L’inconnaissance de Dieu: prolégomènes pour revaloriser nos religions traditionnelles

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Rencontre de prêtres vaudou à Lomé (Togo)

L’homme dans son étonnement en contemplant le monde, pense qu’il doit avoir une Cause qui a causé tout ce qui existe, l’entoure, y compris lui-même. À cette Cause chacun a donné un nom (qui diffère selon les langues) et un contenu (qui diffère selon la conception de chacun et de chaque culture : l’Un, Yahweh, Dieu, Allah, Mawu, Zambé, etc.

Je partage l’idée de cette Cause causante non causée ou cause première qui n’a de valeur de vérité que parce qu’elle rassure la pensée dans son cheminement. Mais lorsqu’il s’agit de donner un nom à cette Cause et de la définir, la pluralité des divergences confirme qu’on n’en sait rien ou que chacun n’en détient que des fragments informes et imprécis.
Malheureusement pour dominer les autres discours sur cette Cause, certains sortent de leurs laboratoires théologiques le mot Révélation. Or les révélations censées provenir du même Dieu se fourvoient dans des contradictions.

Le christianisme dit par exemple conformément à sa révélation que Jésus est le Fils de Dieu. Mais l’islam qui aurait reçu sa révélation, le Coran, des mains de l’ange Gabriel, nie la divinité de Jésus et ne lui confère que le rang de prophète. Comment deux révélations provenant d’un seul Dieu, peuvent être contradictoires ou remises en cause ? Ceci nous démontre encore une fois que ce que ces religions pensent savoir de cette Cause et qu’elles élèvent au rang de révélation n’est qu’une construction humaine arbitraire et imparfaite.

Nous assistons dès lors non seulement à la naissance ou mieux à l’invention de la Vérité absolue (puisque c’est cette cause elle-même qui se dé-voile et se dit), mais à l’exclusion des autres discours comme étant faux. C’est pourquoi quelque part je suis sceptique lorsque le judaïsme, l’islam et le christianisme parlent de tolérance et de dialogue interreligieux. Car ce qui représente leur fondement est la Vérité absolue puisque ce serait Dieu lui-même qui aurait parlé. Or il n’y a de cécités tenaces et immortelles que lorsqu’on est en présence de vérités fixes.

Un vecteur de la destruction des autres cultures

Les religions révélées en portant ainsi au cœur de leurs discours la Révélation sont en soi un vecteur de destruction des autres religions. Mais plus encore elles deviennent un vecteur de la destruction des autres cultures. Car en réalité, ce que les autres religions et cultures disent sur cette Cause, est la superstructure fondamentale qui détermine leur culture. C’est pourquoi là où elles s’implantent, les religions révélées ne peuvent pas réussir ce qu’elles appellent l’Inculturation.

Pour ma part, ne pouvant pas concrètement savoir ce qu’est cette Cause, puisque même les révélations s’opposent entre elles, je pense que nous devons abandonner l’idée selon laquelle « ma religion est la meilleure » en appelant les autres à la conversion.
Chaque culture dans son art a créé un discours sur cette Cause. Et cela lui permet d’organiser sa cité autour des valeurs. De cette perspective, je dirais que toutes les religions ne sont pas fausses. Elles sont utiles.

C’est pourquoi il serait plus sage d’inviter les trois religions monothéistes à cesser la propagande qui consiste à diaboliser les autres religions et à se poser en détenteur de la vérité, puisque de la vérité nous n’en savons rien quelles que soient les arguties de la métaphysique et de la théologie spéculative.

Par conséquent les filles et fils d’Afrique spécialement doivent s’engager à redonner aux religions traditionnelles de leurs sociétés leurs lettres de noblesse. Nous sommes tous des aveugles qui touchent l’éléphant. S’il est dans ce cas arrogant qu’un aveugle demande aux autres aveugles de croire que la partie qu’il touche de l’éléphant est l’éléphant, il est serait idiot si les autres aveugles délaissent les parties qu’ils tiennent pour le suivre.

 

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Sarkozygate et «boules puantes» à l’UMP : quel rapport avec la démocratie en Afrique?

Crédit photo SIPA Press

Crédit photo SIPA Press

Le mot « racaille » change de propriétaire

Aujourd’hui en France on peut désigner de façon distincte et sans se tromper qui est une bande de racailles entre d’une part les jeunes des banlieues et d’autre part Sarkozy et les sarkozystes. Désormais il ne suffirait plus d’être jeune, habitant un quartier de la banlieue pour se faire traiter de racaille. Pour être qualifié de racaille, il en faut plus : être politicien en costume cravate; membre influent d’un parti sauveur des Français; lézarder dans des hôtels de luxe pendant les vacances; faire des tours en jet privé. Voici donc une triste nouvelle pour les jeunes des banlieues. En plus d’être dépossédés de leur dignité par les piètres politicards, ils se voient encore choper leur nom « racaille » par ces politiciens.

En effet, voyez-vous, les politiciens français viennent de voler aux jeunes des banlieues ce nom répugnant pour doigter cette frange sociale du haut de leur perchoir politicien. Vous rappelez-vous de ce mot dans la bouche du sieur Sarkozy en 2005 lors de ses tournées en banlieue… hein? Oh! Comme la roue tourne. Le voici devenu RACAILLE, Racaille d’Etat pour employer l’expression du député socialiste Richard Ferrand . Son parti l’UMP est devenu une « racaillerie ». À sa tête, Mr Sarkozy trône en chef. La crise à l’UMP nous le prouve.

