Charles Lebon

La Saint Valentin à Lomé : l’Eros en fête

La Saint Valentin à Lomé : l’Eros en fête


Comme chaque 14 février, ici à Lomé, on est en symbiose avec tous les amoureux de la planète pour conjuguer le verbe « aimer ».

Nous n’avons pas besoin de savoir l’origine ni les méandres de cette fête avant de lui consacrer un autel. Pour nous, l’essentiel est compris : c’est la fête des amoureux !
Nous n’avons pas aussi besoin d’un discours moral, religieux ou savant qui s’agacent à démontrer que le vrai amour c’est-à-dire l’amour vrai se fait rare !

Chez nous ici à Lomé, l’amour existe. Nous ne le démontrons pas à force d’argument mais de fleurs et de soirées en duo.
Chez nous, l’amour n’est pas un concept ; c’est du domaine de l’indicible, qui se transmet très souvent loin des regards entre quatre murs où seul à seul, nous nous disons ce que vous ne connaissez que de trop !

Toutefois, cette fête à Lomé permet aux jeunes de manifester surtout publiquement leur foi en l’amour. La couleur rouge est souvent de préférence par « tradition » dans les tenues vestimentaires.

Même si le langage des fleurs nous est trop peu connu, la première des choses est d’aller choisir des fleurs de plus en plus artificielles jointes de petites notes poétiques pour sa bien-aimée. Ici, l’occasion ne fait pas le larron ; mais bien le poète.

Pour orienter les jeunes dans cette fête en l’honneur de l’Eros, de nombreuses soirées nécessairement en duo sont organisées dans les night club. Des concours entre autres du meilleur couple le plus stylé, du plus long baiser, etc.… y sont de coutume.
Notons que ces différentes soirées ont même débuté déjà depuis le vendredi consacrant ainsi ce week-end comme celui des amoureux.

Mais c’est aussi l’occasion où les médias offrent aux âmes solitaires de pouvoir rencontrer l’âme sœur solidaire. Ainsi beaucoup de jeux « amis invisibles » sont organisés à travers les services de messageries.

Cependant si toute occasion de fête est un motif de joie, elle n’en comporte aussi pas moins de ces histoires amoureusement dramatiques. Car c’est aussi l’occasion où beaucoup de jeunes « amoureux » se rendent compte de la duperie amoureuse dont sont conjoint ou sa conjointe l’a plongé. Quelle histoire une fille qui sort avec par exemple 4 mecs peut-elle inventer pour refuser de faire cette sacré-sortie avec les autres.

Notons que, ici à Lomé, sortir le jour de La Saint Valentin ensemble prouve vraiment que c’est seulement entre « elle et moi » ou entre « lui et moi » ; c’est un signe de confiance et d’assurance.

Tout compte fait, ici à Lomé, La Saint Valentin se fête et certainement mieux que chez vous ! Car nos filles sont toutes « belles et canons » et nos mecs sont « poètes ».


Tunisie-Egypte : la dé-construction des mensonges Une analyse des révolutions à la lumière de Hannah Arendt

Tunisie-Egypte : la dé-construction des mensonges
Une analyse des révolutions à la lumière de Hannah Arendt

Sommes-nous en train d’assister à l’écroulement de la pyramide des mensonges politiques ?
Hier en Égypte ressemblait au « 14 Janvier » tunisien. Aujourd’hui, le peuple égyptien, s’est réveillé le cœur léger. C’est le retour au rêve car l’horizon est dégagé, car Moubarak « n’est » plus ! On peut donc légitimement rêver pour de nouvelles choses non-prescrites, non-falsifiées!

Cependant cette histoire qui est en train de s’écrire de notre vivant par le « peuple », est tout d’abord un échec des tromperies et des mensonges politiques.
Hannah Arendt définie ces deux pratiques politiques par rapport à leur finalité en affirmant que : « La tromperie, la falsification délibérée et le mensonge pur et simple employés comme moyens légitimes de parvenir à la réalisation d’objectifs politiques » (Hannah Arendt, Du mensonge à la violence, Paris, Calmann-Lévy, 1972 :8-9).

Pour Hannah Arendt, c’est un choix délibéré des politiques d’user du mensonge pour gouverner au détriment de la vérité : « La véracité –dit-elle- n’a jamais figuré au nombre des vertus politiques, et le mensonge a toujours été considéré comme un moyen parfaitement justifié dans les affaires politiques » (Hannah Arendt, 1972 :9).

Se faisant illusion sur le pouvoir aliénable et éphémère du mensonge, le dictateur qui ne vit qu’au dépend de « la falsification de la réalité », arrive lui-même à croire à son mensonge. Pour Hannah, « plus un trompeur est convaincant et réussit à convaincre, plus il a de chance de croire lui-même à ses propres mensonges » (Hannah Arendt, 1972 :38). Cet état de fait, c’est ce que Eboussi-Boulaga nomme dans son ouvrage Le muntu problématique « le mensonge transcendantal » où le menteur-politicien « se perd et se fourvoie ».

Cependant, ce nuage mensonger qui l’entoure crée entre lui et le peuple selon Eboussi-Boulaga une « distance » infranchissable où il est déconnecté de la réalité. Dans cette logique, Hannah dit que : « Le dupeur qui se dupe lui-même perd tout contact, non seulement avec son public, mais avec le monde réel, qui ne saurait manquer de le rattraper, car son esprit peut s’en abstraire mais par son corps » (Hannah Arendt, 1972 :40).

Ce explique pourquoi rien n’a pu prédire au système-mensonge de ces deux ex-président Ben Ali et Moubarak, l’arrivée de cette colère du peuple. Cette colère qui est avant tout un « non »aux mensonges qui se transforme rapidement à une révolution-déconstruction.

