discours second ou un discours qui sert d’arrière plan aux discours occidentaux ? Pourquoi ne pas produire des discours authentiques qui à côté des autres discours, ne seraient pas un ingrédient de plus, mais qui seraient en soit une alternative, une vision nouvelle ?

Pourquoi l’objet de nos discours serait ce sur quoi les occidentaux ont déjà débattu ? Peut-être que sur la question de l’ « objet » de débat ou de recherches nous pouvons encore comprendre, mais sommes-nous obligés de partager ou de faire le plagiat quand aux solutions ou directives préconisées par les Occidentaux ?

Ces inquiétudes que je relève nous font faire assez souvent fausse route sur bon nombre de sujets et dans bon nombre de domaine de recherches.
Sur la question par exemple de l’identité noire, en philosophie sur le discours du great divide ou en littérature avec la négritude, le discours africain est demeuré un discours second ou réactionnaire.

Même sur la question du développement, sommes-nous disposés à envisager un développement alternatif ayant un contenu sémantique autre que la techno-science et un bonheur de gratte-ciels avec un écart abyssal entre une minorité trop riche et une majorité trop pauvre ?
Aujourd’hui encore autour de la femme africaine, le discours authentique révélateur de la femme africaine n’est pas encore né. Peut-être s’il se pense, il n’est pas encore ébauché. C’est pourquoi à juste titre, je pose la question : à quand un féminisme africain ?

Le combat des femmes reste légitime et à besoin d’être soutenu ou mieux à être intégré dans la conscience de tout un chacun de nous.

Mais il faut que le discours qui s’engage dans cette lutte prenne forme à partir du terroir, s’élabore à partir de la réalité féminine africaine.
Cependant, cette réalité féminine africaine n’a pas toujours été un enfer pour les femmes ou le terrain fertile des « chaînes d’oppression » comme certains propos l’ont souligné lors du Forum des luttes féministes africaines tenu à Kaolack (Sénégal) le 4 Février dernier. Elle reste ambivalente.

• La femme dans la culture africaine

Dans certaines régions traditionnelles d’Afrique, la fille est assimilée de façon symbolique à la calebasse, objet premier dans toutes les activités de la vie collectives. Elle est l’instrument servant à donner l’eau à toute personne : elle est donc source de vie. Elle est également récipient, caisse de résonance d’instrument de musique et servant de moyen d’échange entre les communautés : elle est en cela élément d’instauration de la paix.

La femme « à l’image des fonctions sociales de la calebasse, est considérée comme l’instrument de vie, donatrice de vie et, en même temps protectrice de cette même vie » Adji Aklesso (2008 :109).

Certes ces considérations anthropologiques n’empêchent pas que la femme soit longtemps enfermée dans un « livret familial » ou prédomine la culture patriarcale, mais elle témoigne que la femme n’est pas toujours marginalisée en Afrique comme veuillent le faire croire certains discours occidentaux.
Sur ce plan, la figure de la Grande Royale dans le roman L’Aventure ambiguë de Cheik Hamidou Kane,témoigne de l’influence de la présence des femmes dans la communauté africaine.

Ainsi le combat des femmes en Afrique surtout subsaharienne, pour qu’elle porte des fruits d’égalité et d’équité, devrait se basée sur des considérations déjà positives contenues dans nos discours cosmogoniques ou dans les éléments traditionnels de nos cultures.

La femme africaine d’aujourd’hui souffre beaucoup plus de la pseudo-culture fait de métissage avec des idéologies occidentales que de sa culture authentiquement africaine qui en fait est déjà un jardin perdu.

Bibliographie

Adji Aklesso, « Le mariage contemporain et la problématique du genre : analytique chrétienne du féminin », Revue ivoirienne d’anthropologie et de sociologie Kasa Bya Kasa, n°14, Abidjan, Educi, 2008, pp.108-123

Thomas Louis-Vincent, Luneau Réné, La terre africaine et ses religions, Paris, Harmattan, 1986


4 Mars 2010- 4 Mars 2011 : Chronique des évènements un an après la réélection de Faure

4 Mars 2010- 4 Mars 2011 : Chronique des évènements un an après la réélection de Faure

De gauche à Droite: J.P.Fabre, Faure Gnassingbé et Gilchrist Olympio

La période des douze mois qui ont suivi la réélection de Faure Gnassingbé fut l’une des plus politiquement agitée de notre pays.
Je vous propose donc une chronologie des évènements socio-politiques qui sont à jamais inscrits dans l’histoire du Togo, un an après que les Togolais sont allés aux urnes pour choisir leur président de la République.