Cette crise qui secoue en effet le premier parti de l’opposition en France, l’UMP, sous l’ère Sarkozy, est en réalité un problème d’éthique politique qui résulte d’un rapport malsain de ses dirigeants avec l’argent. De Sarkozy aux autres dirigeants de l’UMP, ce qu’on constate est une suite d’accusations relatives à des espèces sonnantes et trébuchantes.

Sarkozy, l’UMP et l’Argent

Le sieur Sarkozy est mis en examen principalement pour corruption active. Il aurait promis au premier avocat général près de la cour de cassation, Gilbert Azibert, désireux d’obtenir un poste monégasque, d’intervenir en sa faveur. En retour Mr. Sarkozy attendait que celui-ci lui procure des informations sur le dossier Bettencourt le concernant. Le dossier Bettencourt, rappelons-le, est une affaire politico-financière révélant un possible financement illégal de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy.Deboirs de Sarkozy

Au cœur des déboires de Sarkozy se trouve donc la campagne présidentielle française; ce moment clé où pour devenir président, tu dois convaincre la foule qu’elle est malade et que sans toi, elle ne peut guérir.

En plus donc d’un possible financement illégal par la richissime Bettencourt, vient s’ajouter les soupçons d’un autre financement par le Guide libyen Mouammar Kadhafi, paix à son âme. On se demande si la rapidité avec laquelle Sarkozy avait contribué à l’assassinat du Guide libyen n’était pas plutôt une stratégie assez subtile pour effacer toute preuve accablante de ce financement électoral. Mais pauvres de nous, avec la propagande de leurs médias, ils ont fait croire au monde entier qu’ils avaient déclaré la guerre à Kadhafi dans un seul et unique but sacro-saint humanitaire : protéger la population libyenne.

Aux dossiers Bettencourt et Kadhafi s’ajoute une autre affaire à propos des comptes de campagne : l’affaire Bygmalion. Il s’agit ici d’une double comptabilité mise en place par la société Bygmalion et l’UMP.  Au total 17 millions d’euros de dépassements de frais de campagne de Nicolas Sarkozy auraient été masqués par cette société en complicité avec l’UMP. Notons que Bygmalion, société en communication, est créée en 2008 par deux proches de Jean-François Copé.

À ces affaires dignes de banditisme s’accumulent d’autres. Mais notons simplement à partir de ces exemples qu’autour de la campagne présidentielle d’un candidat au poste de présidence de la République française se greffent plusieurs scandales notamment le financement illégal par Bettencourt, première actionnaire du groupe L’Oréal et l’une des trois premières fortunes de France; le financement illégal par Kadhafi, un chef d’Etat africain jadis infréquentable et condamné de dictateur par les grandes démocraties occidentales; et la fraude de double comptabilité. Nous sommes vraisemblablement devant un scénario digne de ce qui se passe sous les cocotiers dans certains pays d’Afrique comme le Togo, le Cameroun, le Burkina Faso, ou encore le Congo-Brazzaville.

Des boules puantes à l’UMP

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Au scandale relatif à la campagne de Sarkozy s’ajoute la gestion même de son parti l’UMP. France24, à propos des scandales financiers mis à jour dans la gestion de l’UMP, titrait : « Boulepuante ». Que sont donc ces boules puantes et nauséabondes ? Sommairement les voici :

  • 24 000 euros de billets d’avion payés par l’UMP à la femme de Jean-François Copé.

  • Geoffroy Didier, sarkozyste, empochait 6 000 euros par mois en tant que collaborateur de Brice Hortefeux.

  • Factures téléphoniques astronomiques de Rachida Dati à hauteur de 10 000 euros par an payées aux frais du parti.

Ces boules puantes et nauséabondes ne sont peut-être que la partie visible de l’iceberg. Les jours à venir seront certainement plus riches en révélations si la guéguerre continue entre les responsables de ce parti. Et peut-être que le Parti socialiste commencera lui aussi à sentir, et sentir aussi mauvais que son compère l’UMP.

La démocratie africaine sacrifiée sur les autels des intérêts occidentaux

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L’affaire Sarkozy et la gestion financière qui éclabousse l’UMP, comme nous venons de les énumérer, nous prouvent à suffisance que ses dirigeants et les dirigeants français en général ont un problème malsain, douteux et mafieux avec l’argent. La part qui me concerne en tant qu’Africain et sur laquelle j’aimerais insister dans cette magouille politico-financière est le financement depuis belle lurette des campagnes présidentielles françaises par nos dictateurs africains et ce qui en résulte pour notre continent.