Aussi pour Hannah « quelle que soit l’ampleur de la trame mensongère que peut présenter le menteur expérimenté, elle ne parviendra jamais, même avec le concours des ordinateurs, à recouvrir la tenture entière du réel » (Hannah Arendt, 1972 :11).
C’est pourquoi continue-t-elle : « La vérité, même si elle ne s’impose pas publiquement, possède en regard de tous les mensonges une inaliénable primauté ».
Cette « primauté » de la « vérité » voilà tout simplement ce que ces deux peuples nous démontrent.

Avis donc aux dictateurs qui s’accrochent encore au pouvoir en Afrique noire, car rien d’essentiel ne différencie les peuples tunisiens et égyptiens de leurs peuples.
Comme un adage le dis si bien chez nous : « le mensonge prend l’ascenseur ; la vérité, elle, ne prend que l’escalier mais la vérité arrive toujours à destination le premier ».


Les adeptes de la divinité « Mama Tchamba » en fête

Les adeptes de la divinité « Mama Tchamba » en fête


Je vous présente quelques photos que j’ai prises lors des festivités de la divinité Mama Tchamba. Ces festivités qui sont en réalités des célébrations rituelles se sont déroulées sur deux week-end entre le 21 au 23 et entre le 28 au 30 janvier de cette année dans le quartier populaire Bè à Lomé.

Ces quelques photos sont le fruit de ma curiosité, de ma volonté et de ma passion de comprendre plus nos traditions. Réveillé dans la nuit du 23 par des chants peu ordinaires et des sons de tam-tam aux rythmes endiablés qui ont duré toute la nuit, je me suis promis de me rendre sur les lieux afin de me rendre compte de ce qu’il en est.
Ainsi le 24 dans l’après-midi, à la reprise de ces chants et des sons de ces tam-tams, je me suis rendu sur les lieux armée d’un crayon d’une bloc-note et surtout de mon appareil photo.
Ils étaient une centaine. L’ambiance rythmique était digne de celle des grands jours de cérémonies rituelles. Ils ne chantaient pas pour la beauté de l’harmonie. Les chants et la musique sont plutôt porteurs des doctrines de leur foi. Les pas de danses répondaient à tout une logique qui célébrait l’origine des choses et véhiculaient une cosmogonie.

La présence des dieux et des ancêtres était manifeste vue les nombreuses personnes qui étaient entrées en transe sous cette ambiance des entités spirituels connues sous l’appellation de Mama Tchamba.

Le culte à Mama Tchamba est un culte ancestral. D’après les informations que j’ai reçu d’un responsable sur les lieux, c’est un culte qui regroupait les descendants de ces ancêtres qui de part leur richesse ont pu acheter, au sens esclavagiste du terme, des personnes pour les mettre à leur service.

Précisons ici qu’il s’agit ici d’un esclavagisme domestique qui loin du mobile économique des négriers occidentaux, a un mobile essentiellement essentiellement sociale. Selon Koffi FOLIPKO qui a publié un article à ce sujet « ‘L’esclave domestique acquis dans les sociétés africaines venait grossir la taille de la famille ou du clan en en devenant un membre à part entière avec des droits et des devoirs en tant que membre.« .(FOLIPKO Koffi, Multi-ethnicité millénaire, Tolérance religieuse et intégration sociale: le cas de la liturgie autour des entités spirituels Goro-Vodu (ou Tigari), de Mama Tchamba et de Dente dans le Panthéon Vodu en Afrique de l’Ouest)

Acheter un homme est donc un exploit qui élèverait au rang même des dieux. C’est pourquoi un culte spécial est réservé à ces ancestes « négriers » mais aussi à ancien esclave domestique intégré dans une famille ou dans un clan à travers le trône ancestral Hô Zikpui. Par des pratiques de la nécromancie, l’ancêtre est convoqué sur son trône où lui sont rendus tous les honneurs.
Pour le moment c’est là où se limite mon savoir sur ce culte ou bien c’est tout ce qu’on a bien voulu m’en dire.

Je tiens toutefois à protester contre les intimidations dont j’ai été l’objet lors de la prise des vues. Il m’a été opposé un non catégorique. Comment monter aux yeux des « autres » que nous, Africains, avons aussi une culture si nous ne pouvons pas dans la limite du respect du sacré, nous « ouvrir », nous laisser « dé-couvrir » ? C’est une question bien réelle à laquelle est confronté bien des chercheurs africains dans leurs efforts de tenir des discours « scientifiques » sur nos cultures.
Cependant je remercie ce responsable dont l’intervention, après maintes explications de mes intentions et objectifs, m’a permis de garder les quelques photos que j’ai prises dans la clandestinité et ces quelques explications sur ce culte que je partage avec vous.

Bon, trêve de bavardages ! Savourez ces quelques photos !!!

Adepte en transe

Adepte en dbut de transe
Adepte en transe


Facebook : un monde à moi !

Facebook : un monde à moi !

J’ai un monde ! Un monde à moi différent de ce monde intérieur que les spiritualistes invitent à découvrir et à creuser.
Ce monde à moi n’est pas non plus ce monde extérieur. Il ne ressemble pas à mon environnement immédiat fait de contacts physiques, de chaleurs humaines et des regards trop indiscrets et vindicatifs des autres.

Ce monde à moi est quelque chose de virtuel mais pas exactement. Surtout n’allez pas comparer ce mot virtuel à l’imaginaire ou à la rêverie, ni à des images de synthèse tridimensionnelles. Ce monde virtuel à moi est tout aussi réel que les globules dans ton sang.

Je dis bien un monde à moi et je vous vois déjà, esprits cartésiens, pétris dans le moule du doute, vous vous demandez si vraiment ce monde est à moi ! Suspendez votre doute ! Ce monde, il est bien à moi. Car j’en suis le seul à posséder la clé d’accès. Avec une adresse email, un password et un petit clic, me voilà déjà dans mon monde.

Ce monde, je ne l’ai pas crée bien sûr ! Mais, il est à moi ! En fait il a un créateur qui comme Deus es machina s’occupe de son fonctionnement. Mais j’en suis aussi bien co-créateur parce que artiste de ce tourbillon réalité-virtualité qui souffre de peu d’objection malgré l’esprit sceptique de notre siècle.