2010

4 mars : Jour su scrutin marqué par un calme relatif

6 mars : Proclamation des résultats provisoires par la CENI (Commission Electorale
Nationale).
Indépendante), donnant Faure vainqueur avec un score de 60,92% des voix. Notons
qu’à la veille, Jean-Pierre Fabre qui s’est présenté sous les couleurs de l’UFC de
Gilchrist
Olympio, s’est auto proclamé vainqueur.
Tous les candidats à cette élection y compris Faure ont introduits des recours à la Cour
Constitutionnelle. Celle-ci les déclarera non-fondés.

7 mars : Début des contestations de rue organisées par Jean-Pierre Fabre de l’UFC et du
FRAC qui l’a soutenu lors de l’élection présidentielle. Les marches quotidiennes ont
lieu tous les samedis et continues un an après les élections.

9 mars : Saisie de la compilation des résultats ici des procès verbaux des bureaux de vote par
la gendarmerie au quartier général de l’UFC établi pour l’occasion au Césal.

18 mars : Résultats définitifs proclamés par la Cour Constitutionnelle donnant Faure
vainqueur avec 60,88%des voix. La deuxième place qui « ne fait pas président » est
octroyée à Jean-Pierre Fabre avec 33,93%.

27 Avril : Célébration des 50 ans d’indépendance du Togo dans la désunion totale des acteurs
politiques. Notons que certains partisans de Jean-Pierre Fabre, du retour d’un
meeting organisé par ce dernier ont essuyé des gaz lacrymogènes de la part de la
gendarmerie

3 mai : Prestation de serment de Faure Gnassingbé

26 mai : Accord RPT-UFC. Dit historique, cet accord est signé entre Gilchrist Olympio qui
s’est désolidarisé de sa base politique, et Solitoki Esso, secrétaire général du RPT
parti au pouvoir. Notons que cet accord sonne le début des dissensions importantes
entre les partisans de Gilchrist Olympio et ceux de Jean-Pierre Fabre.

4 Juin : Suspension de l’OBUTS (Organisation pour Bâtir dans l’Unité un Togo Solidaire),
parti de l’ancien premier ministre Agbéyomé Kodjo. Début d’une série de
démarches judiciaires. Le parti sera réhabilité plus tard

22 et 23 Juin: Manifestation populaire et violente contre l’augmentation des prix des
carburants

28 mai : Formation du gouvernement HOUGBO II avec l’entrée de 7 ministres de l’UFC.

10 Octobre: Désertion de Jean-Pierre Fabre et les siens de l’UFC et création d’un nouveau parti ANC (Alliance Nationale pour le Changement).

13 Novembre: Une manifestation des acteurs et organisations de défense Droits de l’Homme, fut réprimée par la gendarmerie.
18 mai : Série de plaintes judiciaires attentées par le chef de l’Etat Faure contre plusieurs journaux de la place.

Mi-décembre : Le Togo atteint le point d’achèvement PPTE (Pays Pauvres Très Endettés) comme avantage allégement de la dette allant jusqu’à 1,8 milliard de dollars, soit plus de 80% de sa dette extérieure.

25 Février 2011: Main tendue de Faure à Fabre à travers une invitation à la présidence. Main tendue rejetée par ce dernier qui pose des préalables.

Espérons bien que la deuxième année des cinq ans du mandat de Faure qui s’ouvre nous offrira de meilleurs évènements!


Diplomatie française : du jupon à Juppé, c’est encore une jupe

Diplomatie française : du jupon à Juppé, c’est encore une jupe

Michèle Alliot-Marie et Alain Juppé

Le vent qui souffle sur les pays arabes n’emporte pas seulement les intouchables internes. N’ayant pas de frontière, ce vent s’est donné la liberté de visiter l’Hexagone, notre très chère France.

Attaquée sur tous les fronts sur sa gestion diplomatique de la crise surtout en Tunisie, Michèle Alliot-Marie a dû être sacrifiée, non sans raison, comme un bouc émissaire d’une diplomatie sarkozyste plus vieille que M. Sarkozy lui-même.