Quelle crédibilité accorder à la France (et en général aux Occidentaux) lorsqu’elle se proclame chantre de la démocratie et du respect des droits de l’homme en Afrique, et qu’au même moment, ses dirigeants entretiennent des rapports financiers personnels douteux avec ceux qui bafouent la démocratie sur notre continent ? Kadhafi, pour eux, était infréquentable. Mais lorsqu’il a accepté financer M. Sarkozy et donner quelques mannes aux entreprises françaises, il devient fréquentable. Et on ferme les yeux sur les droits de l’homme. Mugabe bafoue les droits de l’homme dans son pays et porte un gant de fer dans ces rapports avec les intérêts occidentaux. Il est un paria. Mais il suffit que Mugabe accepte de brader son pays à ces Occidentaux pour que ces derniers oublient les questions de droits de l’homme pour lui dresser sans honte des tapis rouges. Il est donc clair que ce que veulent les Occidentaux, ce n’est pas la démocratie ni le respect des droits de l’homme sur le continent, mais bien leurs intérêts personnels et le favoritisme de leurs entreprises sur le continent. Actuellement un audit des comptes de l’UMP révèle une dette abyssale de 74 millions d’euros. L’UMP à donc besoin de plusieurs millions d’euros. Pensez-vous qu’il osera hausser le ton contre Blaise Compaoré, Faure Gnassingbé, Paul Biya, ou encore Denis Sassou N’Guesso qui veulent pourrir au pouvoir, si ceux-ci lui procurent la somme dont-il a besoin? Nous sommes ainsi devant une France politique, une Europe politique prostituée qui fredonne au bout des lèvres les valeurs démocratiques tout en passant en dessous de la table des valises et des contrats désavantageux chez nos dictateurs. Les dictateurs africains comprennent bien le jeu et se moquent des processus électoraux. Ils savent qu’après les élections, les observateurs européens n’auront qu’un seul mot : « Les irrégularités observées lors des élections ne sont pas de nature à remettre en cause les résultats ». Ils savent aussi qu’après les élections frauduleuses et contestées, les dirigeants européens n’auront qu’un seul mot : « Nous appelons à l’apaisement et au dialogue ». Ainsi pour devenir président d’une nation républicaine et démocratique, on accepte d’être financé par des régimes dictatoriaux d’Afrique. C’est ubuesque.

À mes frères et sœurs africains je vous redis l’une de mes convictions : l’Europe politique n’est pas et ne sera jamais un instrument qui nous aidera à construire l’Afrique libre et développée à laquelle nous rêvons. Nous devons nous organiser à l’échelle du continent pour être une alternative panafricaine de pression interne et de changement positif sur notre continent sans une main tendue quelconque à l’Occident.

A mes amis français, il faut un sursaut culturel pour sauver la France des valeurs des mains des politiciens véreux. Car cette France, cette belle Dame libre, tombe dans les carcans lorsqu’elle se laisse baiser par la racaille d’Etat.

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La pomme, un amour de Yahweh

Illustration d'Eve rencontrant le serpent

Illustration d’Eve rencontrant le serpent

Je mets à votre disposition un texte qu’un de mes amis Angelo Degbe, avec qui je partage une complicité intellectuelle, a partagé avec moi. Je vous laisse donc sans commentaire savourez sa lecture des fameux événements du Jardin d’Eden et partant de là, toute l’hypothétique histoire du salut.

 

Le Dieu judéo-chrétien devait être un vrai amoureux de la pomme! Il devait aimer la pomme par-dessus tout! Il devait aimer la pomme plus que les hommes! Son chef-d’oeuvre devait être la pomme, sinon comment comprendre qu’il puisse maudire la femme et la condamner à des douleurs éternelles pour avoir mangé sa pomme!! La pomme du Bon Dieu!!
Adam en fit l’amère expérienc…e !

Par ce qu’ils ont mangé sa pomme préférée, Dieu se fâcha et exige qu’on sacrifie et qu’on brûle sur des autels et pour des siècles des siècles des agneaux pour lui, et par-dessus tout ces agneaux, l’agneau qu’il avait voulu en Isaac, c’est-à-dire un humain, plus clair qu’on immole son propre fils pour laver cet ignoble affront !

Comme cela ne suffit pas, il faut répéter cette scène chaque fois, et qu’on le frappe, et qu’on le crucifie, et pour que cela se répète indéfiniment, Yahweh prend soin de ressusciter Jésus et le sacrifice recommence !

Et le pauvre Jésus doit toujours payer pour cette fameuse pomme!
Et dans toutes les messes il faut répéter cette scène pour que le Bon Dieu d’Amour pardonne aux humains le fait que leurs aïeux dans un instant d’égarement préhistorique aient pu manger la pomme du Bon Dieu !

Ah! Dieu ne blague pas avec sa pomme! La pomme du Bon Dieu prenez en garde !

Quel grave péché que de manger une pomme, la pomme de Dieu.

Mes chers Amis priez pour mon âme, car j’adore les pommes, les dorées, les vertes, et que cela s’appelle pomme me fait déjà venir de l’eau à la bouche!

Charles Le Bon Vodounon, prie pour mon âme pécheresse, car « mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa » j’ai la concupiscence dans la peau, j’adore les pommes, j’adore les pommes du Bon Dieu, je suis foutu!

Premier commandement : de la pomme tu te méfieras ! Car je suis le Dieu des Pommes, Un Amour de pomme!!!!

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Les trois religions monothéistes : une arnaque qui dure

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(Tableau, La tentation d’Adam et Ève, par Michel-Ange)

Faites une lecture attentive de l’Ancien Testament. Essayez de décrire YHWH ou ‪‎Jéhovah‬ selon les textes. La conclusion que ce Dieu national juif a des caractères d’un monstre sanguinaire est une question de vérité et d’honnêteté intellectuelle. YHWH est un Dieu guerrier terrassant hommes, femmes et enfants afin de faire place à son peuple élu, Israël. Et même là, étant toujours en colère, il ne manque pas de punir à mort son propre peuple pour désobéissance. Ce Dieu de la Bible, ce dieu-national-juif, c’est Lui, celui qui aurait massacré les Premiers-nés d’Egypte, ordonné la destruction de plusieurs villes, demanda à Moïse de passer par l’épée ceux qui le contestait. En son nom, Élie aurait aussi passé par l’épée les adorateurs de Baal.
Non content de faire des malheurs sur la terre, cet inventeur aurait créé un feu ardent pour rôtir les âmes de ceux qui par manque de preuves ne croiraient pas en lui. Notons que même si les théologiens donnent une autre définition de l’enfer, le terme biblique nous parle de feu et d’un lieu de souffrance atroce.
Et comble de son sadisme, ce Dieu aurait inventé un plan de torture et de meurtre pour nous montrer Ô combien il nous aime : laisser son fils mourir sur une croix après d’atroces souffrances. Tout ça pour nous dire combien son amour est grand. N’est-ce pas un Dieu plus cruel que nos dictateurs ? Imaginez s’il y avait des blogueurs, des journalistes ou des défenseurs des droits de l’homme à cette époque!
Or la question du Salut et de l’envoi hypothétique de Jésus par un Dieu-Amour, aimant tellement ses créatures pour sauver l’humanité est suspendue à ce Dieu de l’Ancien Testament. Et là vous découvrez toute l’erreur.