C’est aussi mon monde à moi car une fois dans mon monde, c’est moi et moi, uniquement moi qui prends les décisions même si je peu être épié sur ma vie. Le reste n’est que propositions soumises à mon aval. Ah ! Comme c’est bien parfois de se sentir non seulement chez soi mais encore plus : être maître chez soi.

Voilà la première chose que Facebook m’offre : celui me m’affirmer, de me rendre visible, de faire émerger mon identité dans cette nouvelle communauté qui est irréversiblement tournée vers des horizons futurs.
Cette première possibilité même si très souvent reste inconsciente, motive beaucoup de jeunes Loméens à créer leurs profils surtout sur facebook et à le brandir devant les autres comme un pas posé en avant dans l’ultra-modernité.

Ce monde qui est à moi est aussi bien un monde. Comme une araignée, je le tisse ; et comme Dieu, je le crée à mon image. Il est fait de mes relations amicales et de mes centres d’intérêts qui se ramifient aussi à travers leurs relations amicales et ainsi de suite. C’est un peu compliqué mais n’avez-vous pas appris en mathématiques élémentaires que « l’ami de mon ami est mon ami » ?

Et bien voilà, je me retrouve avec 50, 100 et voire plus de 1000 amis avec qui partager, échanger, débattre, et aussi rire. Ça peut aussi aller loin comme organiser une rencontre, faire un pub pour une activité et aussi pourquoi ne pas inviter une nana, non plus sur cette machine, qui ne favorise pas bien des corps à corps, dans un restaurant catimini très class de ma ville.

Ces chiffres dont je vous parle, sont encore modeste. Allez consultez le monde-facebook de ce Noir, président des Blancs et des Noirs et des Jaunes, Obama. Je l’envie ! Il n’est pas maitre dans son monde-facebook, il est dieu ! A l’heure où je mets cet article en ligne, il y a 18 111 891 qui aiment son profil! C’est du délire !

Mais non, c’est un pouvoir ! Car la possibilité d’avoir plusieurs amis avec qui on peut partager simultanément des informations dans un temps records et gratuitement, est bien plus qu’une communication : c’est vraiment un réseau social !

Cette possibilité de toucher un grand nombre de personnes, n’est pas seulement comprise par nous les « micro-citoyens », les « fourmis de la république ». Les « éléphants de la république », ces hommes politiques sont aussi atteints par la facebookmania. Ainsi vous pouvez voir des profils du président de la république togolaise Faure et son opposant Fabre se disputer à qui aurait plus de personnes qui cliqueraient sur l’icône « j’aime ».

Tout compte fait, mon monde-facebook à moi n’est à moi que dans le sens d’interaction sociale. C’est l’outil idéal pour partager avec une grande communauté de personnes qui vous suivent. Quelle formidable possibilité !
Quelques soient les objections à leur encontre, les réseaux sociaux demeurent un outil. Et l’outil sera bon ou mauvais selon l’utilisation que nous les hommes nous en ferons.


Dieu est-il Tout-puissant ? : Une objection contre les sectes chrétiennes

Dieu est-il Tout-puissant ? :
Une objection contre les sectes chrétiennes

L’un des attributs de Dieu est la Toute-puissance, qui apparaît au début de la profession de foi catholique « Je crois en Dieu le Père Tout-puissant ». Cet attribut d’abord révèle que de tout et de toute chose, Dieu est le summum ; qu’il n’y a rien au-dessus de Lui et donc par là, la soumission de l’univers entier, qu’Il a créé, à Sa Majesté devient logique. Ainsi a-t-Il pouvoir sur tout et sur toute chose.


La puissance de Dieu dans l’ancien testament

Dans cet ordre de compréhension, Israël dans ces ébats politiques, de conquêtes territoriales ou de défense a tôt compté sur cette Toute-puissance pour combattre ses ennemis. Ainsi la victoire de l’armée d’Israël sur ses ennemis devient une démonstration de cette puissance de Dieu. Dans le contenu de cette puissance, nous voyons Israël en faire une force qui combat, détruit les autres en protégeant seulement ceux qui Lui sont acquit c’est –à-dire le peuple élu.

Dieu devient alors celui qu’on invoque pour combattre et pour se protéger, du fait que par sa puissance toute, on est assuré de sauver sa peau. Exemple : Psaumes 3,18 ; 7,7 ; 9,6 ; 31,18 ; 35,1 ; 54,7 ; 60 ,14 ; 64,8 ; 79,6 ; 120,3-4 ; 135,10 et 12 ; 136, 10 et 17 ; 144,5-6 ; tout le livre de Josué en particulier chap.6 v16 ; 1R18, 20, les deux livres de Maccabées en particulier le chap.10 du deuxième livre v.16-17(Nous pouvons consulter ces textes pour se rendre compte de la conception et l’utilisation que les Israélites se font du Dieu Tout-Puissant, qui sans une lecture et du contexte, et de la lumière de l’Evangile, sont des sources de l’extrémisme religieux.).

L’instrumentalisation des attributs de Dieu

Les sectes aujourd’hui s’alimentent de cette conception de la toute puissance de Dieu dans l’ancien testament surtout, pour soudoyer, suborner les gens dont la plupart sont des femmes.
En effet dans leurs prédications, ces lesdits pasteurs s’appesantissent sur les maux qui minent nos sociétés surtout sur le plan économique et sur les réalités magico-mystiques telles que la sorcellerie et l’envoutement.

Relatifs aux problèmes socio-économiques : chômage, pauvreté, IST/Sida, ils n’invitent pas au travail ou au changement de mentalité et de comportement que prône le message chrétien (Matthieu3,2) pour un travail plus responsable et sans corruption ; mais Dieu, dans cette situation devient celui qui promet richesse, travail, santé, longue vie…Mais par quels moyens ? Ils répondront : « Mais Dieu est tout puissant et rien n’est impossible à Lui !».
L’omnipotence de Dieu devient capacité de Dieu à tout faire à notre place, transcendant nos logiques rationalistes puisqu’il n’y a même pas lieu de se poser la question des moyens de parvenir à ses fins sous peine d’être traité d’incroyant. Peut-être que la manne tombe toujours du ciel !