Avec une énième bousculade ministérielle, celle qui a passé ses vacances à Tunis, qui a proposé de prêter au régime de Ben Ali le « savoir-faire » des forces de l’ordre françaises, est remplacée par M. Juppé à la tête de la diplomatie française.

Mais pourra-t-on nous faire croire à nous sceptique pure et dure qu’en passant du jupon à Juppé, et bien, la diplomatie française changera de corsage ? Pour nous que ce soit jupon ou Juppé, le radical demeure : « jupe ». Donc rien d’après nous n’a changé et ne changera.

Nous peuples africains, ne pouvons plus rien attendre de cette diplomatie. Nous avons fait l’expérience, si nous excluons la période coloniale, de cinquante années d’amère et infructueuse collaboration, que dis-je, de domination.

A cinquante ans, nous ne pouvons plus espérer que la France se convertisse. Il y a longtemps que le baptême de Clovis a eu lieu.
Nos propos ici ne consistent pas à jeter seulement l’anathème sur la politique extérieure du régime sarkozy. De De Gaulle à Sarkozy en passant par Pompidou, Giscard d’Estaing, Mitterrand, Chirac, quel a été, quel est le rapport de la France avec nos pays subsahariens ?

La France, non pas les Français mais la France politicienne, pour ces intérêts économiques et stratégiques a accordé à ses colonies une indépendance de façade.

Elle a ensuite composé avec des dictatures par tous les moyens jusqu’à notre siècle présent, à nous maintenir dans une sous-culture parce qu’on ne serait pas suffisamment entré dans l’Histoire, en appauvrissant nos sous-sols presque gratuitement. Et pendant cinquante ans nous sommes toujours « en voie » de développement. Dans les cinquante années à venir, nous ne voulons plus « être en voie ». Quelle honte pour le maître qui après cinquante ans ne voit pas son disciple maîtrisé son art !

Et cette France, serait-ce la Chine ou la Russie, je ne perdrai pas mon temps cette nuit à écrire cet article. Mon âme serait égale, semblable aux stoïciens.

Mais cette France dont je vous parle, c’était le pays qui a, un jour à la surprise du ciel et de la terre, sali la couronne. C’est cette France qui a offert à l’humanité un 14 juillet à la fois ténébreux et lumineux ! La France, c’était cette terre qui a enfanté la déclaration des droits de l’homme. Cette France, c’est ce ciel que menace à jamais un drapeau tricolore avec pour chaque couleurs ce trinôme dangereux et divin : Liberté-Egalité-Fraternité.

Et depuis que la France a vu réapparaître la bourgeoisie sous le couvert du capitalisme, elle a mis en veilleuse ses valeurs. La France, grand pays de défense des droits de l’homme ! Voilà un discours fossilisé et nostalgique. Elle a enterré sa devise, son passé.
Elle boit et danse avec ceux qui nous oppriment. Mieux elle nous opprime. Et ceux qui nous oppriment, nos frères à la peau noire salie par la blancheur de la neige, changent sur les Champs-Elysées leurs boubous tissés par la mère Afrique avec des costumes-cravates.

Que ce soit un Alliot-Marie ou un Juppé, que ce soit Sarkozy, Strauss-Kahn ou pourquoi pas Marine Le Pen après la présidentielle de 2012, nous jeunesse africaine, nous n’attendons pas grand-chose de la France. C’est juste qu’elle s’occupe de ses intérêts !

M. Juppé disait à la passation de service avec Alliot-Marie que « la voix de la France est entendu ». Mais avez-vous entendu quelque chose ? Mais nous, nous ne voulons pas entendre. Ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Le vrai et réel problème est comment cette voix se fait entendre et pour quelle fin. Mais après cinquante ans, nous sommes trop habitués aux rythmes de cette voix.

Par ailleurs cette voix de la France, M. Juppé, nous ne l’avons pas entendu. Nous l’avons plutôt attendu. Et à force de tarder, elle a vieilli de cinquante ans. Et nous, nous avons pris nos responsabilités, nous sommes partis et nous l’avons devancé. Vieille, nous ne pensons qu’elle pourra un jour nous rattraper.

Compatriotes, passons à un autre sujet, allons porter nos voix aux cœurs arabes asséchés et qui luttent pour se désaltérer. Peut-être marcherons-nous sur leurs pas ?


Prolifération des médicaments aphrodisiaques à Lomé : les hommes seraient-ils de plus en plus sexuellement impuissants ?