D’autre part il suffirait même de démontrer que Adam et Ève n’ont jamais existé pour que la foi en un Fils de Dieu sauvant l’humanité tombe à l’eau. Car on ne peut concevoir le plan du salut sans le péché originel hypothétique du jardin d’Eden. Or de toute évidence et d’après les exégètes eux-mêmes, l’histoire du jardin d’Eden est digne seulement d’une fable.
Le plan concocté par un Dieu pour sauver l’humanité, s’il est vraiment planifié et exécuté par un Dieu et ses anges conseillers, est une aberration en matière de stratégie. Encore que l’auteur serait Dieu! Moi-même, simple humain, si je devrais dessiner un plan pour sauver les hommes, je ferai bien mieux que le Dieu de la Bible.

Ceci dit, je ne mets pas en accusation l’Etre transcendant qui est, et qui est hors de la Bible et du Coran. Mais je pense simplement que cette histoire ou ces histoires racontées dans la Bible n’ont d’importance qu’au niveau du microcosme juif et ne peuvent pas constituer des faits universels. Je refuse de prendre la volonté et les erreurs des hommes pour une révélation de Dieu. Aucun texte ne peut prétendre contenir la volonté de Dieu. Parler au nom de Dieu est l’arnaque qui dure encore et qui malheureusement continue d’être sanctifiée par les foules. Vous ne pouvez imaginer ma colère lorsque j’apprends que dans certains pays musulmans, on condamne encore des gens pour blasphème. Au nom de quoi? Pendre des gens pour ce que Dieu n’a pas dit? On devrait au contraire pendre les Ayatollah, ces défenseurs de Dieu ou d’Allah.

En ce qui concerne l’ ‪‎islam précisément‬, je n’ai pas besoin d’autres démonstrations. L’islam n’a d’existence que par rapport au ‪judaïsme‬ et au ‪christianisme‬ qu’il a merveilleusement plagié. Or si ces deux religions ne sont fondées que sur des chimères, il est donc logique que l’islam qui est un de leur produit ne soit aussi autre chose qu’une illusion. Point.

Je respecte Jésus comme un Homme et un maître spirituel qui a enseigné la morale et des valeurs. Et c’est la même chose envers Mahomet. Pas plus! Les thèmes comme ceux-ci : -Yahvé est LE Dieu, Jésus est Dieu et/ou Fils de Dieu, le Salut en Jésus, Jésus est ressuscité- Jésus n’a pas eu d’enfant, l’Eucharistie est le corps et le sang de Jésus, le Coran est tombé du Ciel, Allah est le seul Dieu, la morale….et autres dogme sont de saintes arnaques malheureusement intouchables sous peine d’une fatwa.

Si les Africains ne se réveillent pas et dressent leurs propres nattes en matière de religion, et bien ils seront toujours gouvernés par les autres.

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Ce qui tuera Dieu

athltisme2L’idée de Dieu ne prend racine que là où l’homme se trouve impuissant face à sa misère existentielle.

Sous nos cieux certains handicapés des membres inférieurs, par exemple, chérissent l’idée que Jésus peut encore dire un mot et ils vont pouvoir sauter sur leurs jambes comme une gazelle. Ainsi passent-ils des heures et des heures à l’église, procurant au prêtre ou au pasteur le confort avec leurs économies de misère. Mais sous d’autres cieux plus besoin d’un miracle de Jésus ! La science fait déjà des miracles! Des prothèses aujourd’hui,  par exemple, aident les handicapés à mieux courir comme jamais sur leurs jambes ! La science et la technologie ont ainsi rendu la joie à certains handicapés qui n’ont pas eu à attendre un Dieu qui n’a fait marcher un handicapé qu’une seule fois. Même là il n’y aucune preuve. (Matthieu 9: 2-8; Marc 2: 1-12; Luc 5: 17-26).

Ainsi là où la science et la technologie font un pas, l’idée de Dieu recule de deux pas. De ceci résultent deux choses:

1- L’homme en réalité n’a jamais cherché Dieu. Ce fut toujours une recherche utilitariste; c’est une recherche d’un  » malade de son existence  » qui cherche des échappatoires. De tout temps l’homme a utilisé Dieu pour pallier ses propres angoisses métaphysiques. Nietzsche pense même que c’est cet état de l’homme malade de lui-même qui aurait rendu le christianisme – j’ajouterai toutes les religions- puissant:  » Le christianisme s’est servi de l’extraordinaire désir de suicide qui régnait au moment de sa formation pour en faire un levier de sa puissance  » Nietzsche, Le Gai savoir (1882 §131). On comprend alors mieux le rédacteur de l’évangile de Matthieu lorsqu’il cite au passage, en parlant des multiples guérisons de Jésus, le prophète Isaïe:  » Il a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies  » (Matthieu 8: 16). Ce que l’homme veut n’est rien d’autre qu’un MEDECIN pas un Dieu. C’est pourquoi le Dieu des religions n’est en réalité qu’un concept d’un Dieu-médecin.