Quant aux mystères relatifs à la sorcellerie ou à l’envoutement et d’autres encore, Dieu par sa force devient celui qui terrasse, détruit et met en débandade nos grand-mères, grands pères, nos tantes, nos frères et sœurs accusés de sorcellerie. Ainsi la prière des sectes devient une arme conçue comme but et finalité : Que Dieu détruises mes ennemis, Que le sang de Jésus les terrasse !!! A cet effet, tellement le sang de notre pauvre Seigneur est invoqué que nous pouvons craindre qu’Il ne soit anémié !

On ne prie plus pour avoir une relation avec son Dieu, mais pour que celui-ci manifeste sa force sur nos ennemis. Et en cela, elles(les sectes) ne manquent pas de textes bibliques (Voir les textes précités) surtout de l’ancien testament qui par une lecture erronée et non-réactualisée c’est-à-dire christologique, leur donne raison pour se défendre et entrainer les ignorants ou bien les innocents qui se laissent berner par la sournoiserie.

Ainsi par l’exploitation erronée de cet attribut de Dieu, les sectes chrétiennes se gagnent assez de fidèles puisque pauvre, c’est Dieu qui m’enrichira ; malade, il me guérira ; attaqué par mes ennemis, il les détruira ; puisque étant un chrétien très pure il n’aime que moi au détriment de mon ennemi qu’Il déteste. Alors, Il punira et combattra cet humain, mon frère ma sœur pour que moi je vive !
Face à ces dérives qui contaminent aussi les catholiques par certains aspects déplorables du Renouveau Charismatique, il convient de préciser le sens premier et vrai de cet attribut qui est l’omnipotence de Dieu.

La Toute Puissance de Dieu comme Amour


Le sens premier et nécessaire que nous devons avoir de la puissance de Dieu est l’Amour, du fait même que c’est l’Amour qui définit cette puissance : « Dieu est Amour » 1Jn4, 8. Le Catéchisme de l’Eglise Catholique(C.E.C) nous enseigne en effet que la toute puissance est « universelle, car Dieu qui a tout créé, régit tout et peut tout ; aimante, car Dieu est notre Père ; mystérieuse, car seule la foi peut la discerner lorsqu’elle se déploie dans la faiblesse (2 Cor 12, 9) »( C.E.C. 268 ). Si cette Puissance est Amour, c’est un Amour qui ne détruit pas en se positionnant pour les justes. Mais c’est un amour qui se donne à tous et de façon paradoxale dans une faiblesse extrême.
En effet cette Puissance-Amour, comme le souligne l’évangéliste Jean, se manifeste par le fait que Dieu nous a donné son Fils Unique et que par son sacrifice, tous : pécheurs et ceux qui se prétendent purs, « aient la vraie vie » 1Jn4, 9-10.

Nous lisons encore dans le Catéchisme de l’Eglise Catholique que « Dieu montre sa puissance au plus haut point en pardonnant librement les péchés » (C.E.C. 270). Notre Dieu n’a donc rien à voir avec un être belliqueux pourchassant et faisant la guerre à ceux qui ne sont pas dans nos cercles puritains. C’est un Dieu dont la puissance se révèle et se reconnait dans la faiblesse de son amour. Le livre de la Sagesse nous précise encore en parlant de la manifestation de la Toute- puissance de Dieu dans ces termes : « mais parce que Tu peux tout, tu as pitié de tous ; tu fermes les yeux sur les péchés des humains pour leur donner le temps de reconnaître leurs tors. Tu aimes tous les êtres et tu ne détestes rien de ce que tu as fait » (Sg11, 23-24).

Connaître alors et faire expérience de la Puissance de Dieu, reviendraient à la connaissance et à l’expérience de son Amour « Qui n’aime pas n’a pas découvert Dieu, puisque Dieu est Amour » 1Jn4, 8.
Ceci ne peut faire de nous que des êtres amoureux qui rayonneraient d’amour. Et, dans cet Amour, saint Jean nous dit que « Dieu demeure en nous et son amour se manifeste parfaitement en nous »1Jn4, 12 ; en d’autres termes : que sa puissance se manifesterait parfaitement en nous.
De là, nous pouvons dire que l’amour qui constitue le testament que Jésus, notre Seigneur, nous a laissé, deviendra et doit devenir « notre mesure de toute chose » (Jean 13,34-35 « Je vous donne un commandement nouveau : aimez-vous les uns les autres. Il faut que vous vous aimiez les uns les autres comme je vous ai aimés. Si vous vous aimiez les uns les autres, alors tous sauront que vous êtes mes disciples. »).

Considérons cette prière d’un pasteur sur les ondes radiophoniques qui dit ceci :
« Ô Seigneur, que mon nom devienne le feu du Saint Esprit
Et que quiconque invoquera mon nom chez un charlatan soit paralysé ».

Cette prière conformément à ce que nous disons ci-dessus, ne rentre nullement dans le paradigme de cette Puissance-Amour de Dieu. Elle n’est pas non plus une prière à proprement dite puisqu’elle n’est pas amoureuse et porte en elle une rare violence inhumaine.

D’un autre côté aussi, ces genres de prière somment Dieu de faire tout ce qui revient à l’homme de par sa liberté et sa raison et aussi à la volonté divine qui son les marques de l’Amour de Dieu. Ces prières sont donc une rébellion contre cet Amour.
En effet, si nous nous référons au récit de la création, l’amour de Dieu se traduit dans la responsabilité qu’il a donné à l’homme sur la création pour qu’il la perfectionne par son travail Gn1, 28 ; Prv19, 24 ; 20,4 et 13 ; 21,25. Et je crois que c’est précisément pour cela que le Tout-Puissant lui à donné les deux mains qui sont d’un incomparable outil de travail (« C’est à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de technique que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main » Aristote, Des parties des animaux, Ed. Budé 1956. Trad. P. Louis, pp136-137.).