      1. Prolifération des médicaments aphrodisiaques à Lomé : les hommes seraient-ils de plus en plus sexuellement impuissants ?

        A Lomé, presque tout le monde connaît le morceau intitulé « Aladji » du groupe d'artistes béninois H2O ASSOUKA.
        Dans ce chant, il s’agit d’une invitation faite à l’endroit d’un homme de rester en « feu », tant il n’arrivait pas à satisfaire sa copine.

        Mais aujourd’hui loin de croire que c’est une invitation isolée, on dirait qu’elle est adressée à tous les hommes.
        En effet le marché des médicaments abonde de ces produits aphrodisiaques ou encore par de nombreuses décoctions dont les tradithérapeutes ne manquent de louer les vertus tonifiants.
        Ces produits vous les reconnaitrez par leurs emballages dont les scènes de « hard porno » vous déconseillent de lire même les titres pour savoir de quoi il s’agit. Importés par la plupart des sociétés de commerce libanaises, ces produits se retrouvent dans beaucoup de magasins au grand marché de Lomé. Ils sont aussi omniprésents dans les coins de rue chez les revendeuses ambulantes de produits pharmaceutiques. Ces derniers temps on note aussi certains produits aphrodisiaques importés des Etats-Unis appelés communément « produits américains ».

        Cependant qu’il y ait des problèmes relatifs à la faiblesse sexuelle ou encore des médicaments pour leur traitement, ce n’est pas ce qui nous étonne.

        Notre préoccupation vient du fait du quasi prolifération de ces médicaments aphrodisiaques.
        La faiblesse ou l’impuissance sexuelle serait-elle en passe de devenir un fléau dans notre société ? Très souvent on pense à tord ou à raison que ce sont les personnes âgées qui souffriraient de tels problèmes. Or bon nombre de personnes qui se procurent ces médicaments sont de tout âge confondu y compris les jeunes. Quelles peuvent dès lors être la cause de cette impuissance chez cette frange de la population de moins de 45 ans ? Ou bien seraient-t-ils victimes de la propagande des actes sexuels « hard » que ces emballages très pornographiques semblent véhiculer ? Quelle peut-être la part des femmes ou jeunes filles dans cet engouement des hommes pour ces médicaments ? Car bon nombre de personnes que nous avons contacté, ont déclaré avoir peur de ne pas satisfaire leur conjointe.

        Mais quant à l’efficacité de ces aphrodisiaques, quel crédit leur accordé ? N’y a-t-il pas risque à craindre une dépendance de l’érection qui normalement est un fait physiologique naturel à ces produits excitants ? N’y a-t-il pas un risque potentiel d’une totale impuissance précoce pour ceux qui ne pensent à l’acte sexuel qu’en ayant confiance à ses produits « magiques » ?

        L'impuissance sexuelle: c'est quoi ?

        Le constat aujourd’hui de la prolifération des médicaments aphrodisiaques sur nos marchés et dans nos coins de rue est un signe évident d’un malaise dans le domaine sexuel de nos concitoyens qui pourrait-être lié à l’impuissance sexuelle.
        L’impuissance sexuelle chez l’homme également appelé dysfonction érectile, consiste en l’incapacité persistante de développer ou de maintenir une érection suffisante pour permettre l’acte sexuel avec pénétration.

        Les causes

        Cette dysfonction érectile est un problème très complexe qui peut avoir grand nombres de causes et remèdes. Des facteurs personnels ou professionnels peuvent produire ou favoriser l’impuissance sexuelle. Il y a souvent association entre des causes psychologiques et des maladies organiques (le stress, la fatigue, certaines tensions).

        Causes sociales

        Il faut reconnaître aussi que les problèmes économiques et le types de travail y contribuent largement. La situation de crises socio-politique et économique de notre pays peut-être à cet effet un facteur important de stress pour nos concitoyens. Le phénomène très important des taxi-moto pour ne citer que ce domaine est aussi source de stress et de fatigue. Il n’est pas exclu qu’un Zémidjan-man (conducteur de taxi-moto) puisse naturellement le soir satisfaire sexuellement sa femme. Mais quand on connaît ce métier avec l’état des routes de Lomé, il est très fort douteux.
        Dès lors ces médicaments aphrodisiaques ne peuvent-être que salutaire pour ces personnes d’autant plus que la survie du couple en dépend.