2- Plus le développement sera une réalité, plus les églises deviendront vides, parce que la science et la technologie donneront à l’homme la « plupart » des réponses et dans le temps, que l’homme passe toute sa vie à chercher avec supplication et avilissement de soi dans les églises. Avec la science et la technologie, Dieu deviendra inutile, dérisoire et trop petit pour l’homme. Même si la science et la technologie ne répondront pas à toutes les attentes de l’homme et créeront aussi d’autres problèmes, les champs d’intervention de Dieu se retrouveront tout de même assez réduits.

Ce qui tuera donc Dieu, plus précisément  » l’idée de Dieu « , ce sera le progrès, le développement avec les outils de la science et de la technologie. Mais je crains que cet horizon, sans le Dieu des religions, ne soit qu’un simple changement de forme : de la domination d’un Dieu-Créateur à la domination de la Science-Dieu.

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Noël : l’enfant africain n’aura pas son cadeau

 

 

Photo prise hier lors d’une manifestation des enfants organisée à Lomé/Togo par un groupe d’amis

Photo prise hier lors d’une manifestation des enfants organisée à Lomé/Togo par un groupe d’amis

Jésus fut un grand maître qui, comme beaucoup d’autres, montra la voie à l’humanité. Une voie faite d’amour et non de religion. Dans quelques heures, nous célébrerons symboliquement sa naissance. Même si cette célébration ne fait pas l’unanimité, elle a tout de même le mérite de nous ramener à notre quotidien. Célébrer L’Enfant-Jésus doit nous amener en tant qu’Africain à regarder de près la condition de l’enfance africaine aujourd’hui. 

L’enfant africain, celui sur lequel repose la construction du continent, est aujourd’hui dans les forêts au Congo fuyant la guerre

_centrafrique-enfant-machette_m AFPCet enfant est dans les camps de réfugiés à cause de la déstabilisation causée par des chefs d’Etat qui veulent mourir au pouvoir. Cet enfant aujourd’hui se trouve en Somalie le ventre affamé. Cet enfant se trouve pris dans l’engrenage de la violence. Au lieu de lui donner un stylo, on pousse les limites de la bêtise humaine en lui procurant des armes. On a fait d’eux sous certains cieux africains de vraies machines à tuer comme l’a décrit le Dr Tumba Tutu-De-Mukose dans l’un de ses articles intitulé « Les enfants soldats, ces machines à tuer…. »

Cet enfant bâtisseur de l’Afrique de demain ne vit pas encore dans un milieu qui lui procurerait les conditions essentielles pour l’épanouissement de son corps et de son esprit indispensable à sa créativité. 

Noël n’est donc pas un temps de génuflexion pour nous les Africains. Noël nous appelle à relever le défi de l’enfance. Car dans l’enfant africain d’aujourd’hui est cachée la graine du renouveau de l’Afrique de demain.

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L’homosexualité : demain le crépuscule des conservateurs

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  • L’aliénation de l’espace de discussion

L’humanité, notre humanité, celle qui rigole devant les autres créatures en brandissant sa supériorité intellectuelle, celle qui montre aux animaux dits sauvages qu’elle a quitté la barbarie de la jungle pour la civilisation, une civilisation dans laquelle elle rend ses armes plus sophistiquées, une civilisation dans laquelle on tue chaque jour des innocents à cause des pierres dites précieuses devant lesquelles les animaux sauvages rient, cette humanité, notre humanité a une autre caractéristique encore plus étonnante et sublime. Il s’agit de son art de débattre des questions existentielles qui se posent à elle. Cet art consiste souvent en deux blocs partisans méchamment opposés à la question à débattre: le bloc des « NONnistes » et celui des « OUIouistes ».

Ainsi l’examen d’une problématique sociale devient une sourde bataille des mots où l’essentiel est « d’être pour » ou « d’être contre ». Dans ce cas la logique argumentaire fait de la conclusion « Donc Je suis Pour » ou « Donc Je suis Contre » les prémisses de la réflexion: je suis contre parce que….parce que. Dans ce cas d’argumentaire, très souvent il n’y a pas un examen objectif du problème. On part de la croyance et de l’opinion qui ont construit sa propre personnalité dans un milieu donné pour ensuite chercher des arguments qui peuvent corroborer ses croyances. Or ces croyances et jugements sont souvent issus de notre éducation et de notre milieu de développement et sont trop souvent difficiles à remettre en cause. Même après un bain dans un marigot du doute cartésien, ces croyances et jugements nous collent à la peau.imagesCAX1D5D4

Si beaucoup de questions qui se sont posées à l’humanité dans le passé ont assez souffert de ces blocs dualistes, archaïques et dangereux qui posent beaucoup plus de problèmes à l’humanité que la question à résoudre, il est encore désolant de constater que ces blocs prennent de nos jours des proportions de plus en plus dangereuses occupant la scène médiatique en éclipsant le vrai débat. Il suffit de soulever une question éthique pour les voir se dresser les uns contre les autres, surtout lorsqu’ils sont Français :). Aujourd’hui la question sur l’homosexualité souffre énormément de ces chapelles de débatteurs qui nuisent au débat, mais en même temps et paradoxalement participent à la résolution du problème sans qu’il n’y ait en fait un débat de fond.

untitledMes propos aujourd’hui consistent à démontrer en premier comment la domination d’un bloc sur l’autre couve l’intolérance, la discrimination et la violence envers le second bloc faisant de celui-ci une minorité, et de l’autre comment cette intolérance produira un effet contraire en éveillant progressivement la conscience des uns et des autres pour que les minorités soient établies non pas forcément dans leurs droits, mais dans leur dignité humaine.