Donc dire que « Dieu le fera… », est une irresponsabilité, une non-adhésion à l’amour de Dieu et donc une non-connaissance et une non-participation à la puissance de Dieu. En un mot, on ne connait pas en réalité cette Puissance qui n’est essentiellement qu’Amour.

Ces quelques précisions ne sont qu’un aspect de l’analyse critique de l’utilisation que font les sectes aujourd’hui des attributs de Dieu et de celui de sa Toute-puissance en particulier.
Nous devons donc être interpelés par cette instrumentalisation des attributs se rapportant à Dieu. Car ceci rend démissionnaires, ignorants et aveugles beaucoup d’hommes et de femmes face aux nombreuses équations qui se posent personnellement à eux, et de façon plus large aux Africains. Si nous aspirons au développement, cette conception des sectes de la Toute-puissance de Dieu, nous renvoie aux calendes grecques.

Tout compte fait je crois qui est encore utile de rappeler à nos concitoyens ces parole de Nietzsche qui invite à la prudence et au doute « Nous sommes prudents, nous gens modernes, avec les suprêmes convictions ; notre méfiance reste à l’affût ; elle se défie des séductions, elle craint de succomber aux pièges que toute foi puissante, tout oui, tout non catégoriques, risquent de tendre à la conscience » (Nietzsche , Le gai savoir, Paris, Idées/Gallimard, 1950, §374).


Que faire pour des élections festives en Afrique?

Que faire pour des élections festives en Afrique?

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Cette année 2011 connaitra une vingtaine d’élections sur notre continent l’Afrique (vous pouvez consulter le calendrier de ces élections dans mon article Les démocraties africaines à l’épreuve des élections contestées).
Mais si l’on sait comment très souvent les élections s’y déroulent, on peut légitimement se demander si 2011 ne sera pas une année de tous les dangers.

Au Togo après le 5 février, date du décès de l’ancien président Gnassingbé Eyadéma, après 38 ans de règne, l’élection de son fils Faure Gnassingbé, lors du scrutin contesté du 24 avril 2005 à connu une rare violence. Le bilan dressé par les Nations-Unies évoque « entre 400 et 500 morts et des milliers de blessés » en attribuant au régime togolais la « responsabilité principale » des violences.
Mais le nœud de cette violence reste le vol organisé, planifié et exécuté de l’élection par le parti au pouvoir. Cette vidéo que je vous propose date donc de cette période. Elle offre au regard du monde entier la figure même des élections en Afrique.

Mais comme les élections semblent être un moyen non irréversible pour garantir la souveraineté des peuples sur leurs dirigeants, je voudrais lancer le débat afin qu’on puisse faire des propositions pour que les différentes échéances électorales qui s’annoncent se passent dans le respect réel de l’expression des urnes.

Alors je nous demande: Quelles gardes-fours mettre pour garantir des élections vraiment libres, transparentes et crédibles pour les élections qui s’annoncent pour cette année 2011 en Afrique? Que faire pour que les élections chez nous soient une occasion de fête, de retrouvailles, de débats joyeux d’idées ?
Nous serons très intéressez que vous qui vous trouvez dans l’un de ces pays nous mettiez au parfum des difficultés qui sont déjà observées.


Une lettre à Patrice LUMUMBA à l’occasion du cinquantenaire de son assassinat

Une lettre à Patrice LUMUMBA à l’occasion du cinquantenaire de son assassinat

Patrice Lumumba, le premier chef de gouvernement congolais mort le 17 janvier 1961

Bien cher Patrice,

Il y a 50 ans, tu meurs, assassiné le 17 janvier 1961 dans le Katanga après avoir été renversé avec la complicité des services américains et belges. Tu es mort en défendant la cause de ton pays mais aussi de toute l’Afrique. Après 50 ans tu demeures vivant car les racines du mal africain contre qui tu luttais demeurent sur le continent.

Ton pays le Congo est toujours sous l’emprise des intérêts extérieurs et des multinationaux et les élections qui s’annoncent cette année sont déjà hypothéquées.
Dans le discours du 30 Juin 1960, tu disais que « La République du Congo a été proclamée et notre cher pays est maintenant entre les mains de ses propres enfants« . Mais ses enfants , les propres enfants de ton Congo et de notre Afrique sont pour la plupart ceux qui servent ces intérêts et continuent de livrer l’Afrique et nos frères et sœurs épris de liberté à la torture, aux traitements inhumains et à la mort.

Mais d’où tu es, donne-nous, à nous jeunes de ce continent meurtris, désorientés mais résolu de prendre nos responsabilités, la force de poursuivre le combat. Car ton Afrique, notre mère reste meurtrie; meurtrie à cause des péchés de ses enfants.

Rappelle-nous ce que tu disais dans ton discours devenu historique sur la lutte pour l’indépendance: « c’est par la lutte qu’elle a été conquise, une lutte de tous les jours, une lutte ardente et idéaliste, une lutte dans laquelle nous n’avons ménagé ni nos forces, ni nos privations, ni nos souffrances, ni notre sang« .
Cette indépendance, nous jeunes africains nous la croyons devant nous, mais saisissable, par cette abnégation dans la lutte, cette lutte ardente et idéaliste dont toi et tes chers disparus comme Sylvanus Olympio, Tavio Amorin, Thomas Sankara, Norbert Zongo et autres ont fait preuve.

Cette  » l’histoire glorieuse de votre lutte pour la liberté » dont tu égrenais ce 30 juin, les contours faits de souffrances, de larmes et de vies sacrifiées, nous, jeunes nous sommes prêts à la réécrire. Et j’espère que du haut du ciel où tu te trouves, tu regardes les jeunes Tunisiens avec fierté.