        Pseudo-causes

        Un autre facteur qui profite aux commerçants de ces produits est celui que nous retrouvons beaucoup plus chez les jeunes. Il s’agit de la présomption (opinion fondée seulement sur les apparences) : « j’ai peur de ne pas être à la hauteur dans l’accomplissement de l’acte sexuel » se disent-ils.
        C’est une perte de confiance liée beaucoup plus à des troubles psychologiques qu’à une réelle impuissance ou faiblesse sexuelle. Ainsi ces jeunes ne se sentent pas capables de satisfaire leur partenaire et craignent quant à la survie de leur aventure amoureuse.

        Cette peur chez certains jeunes vient aussi du fait que certaines filles ne manquent pas de leur dire ouvertement ou par des manières voilées, leurs déceptions de ne pas parvenir à l’orgasme. Ce qui normalement relève d’un savoir faire ou de l’art sexuel et non du dopage sexuel.

        Tout ceci fait que ces médicaments aphrodisiaques ne sont plus l’apanage d’une certaines tranche d’âges ou de travailleurs mais presque de tout homme à partir même des adolescents chacun avec sa raison sexuelle.
        Comme on peut l’apercevoir ces causes relèvent beaucoup plus du domaine psychologique. On assiste donc à un phénomène phobique qu’à une réalité.
        Cependant s’il est légitime d’avoir une vie sexuelle normale, fréquente et active, il faudrait encore que l’on choisisse avec prudence les apports extérieurs en alimentation qui peuvent nous maintenir dans une forme sexuelle robuste.

        Conséquences de l’utilisation de ces produits :

        Pour la plupart des médecins que nous avons approché, bien que reconnaissant l’effet positif mais éphémère de ces produits, affirment que leurs utilisations sont fortement déconseillées. Ces aphrodisiaques peuvent à long terme te réduire même à « plat ».

        Recommandations

        Il est vivement conseillé, d’autant plus que le domaine de la sexualité n’est plus un tabou surtout à Lomé dans la capitale, d’en parler à un médecin. Et surtout n’oublions pas que l’automédication est un danger à éviter.

        En somme, faire un acte sexuel sans problème, se satisfaire et satisfaire sa conjointe est un droit primaire dont tout-être sexué doit pouvoir jouir.

        Le gingembre est considéré ici à Lomé comme un tonifiant
        Toutefois l’érection ou la puissance sexuelle chez l’homme reste un fait physiologique naturel. De ce fait s’il existe des apports nutritionnels qui peuvent remédier aux dysfonctionnements érectiles, il est fortement conseillé de prendre cette voie. Nous pouvons mieux soigner la qualité de nos repas quotidiens. Le mieux aussi serait de contacter et de prendre régulièrement conseille chez notre médecin. Notre virilité en long terme en dépend.
        Notons également que les aphrodisiaques qu’on rencontre sur les étalages loin de nous apporter une solution satisfaisante n’ont que des effets rapides et éphémères. Par ailleurs, ils sont nuisibles non seulement pour notre avenir sexuel mais aussi pour toute notre santé.

        N.B: J'ai préféré ne pas mettre les photos de ces médicaments pour ne pas faire de la publicité pour aucun d'entre eux.


  • Libye/KADHAFI: Du Guide à la Guillotine

    Libye/KADHAFI: Du Guide à la Guillotine

    Il est le « chef et le guide de la Révolution de la Grande Jamahiriyya arabe libyenne populaire et socialiste », titre plus généralement raccourci en « guide de la Révolution ». Guide il l’est ou plus exactement il se croyait l’être.

    Ce titre « guide » qu’il s’est octroyé pour lui est synonyme de « Berger ». Le berger c’est pas seulement celui « qui conduit des brebis vers de vers pâturages » comme le disait le bon psalmiste. C’est avant tout celui que des « moutons » suivent docilement c’est-à-dire bêtement en bêlant. Et le berger a droit de vie ou de mort sur ses moutons. Il peut les vendre, leur soutirer le maximum de richesses qu’ils possèdent naturellement.

    C’était la conviction de Mouammar Kadhafi lorsque le 1er septembre 1969, à 27 ans, il mène avec un groupe d’officiers un coup d’État contre le roi Idris Ier, alors que celui-ci est en Turquie pour un traitement médical.

    Il se dit: « Je suis le Guide, le Berger et vous peuple libyen, vous êtes mes moutons ».
    Mais c’est une dangereuse tour de passe-passe que de réduire l’exercice du pouvoir à cette vision de Bédouin.