  • De la question éthique à la discrimination des minorités

La marche de la civilisation est beaucoup plus due à la pugnacité des minorités qu’à des foules plongées dans l’ignorance et tirées par des hommes religieux et des hommes politiques conservateurs. Je comprends la peur devant la nouveauté et le chemin qu’elle nécessite pour se faire accepter. En cela je suis sans doute progressiste. Hier dire que la terre est ronde et tournait autour du soleil était une insulte contre Dieu lui-même. Mais aujourd’hui tout le monde dit simplement : c’est du passé! Hier, c’est-à-dire il y a moins d’un siècle dire que la femme a le droit de vote, c’est contredire Dieu qui aurait créé la femme plus faible que l’homme et donc qu’elle serait incapable de faire des choix éclairés. Mais aujourd’hui les femmes sont à la tête des Etats et occupent de plus en plus des responsabilités jusqu’alors réservées à la cohorte phallocratique.

Mais entre le refus du progrès et son acceptation, il y a souvent un long et difficile chemin fait de discrimination, d’intolérance et de violence envers les groupes qui pensaient en dehors des idéologies intellectuelles comme religieuses et habitudes établies. Dans un débat qui impliquerait un profond changement social le bloc de ceux qui sont contre est souvent sinon toujours majoritaire. Cette majorité confortée dans sa domination en nombre fait de la vérité une question de quantité. Mais mieux ou pire cette majorité devient oppressante faisant recours à la discrimination et à la violence pour étouffer le second bloc minoritaire et qui ne pensait qu’en termes de vision.

Jusqu’au vingtième siècle aux Etats-Unis, la loi interdisait les rapports sexuels entre des hommes ou femmes du même sexe. Aujourd’hui, même si le gouvernement fédéral fait beaucoup d’efforts pour la légalisation de l’homosexualité, tous les Etats de l’Union ne sont pas encore dans cette dynamique comme l’Etat de la Pennsylvanie dans lequel je vis. Jusqu’à un passé récent donc, aux Etats-Unis personne ne pouvait suivre son orientation sexuelle publiquement en raison de trois facteurs très importants et qui demeurent encore dans plusieurs pays dans le monde surtout en Afrique: les poursuites judiciaires, le mépris social et la discrimination. A ces trois facteurs, j’ajouterai la violence verbale et physique dont on fait objet les homosexuels.

Le débat récent en France sur la légalisation de l’homosexualité, les nombreuses marches des conservateurs politiques, les violences notées lors de ces manifestations y compris les violences physiques qu’on a observées, me font démentir cette position de beaucoup d’Africains qui pensent que l’homosexualité est l’une des perversités des Occidentaux : La haine, l’intolérance, le mépris social, la discrimination contre les homosexuels ont des germes dans tous les pays et fleurissent partout dans les quatre coins du monde. L’homosexualité, en Europe comme aux Etats-Unis, n’est pas encore acceptée et souffre de la stigmatisation du bloc des « NONnistes » qui pensent préserver le naturel ontologique ou le divin des choses.

Cette attitude conservatrice produit deux effets : le premier consiste à éclipser totalement le vrai débat et à vider celui-ci de sa substance. A la place d’une explication sereine et sérieuse aux populations, on préfère plutôt leur servir des plats bibliques ou coraniques conservateurs. Le second fruit de cette attitude est l’effet contraire qu’elle produit dans une humanité qui prend de plus en plus conscience de la protection de la dignité de tout être humain.

  •  De l’homosexualité à l’homosexuel : glissement du champ de débat et paradoxe du revirement des consciences.

De ce qui précède, nous notons un déplacement du champ du débat sur l’homosexualité tout comme dans des questions qui concernent les minorités. Le débat très tôt quitte le champ scientifique et argumentaire pour s’établir dans un champ culturel. Dans le champ culturel les conservateurs trouvent leurs terrains favoris qui leur permettent d’accuser l’homosexualité comme un fait antinaturel et en même temps de jouer sur les croyances jamais mises en cause par les foules pour gagner le débat. Mais il est encore très tôt pour dire qu’ils gagneront le débat. En fait dans plusieurs autres domaines, ils ne l’ont jamais gagné que ce soit l’avortement, l’euthanasie ou encore la prostitution.

Mais lorsque le débat est ramené sur le plan culturel qui a un fond psychologique construit grâce aux années de bourrage d’une certaine éducation lors de notre développement humain, ce débat sur l’homosexualité, tourne à un débat sur l’homosexuel. Du coup nous ne sommes plus seulement sur un plan d’idées, mais sur un plan qui implique des êtres concrets et leur dignité. Les positions contre l’homosexualité deviennent des attaques verbales et physiques contre l’homosexuel.