Mais enseigne-nous la solidarité dans le combat afin que nous ne soyons pas divisés sur l’essentiel: la protection de nos ressources, la liberté et la justice pour nos peuples et le développement durable de notre continent.

Aujourd’hui encore c’est avec des larmes et colère que je me rappelle ta fin tragique mais combien glorieux.
Mais nous te promettons de porter loyalement le flambeau de la liberté et de la justice et de la prospérité dans le concert des nations.

Puisse le bon Dieu t’accorder un repos digne de ceux qui ont combattu le bon combat. et comme le disais ton frère Sylvanus Olympio, premier président et père de l’indépendance assassiné du continent noir « La nuit est longue mais le jour vient« .

Vous pouvez lire l’intégralité et les circonstances de son discours du 30 Juin 1960 sur <a href="https://leko2labs.free.fr


Le 13 janvier au Togo : hier jour de fête aujourd’hui jour de recueillement

Le 13 janvier au Togo : hier jour de fête aujourd’hui jour de recueillement

Sylvanus Olympio Père de l'indépendance du Togo, assassiné le 13 Janvier 1963

Au Togo, la date du 13 janvier n’est pas un jour ordinaire. C’est une journée de contradiction, d’opposition et du réveil des vieux démons qui hantent et pourrissent la vie de la république.
Le 13 janvier 1963 constitue en effet le jour fatidique où le père de l’indépendance Sylvanus Olympio fut assassiné. Aujourd’hui nous commémorons les 48 ans de son assassinat.
Mais qui serait l’assassin ?

Selon l’histoire encore obscure, se serait le général Gnassingbé Eyadema. Mais chose rare qui compliquerait la vraie vérité, le général Gnassingbé Eyadema aurait reconnu être l’auteur du coup d’Etat et de l’assassinat de Sylvanus Olympio. N’est-ce pas glorieux de revendiquer le premier coup d’Etat sur le continent noir qui a couté la vie du père de l’indépendance ?

Sylvanus Olympio, premier président du Togo de 1960 à 1963

Pour ceux qui ne connaissent pas le feu général Gnassingbé Eyadema, c’est un homme d’arme qui a pris les rênes du Togo durant 36 ans. Et surtout qu’il est mort au pouvoir comme un certain Omar Bongo. C’est pourquoi ne vous étonnez pas si au Togo comme au Gabon, ce sont les fils de ses messieurs-défunts qui dirigent ces pays. Pourvu qu’eux aussi ne règnent pas à vie.

Cette date du 13 janvier constitue ainsi pour les uns le levé du soleil et pour d’autres le couché du soleil. Nous voyons donc que les raisons d’être de cette fête sont totalement antagonistes.


Gnassingbé Eyadema 3e président du Togo de 1967 à 2005 soit 38 ans de règne
Faure Gnassingbe 4e président du Togo depuis 2005

Pour les uns, parti au pouvoir ayant comme symbole le feu général Gnassingbé Eyadema, ce fut un jour divin où le Créateur a libéré le peuple Togolais du tyran qu’est le père de l’indépendance Sylvanus Olympio. C’était donc une occasion de grande fête et de feux d’artifice. Pour qu’aucun souvenir du père de l’indépendance ne vienne hanter les festivités, des mesures symboliques ont été soigneusement orchestrées, planifiées et exécutées :

 Remplacement de l’hymne national « Terre de nos aïeux » par « Écartons tout mauvais esprit qui gène l’unité nationale »
 La devise Travail-Liberté-Patrie par Union-Paix-Solidarité
 La date même de l’indépendance le 27 Avril fut totalement éclipsée par celui du 13 janvier grand jour de libération
 Et rappelons que jusqu’à ce jour la dépouille mortelle du père de l’indépendance du Togo repose en terre étrangère au Bénin
 Création du parti unique RPT (Rassemblement du Peuple Togolais); creuset national où aucune pensée plurielle n’est tolérée.

Par ces mesures, le RPT et son général Eyadema se croyaient enfin assurer qu’aucun mauvais esprit ne viendrait gêner l’unité autour des grandioses festivités du 13 janvier.
Mais depuis la fin de la conférence nationale souveraine coiffée par l’élaboration et l’adoption de la Constitution de 1992 par voie référendaire, les acquis de l’indépendance ont été rétablis avec comme principale fête nationale le 27 Avril, jour de la proclamation de l’indépendance du Togo.
Commence alors la dégénérescence de cette fête du 13 janvier. Et depuis l’arrivée au pouvoir du fils qui veut tant bien que mal se démarquer de cette fête-assassinat à la gloire de son défunt papa chéri, cette fête jadis festival s’est progressivement transformée en jour de recueillement.
Les nostalgiques de ces moments où le 13 janvier était dans toute sa splendeur se rappellent avec amertume et regret les beaux jours aussitôt finis :
 Grand défilé militaire et civil : chaque année de nouvelles tenues-uniformes à l’effigie du général Gnassingbé Eyadema sont confectionnés aux milliers de personnes aux frais de la république
 Chaque participant recevait des perdiemes. Perdiemes qui prenaient en compte les dizaines de jours de répétitions et de marches de soutien
 Des fêtes organisées un peu partout sur toute l’étendue du territoire pour consacrer l’effectivité du caractère nationale et populaire de la fête
 Comme couronnement, grand bal à Lomé II (ancien palais présidentiel) avec les caciques du pouvoir qui ont l’œil sur le bien-être de leurs comptes bancaires que sur celui de la population.