    Il s’avère que le peuple n’est pas formé de moutons et donc ne peut avoir de berger ni de guide.
    Ce peuple ne comprend le rôle de son Guide que comme dans un contrat social. Et nul, même le Léviathan, ne saurait être au dessus de ce contrat.

    Le croisement de ces deux points de vue, celui de Gadhafi qui se dit Guide, et celui du peuple qui se dit « je suis pas mouton », ne peut que donner des étincelles: alors bonjour la révolution!

    Mais pour le malheureux guide, il se demande:

    « Depuis quand les brebis se révoltent-ils?
    depuis quand osent-ils non seulement refuser de suivre le guide, le seul l’irremplaçable, mais encore de vouloir que le guide ne soit plus guide? depuis quand les animaux peuvent se prévaloir de parler au lieu de bêler, de se faire lier au lieu d’être libre?
    Et bien je vais leur montrer leur identité de mouton en créant avec leur sang un fleuve de sang ».

    Du Guide qu’il s’était présumé, nous sommes en train de découvrir, après que le masque tombe, le visage horrifiant du guillotineur Kadhafi. Voilà le guide armé de la guillotine pour réduire son peuple au martyr.

    Mais ce peuple vaillant résiste. Comme Danton qui refusa de fuir, il dit:

    « J’aime mieux être guillotiné que guillotineur, […]; partir! est-ce qu’on emporte sa patrie à la semelle de son soulier. » — (Alfred Barbou, Les trois Républiques françaises, 1879).

    Ainsi, vive la Révolution pour que la partie revienne au peuple!


    Grand concert de protestation et de soutien à Lomé: Initiative SOS Journaliste en Danger

    Grand concert de protestation et de soutien à Lomé: Initiative SOS Journaliste en Danger

    Un parterre de journalistes togolais présents à la manif

    Ce Samedi soir une foule considérable s’est retrouvée à Hanoukopé un quartier populaire de Lomé pour porter un soutien massif aux journalistes qui sont dans le domaine privé.
    Cette manifestation de protestation s’est faite autour d’un grand concert qui a connu la participation des artistes engagés les plus en vogue de la capitale.

    Ils étaient une dizaine à avoir répondu à l’appel des journalistes privés. Nous avons assisté en live aux prestations notamment de Rasly, d’Eric M.C. ? Tonton Sésé, de Djoko, d’Adji Kuam, du groupe Sitougan qui nous a offert une salsa ovationnée par la foule.
    Ce concert intervient dans le cadre des diverses démarches que les journalistes rassemblés dans SOS Journaliste en Danger et Journaliste pour les Droits de l’Homme (JDHo) engagent pour la réouverture de trois stations radio : X-Soliare, Métropolis Fm et Radio Providence, et de la suspension des procès en cours contre deux presses écrites : Golfe info et Tribune d’Afrique.

    Rasly, artiste togolais
    Jah Cissé
    Groupe Sitougan

    Cette manifestation est une première où un Concert est associé à une protestation sur le plan public ici au Togo.

    C’est donc dans une ambiance électrice, surchauffée que les différents artistes ont galvanisé la foule et adressé des messages de soutiens aux journalistes.

    Tonton Sese, artiste togolais
    Markus César, artiste toolais
    Adji Kuam, artiste togolais

    Le seul discours prononcé fut la pétition adressée au chef de l’Etat pour la réouverture immédiate de ces lesdites stations radio, accompagnée de plus de 4000 signatures, que Francis Pedro, directeur de publication du journal Crocodile News a lu à la foule.

    Francis Pedro, directeur de publication du journal Crocodile News

    Notons que si une lettre d’invitation à été envoyée à tous les partis politiques, seul l’A.N.C. (Alliance Nationale pour le Changement) a honoré les journalistes avec la présence effective de Jean-Pierre Fabre qui a organisé plus tôt dans la matinée son habituelle marche de protestation.

    Djoko, artiste togolais
    Ce concert serait selon les organisateurs un prélude à d’autres actions de protestations si les radios qui ont été fermées il y a déjà plus de 3 mois ne sont pas réouvertes. Ce sur quoi la population présente s’était dite prête à répondre afin que les journalistes obtiennent gain de cause pour ce qui semble désormais être une nouvelle lutte sur la voie de la difficile liberté d’expression.
    Quête que la foule a donné pour soutenir l'organisation de la manif