Celui-ci, l’homosexuel ou le groupe des homophiles, même s’il en souffre en profite lui aussi pour se réclamer de la longue lutte des minorités. Or ce qui fait plus horreur à la conscience humaine de nos jours, après les horreurs de l’esclavage, des deux guerres mondiales, des luttes des peuples pour l’indépendance, de la longue lutte contre l’apartheid, c’est lorsqu’elle constate qu’un seul cheveu d’un être humain a été arraché juste parce qu’on ne partageait pas sa position. L’humanité aujourd’hui est beaucoup plus soudée en matière de la défense et la dignité de tout être humain que sur des sujets qui divisent. A propos de l’homosexualité, nous observons une évolution dans l’attitude de ceux qui ne partagent pas forcement l’idée du droit des homosexuels: ils te diront qu’ils sont contre l’homosexualité, mais aussi qu’ils sont contre toute discrimination à leur encontre. Nous sommes là devant une victoire de l’homosexualité qui deviendra progressivement un fait naturel acceptable et toléré dans l’opinion publique mondiale y compris africaine dans un avenir très proche ou peut-être lointain, même s’il y aura toujours des bigots conservateurs.

Au lieu d’un débat qui doit être serein et permettre à l’humanité d’apprendre plus sur elle-même, ses aspirations, ses mutations et son avenir, nous préférons plutôt nous confronter sur des terrains archaïques d’une vision fixiste et absolutiste de l’être humain. Lorsque nous ramenons des débats sur ce terrain, la haine, l’intolérance, l’obscurantisme et la violence sous toutes ces formes prendront toujours la place du débat civique qui devrait avoir lieu entre des hommes et femmes civilisés. Mais heureusement que la conscience vivante de l’humanité sera toujours présente pour dire « stop » à ceux qui pensent que parce que celui-ci est « gay », lesbienne ou transsexuel, il ou elle devrait perdre sa dignité humaine. Le dernier mot que j’aimerais dire à la fin de ce billet est simple et se veut catégorique : avant tout, respectons les homosexuels de tout genre. Ensuite, engageons le débat sur le fond.

 

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Art Sacré et Identité : Apologie pour un art chrétien africain

Collage images @togocouleurs

Collage images @togocouleurs

L’art sacré dans toutes les religions est à l’image de la société ou pour être plus précis est une représentation projective de la société elle-même.

Dans l’art sacré suprême, toute société se représente son bonheur eschatologique.

Le point sur lequel j’aimerais insister est que l’art sacré produit par chaque société est à l’image de cette société. Une image qui, non seulement rassemble les valeurs abstraites de telle ou telle société, mais semble inscrire dans chaque tableau les traits physiques caractéristiques même des habitants de cette société.

Ainsi en prenant un tableau ou une statuette de Bouddha par exemple, ce qui vous est donné à connaitre de prime abord c’est les traits physiques caractéristiques d’un Indien.

Mais il me semble que les Africains noirs, n’ont  pas compris ce mécanisme.

Si je prends le catholicisme en Afrique noire, la région est riche de représentations picturales de la Trinité, de Jésus, de la Vierge-Marie et des saints.

Ces représentations qui sont parvenues en Afrique avec les missionnaires, font partie de la riche culture de l’Europe chrétienne occidentale et orientale.

L’Europe devenue chrétienne a produit un art sacré qui est à l’image de l’Europe et des Blancs. Il serait absurde donc de trouver dans l’art sacré européen un Noir.  Ce serait une tache noire sur une magnifique robe blanche. Et ce serait inacceptable. Inacceptable pour la société blanche. L’art est donc aussi et fondamentalement le miroir d’un être-social particulier inscrit dans une culture spécifique.

Ainsi très tôt, la représentation du paradis est une scène de fête entre un Dieu blanc et une société blanche.

Par contre dans la représentation de l’enfer, vous ne verrez aucun Blanc. L’âme en enfer est noire, noire comme la couleur de l’Afrique. Et si on suit la logique de l’art comme image des représentations d’une société, il se pourrait que l’enfer aux couleurs noires soit une représentation que la société européenne a de l’être Noir. L’Afrique, c’est l’enfer. Et les Noirs africains ou simplement les Noirs sont les diablotins qui y nagent.

 

Chapelle Sixtine ( Michel-Ange)

Chapelle Sixtine ( Michel-Ange)

Ce que je dis ici doit être très clair : je ne suis pas encore dans une logique qui condamne la vision légitime des idéaux sacrés que la société européenne chrétienne a imprimés dans ses arts sacrés. On ne peut produire que ce qu’on est  et ce qu’on pense. Il serait donc absurde que par compassion, les Blancs donnent une place par charité aux Noirs dans leurs représentations, ne serait-ce que pour laver des assiettes dans un coin du paradis après un banquet avec le bon Dieu blanc.

Mais l’erreur ici est que ces représentations qui ne sont en aucun cas à l’image de la société noire continuent de servir comme représentations dans les églises chrétiennes. Nous sommes ici dans ce que je nomme une transposition : si dans l’art, il y a l’expression de chaque société, et si dans l’art que nous utilisons, c’est l’image d’une autre société qui y est peinte, et bien ce que nous adorons (dans le sens d’émerveillement), n’est pas en soi le signifié ou le symbolisé, mais est cette société différente de la nôtre.

En d’autres termes dans l’art sacré chrétien que les Noirs utilisent, nous sommes devant une idéalisation absurde d’une autre société (transposition), ses valeurs et ses espérances. Cette idéalisation implique de facto une désidéalisation de ses propres valeurs. L’Africain noir se retrouve, par la foi héritée de la violence de l’histoire, devant un système d’aliénation.

Le Noir qui s’agenouille chaque fois devant des statuettes ou prie devant des images ou tableaux mettant en scène un Dieu blanc et des anges blancs se met lui-même sans le savoir dans un processus de divinisation de la race blanche. Ce processus inconscient de divinisation de la race blanche implique une reconnaissance de la supériorité des Blancs qui se fera sentir dans beaucoup d’autres domaines : social, politique voire intellectuel.