Tout compte fait, c’était un grand jour de dépenses nationales. Et ceux qui aiment ce jour, l’aiment non à cause de certaines idées de libération et d’exploits de leur général, mais surtout à cause des profits pécuniaires. Si on se félicitait encore il y a quelques jours à coup de trompette de l’entrée du Togo dans le programme PPTE (Pays Pauvre Très Endetté) avec remise de dettes allant à plus de 600 milliards de francs, il faut reconnaître qu’une grande partie de ces dettes a largement servi à cette fête du 13 janvier ; fête pendant laquelle on mangeait, on buvait, on dansait et on se mettait plein les poches.
Il n’est donc pas étonnant qu’avec plus de 600 milliards injectés dans notre économie, il n’y ait pas d’infrastructures adéquates pour ce petits pays d’une superficie de 56 600 km2 et seulement une population de 6 millions d’habitants qu’est le Togo.

Pour l’opposition qui considère cette fête comme le couché du soleil, espérant que le soleil se relèvera avec leur accession au pouvoir, des séances de prières et de recueillement sont toujours organisées pendant les 13 janvier.
Mais pour eux, le bilan est fait de gaz lacrymogènes et de coups de matraque.
Aujourd’hui, le RPT, parti au pouvoir rejoint aussi l’idée de recueillement surtout que le fils de l’assassiné, Gilchrist Olympio est devenu leur allié.
Tout compte fait, l’opposition ne désarme pas surtout avec la radicalité de Jean-Pierre Fabre ancien mentor de Gilchrist, qui désapprouve les agissements de ce dernier.

Nous de notre côté, nous nous réjouissons que cette fête hier cause de dissensus entre les acteurs politiques puisse aujourd’hui être en progrès vers un consensus partagé.
Encore faudrait-il que les concepts « recueillement » et « réconciliation » aient les mêmes significations pour chacun des acteurs politiques et sociaux.


Affaire d’exclusion des députés: Jean-Pierre Fabre et les siens ont encore battu le macadam

Affaire d’exclusion des députés: Jean-Pierre Fabre et les siens ont encore battu le macadam

Ce samedi 08 Janvier, Jean-Pierre Fabre, président du nouveau parti A.N.C (Alliance Nationale pour le Changement) et ses alliés réunis dans le F.R.A.C (Front Républicain pour l’Alternance et le Changement) ont encore manifesté dans les rues de Lomé contre l’exclusion de neuf (9) députés acquis à sa cause de l’Assemblée Nationale.

Avec des centaines de militants et sympathisants, ils ont à travers une marche de protestation (la toute première de l’année, après une vingtaine en 2010 contre la réélection de Faure Gnassingbé) à travers les artères de Lomé exigé que lesdits députés dont Fabre lui-même soient remis dans leur droit. Cette marche à connu son apothéose à la plage de Lomé en face de l’hôtel Ibis où s’était déroulé un grand meeting.

Lors de ce meeting les principaux responsables ont surtout lancé leur grief contre la Cour Constitutionnel dont ils exigent la démission des membres. Dans un mémorandum publié plutôt, ils dénoncent le fait que:

 la Cour Constitutionnelle du Togo ne joue pas ses rôles d’organe garant des droits fondamentaux de la personne humaine et des libertés publiques, régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics, régulateur des lois, des institutions et de l’activité des pouvoirs publics, contrevenant ainsi aux dispositions de l’article 99 de la Constitution,

 la « juridiction chargée de veiller au respect des dispositions de la Constitution » comme le stipule l’article 104 de la même Constitution (alinéa 2 et 3) est celle-là même qui prend des décisions contraires à la Constitution et au Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale (art. 6 et 28 de ce règlement intérieur, notamment)

 le pouvoir judiciaire n’est indépendant ni du pouvoir législatif, ni du pouvoir exécutif, contrairement aux dispositions de l’article 113 de la Constitution du Togo.

Aussi demandent-ils que:

 L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) pense que les membres fautifs de ces institutions doivent être poursuivis et punis pour manquements graves de nature à porter atteinte à la paix et à la stabilité du Togo.

 Les députés de l’ANC, démissionnés de force, doivent reprendre leurs sièges à l’Assemblée Nationale sans délai et retrouver leurs places au sein des organismes et réseaux interparlementaires d’où ils ont été exclus.

Rappel des faits:

Par décision n° E-018/10 en date du 22 novembre 2010, la Cour Constitutionnelle du Togo déclare, à la demande du Président de l’Assemblée Nationale, « avoir au nom du peuple togolais, constaté la vacance des sièges préalablement occupés par neuf (9) députés élus aux élections législatives d’Octobre 2007 et procédé au remplacement desdits députés.

En fait le 11 novembre 2010, le Bureau de l’Assemblée Nationale a fait porter à la Cour Constitutionnelle par le député Kokou Aholou, nouveau président du groupe parlementaire UFC, une sélection de lettres de démission en blanc, non datées, signées le 30 Août 2007 soit deux (2) mois avant les élections législatives, par tous les candidats devant figurer sur les listes UFC auxdites élections. Ces lettres faisaient partie d’un « contrat de confiance » ou engagement anti-transhumance, signé par les candidats. Par ce contrat anti-corruption les candidats s’engagent, s’ils étaient élus, à ne pas rejoindre les rangs du parti au pouvoir, moyennant rémunération, comme cela s’était déjà produit par le passé.

Or suite à la dissidence de la plupart des membres de l’UFC en désaccord avec Gilchrist Olympio, un nouveau parti ANC a été créé avec comme président l’ex-Secrétaire général de l’UFC en la personne de Jean-Pierre Fabre.
N’étant plus membres de l’UFC, vingt députés du groupe parlementaire UFC, membres fondateurs de l’ANC avaient adressé le 25 octobre 2010 au Président de l’Assemblée Nationale, une lettre par laquelle ils l’informaient de la création du groupe ANC conformément à l’article 28 du Règlement Intérieur de l’Assemblée Nationale. A cette lettre de notification de création du nouveau groupe parlementaire, les vingt (20) députés ANC ont joint un acte collectif de démission du groupe UFC signé par tous, le 24 octobre 2010.

C’est donc sur cette base que lesdites lettres de confiance ont été mises en valeur devant l’Assemblée Nationale et la Cour Constitutionnelle qui a procédé à l’exclusion pure et simple de neuf (9) députés proche de Fabre le 22 novembre 2010.

Pour Fabre et les siens, la mobilisation doit se poursuivre jusqu’à la réhabilitation de ces députés exclus car disent-ils: « Celui qui laisse commettre, une injustice ouvre la voie à d’autres injustices. »

Quelques photos de la manifestation du samedi 08/01/11

Moto taxi indispensable dans les manif
Jean-Pierre Fabre
Forces de l'ordre pour encadrer ou au besoin réprimer la marche


Les démocraties africaines à l’épreuve des élections contestées

Les démocraties africaines à l’épreuve des élections contestées


Pour cette année 2011, une vingtaine d’élections sont prévues sur le continent africain, alors que bon nombre d’élections qui se sont déroulées en 2010 sont contestées comme le cas du Togo ou qui sont dans l’impasse comme la crise actuelle de la Côte d’Ivoire.
Dès lors je pense qu’une réflexion s’impose sur la pratique électorale en Afrique. Et si possible voir en quoi les élections peuvent vraiment être une véritable tribune du peuple.

Les élections : une tribune au pouvoir du citoyen

L’un des aspects importants de la démocratie est la reconnaissance du rôle inaliénable du peuple.
La démocratie est ainsi définie comme le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple.
Ce pouvoir, le peuple l’exerce notamment lors des élections afin de se donner des dirigeants capables de le conduire vers des lendemains meilleurs.
A travers les élections, chaque membre de la communauté, chaque individu, remplissant les conditions électeur, exerce son pouvoir d’expression en tant que droit et devoir. C’est normalement une véritable tribune au pouvoir du citoyen.
En choisissant de voter pour un candidat, non seulement il choisi une personne mais au-delà une vision, une pensée, un programme qu’incarne le candidat de son choix.
Les élections pour lui ou bien l’urne dans laquelle il dépose son bulletin symbolise un grand débat dans lequel il participe.

Les règles de base du jeu électoral

Mais la règle du jeu est que finalement, on puisse adopter, choisir les opinions dominants : c’est le choix de la majorité.
Cette règle du jeu repose également sur des principes très clairs à savoir :
 Le respect de chaque individu à travers la prise en compte effective de son bulletin de vote.

 La transparence des opérations afin que les résultats issus des urnes soient acceptables et acceptés par tous.

Seuls ces principes garantis par une bonne foi et une volonté politique positive peuvent construire une vraie démocratie et enclencher un développement durable soutenu par tous les membres de la communauté.

L’aliénation de l’espace électoral en Afrique

Mais le constat de cette démocratie électoraliste reste amer sur la majeure partie du continent noir. On assiste à des accusations de fraudes et donc à la contestation des résultats issus de ce grand débat qui est l’élection.
Dès lors, ce grand espace public devient un champ de manœuvres obscures où le jeu électoral s’amalgame avec la tricherie, l’aliénation des consciences et la loi de la force.
Les élections sortent ainsi de la vision démocratique, et perdent de leur crédibilité. Elles perdent de leur civilité. Cet espace de liberté se corrompt au profit de ceux qui possèdent l’argent et l’armée.
Cet état de fait récurrent dans la sous-région africaine et par ailleurs sur le reste du continent noir, nous amène à cette affirmation grave : les élections ne sont plus fondamentalement un facteur démocratique.
Toutefois, si nous pensons que l’élection demeure une donnée inchangeable dans le jeu démocratique, il convient dès lors de poser clairement les bases de l’organisation de ces élections afin qu’elles retrouvent leurs lettres de noblesse.

Perspectives éthiques

Nous ne prétendons pas faire des propositions qui consolideront cette base en vue de l’organisation des élections crédibles. Elles doivent être le fruit d’un espace concerté des acteurs politiques et sociaux. Et pendant ce temps, le peuple doit rester vigilant et mobiliser pour exercer son action coercitive sur ces décideurs.
Toutefois, nous tenons à souligner que la bonne foi et la volonté politique positive qui sont de l’ordre de l’éthique, doivent-être les facteurs qui pourront mener à bien une quelconque proposition quelles qu’elles soient.
Encore faut-il que la société soit capable de bâtir ses hommes et femmes non seulement avec la science mais aussi et surtout avec la conscience.

Calendrier des élections prévues en 2011 en Afrique

• SOUDAN – 9 au 15 janvier : Référendum d`autodétermination au Sud-Soudan

• CENTRAFRIQUE – 23 janvier (éventuel second tour le 20 mars): Présidentielle
et législatives

• NIGER – 31 janvier : 1er tour de la présidentielle, couplé à des
législatives

• TCHAD – Législatives (6 février) présidentielle (premier tour le 3 avril),
et locales (26 juin)

• CAP-VERT – 6 février: Législatives

• OUGANDA – 18 février: Présidentielle

• BENIN – début mars: Présidentielle

• NIGERIA – 9 avril (Présidentielle) législatives (2 avril) et gouverneurs
(16 avril)
• DJIBOUTI – avril: Présidentielle

• SAO TOME – juin: Présidentielle

• SEYCHELLES – juillet – présidentielle

• EGYPTE – octobre: Présidentielle

• LIBERIA – octobre – Législatives et présidentielle

• ZAMBIE: octobre : Présidentielle et parlementaires

• REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO (RDC) – 27 novembre 2011 : Présidentielle

• GABON: Législatives – aucune date connue. Hypothèse: décembre 2011

• MADAGASCAR – Andry Rajoelina, au pouvoir depuis le coup d`Etat de mars

• 2009, s`est engagé à une élection présidentielle en 2011 sans préciser la
date

• CAMEROUN – élection présidentielle – aucune date connue. Paul Biya est au
pouvoir depuis 28 ans

• ZIMBABWE – Des élections générales (présidentielle et législatives) sont
réclamées par le président Robert Mugabe pour la mi-2011, alors que le
gouvernement d`union fonctionne difficilement depuis février 2009. Aucune date
n`a encore été fixée.