Ce qui me semble grave et inquiétant est que le Noir qui se met sans le savoir dans ce processus est dans une démarche de la foi.

Non seulement il voit dans l’art sacré le Blanc mais le Blanc comme « sélection » du divin. Cette association dangereuse du Blanc et du divin produit dans le Noir chrétien une dangereuse conviction inconsciente: « le paradis est blanc ». Mais ceci peut être une affirmation gratuite de ma part.

Mais pour mieux la formuler, procédons par la négative : « Le paradis ne peut pas être noir ». Si beaucoup rejetteront ces propositions que j’avance par des arguments solides, les faits parleront toutefois en ma faveur.

Ces faits dont je parle ne sont pas dans le domaine de l’objectivité logique, mais de l’objectivité psychologique. C’est dans ce sens que je vous propose ces deux exercices :

1-Mettez-vous dans les conditions de prière, pensez à Jésus ou à la Vierge-Marie. Quels sont les traits physiques de celui ou celle que vous voyez ? Décrivez-le ?
Ici pour être honnête avec vous-même, vous témoignerez que vous avez vu un Jésus blanc ou une Vierge Marie blanche.

2- Mettez-vous dans les conditions de prière, pensez à un Jésus noir ou à la Vierge-Marie noire. Etes-vous arrivé à les représenter Noirs ? Ici, si vous ne mentez pas à vous-même, vous témoignerez que c’est un exercice très difficile, ou quasi impossible.

Il est donc clair que dans notre inconscient chrétien, avec des arts sacrés qui ne nous représentent pas, nous nous sommes forgés une représentation de l’autrui en oubliant nous même d’avoir une représentation qui soit notre propre projection identitaire et culturelle. Et malheureusement l’Africain n’est pas prêt à concevoir un Dieu à son image, un Dieu noir, ne buvant pas du vin à base de raisin, mais du vin de maïs.

Le danger de la perte d’identité ici est très subtil dans le christianisme en Afrique. Or le Dieu universel veut que nous allions à Lui avec ce que nous sommes. Et allez à lui avec ce que nous sommes, suppose aussi que lui-même puisse « se revêtir de nous » et « devenir nous ».

L’art en tant que domaine de l’abstraction doit pouvoir aussi représenter une vision du paradis en noir sans porter atteinte à la divinité ou au message chrétien puisque Dieu est universel.  Nous devons exprimer à notre façon en tant que Noirs-chrétiens-africains dans nos œuvres quotidiennes, dans ce qui nous est propre la louange du Transcendant. Ceci est en étroite ligne de ce que l’Eglise enseigne : « L’art et le sacré  visent, par nature, à exprimer de quelque façon dans les œuvres humaines la beauté infinie de Dieu, et ils se consacrent d’autant plus à accroître sa louange et sa gloire qu’ils n’ont pas d’autre propos que de contribuer le plus possible à tourner les âmes humaines vers Dieu » Catéchisme de l’Eglise Catholique 2513 (voir Sacrosanctum Concilium 122)

L’Eglise en Chine a très tôt compris cette démarche. Ils veulent être chrétiens, mais pas chrétiens européens par mutation. Ils veulent être des chrétiens-chinois. Ainsi certains artistes chinois chrétiens se sont engagés à donner à leur Eglise un art sacré chrétien qui soit à l’image de leur société. L’un des plus célèbres aujourd’hui dans l’art chrétien chinois moderne est Hé Qi   dont je vous propose quelques peintures (consulter la liste des artistes chrétiens chinois et leurs œuvres sur Asian Christian Art)

Jesus avec ses Disciples sur le lac (par He Qi)

Jesus avec ses Disciples sur le lac (par Hé Qi)

 

Jesus et Marie-Madeleine au tombeau (par He Qi)

Jésus et Marie-Madeleine au tombeau (par Hé Qi)

Et personne ne se plaint. L’Eglise vaticane elle-même le trouve très beau et bien.

Les Anges au 7 trompettes -Apocalypse- (par He Qi)

Les Anges aux 7 trompettes -Apocalypse- (par He Qi)

Je veux croire et je crois que les Africains peuvent aussi sans complexe se guérir du dommage que nous a causé l’art occidental et nous mettre dans cette aventure d’un art chrétien africain qui aura le mérite de protéger notre identité.

Mais l’Africain chrétien, est-il prêt à allumer une bougie devant une statue d’une Vierge-Marie noire dans son église ?

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Ami lecteur, connais-tu l’Assemblée Nationale de mon beau village ?

Ami lecteur, approche-toi bien de moi,

Tends l‘oreille vers moi

Que je te dise l’une des choses odieuses de mon pays le Togo.

Mon pays le Togo, ce beau village de 56 600 km2

Qui se mire au fond des Gnassingbé,

Encadré par l’armée

Est  une vaste prison.

Son Assemblée Nationale

N’est pas comme celle de ton pays

Elle est spécifique et particulière.

C’est semblable à un autel sur lequel

Le fidèle sacrifie son Dieu.

L’Assemblée Nationale togolaise

C’est le lieu,

Où la volonté des Gnassingbé est adorée.

C’est le lieu par excellence,

Où le Débat est étranglé, assassiné, enterré.

Sur les 91 fideles qu’elle comporte,

62 d’après les dernières élections

Appartiennent au tyrannosaure

FAURE GNASSINGBE.

S’il vous plait de faire un tour un jour

A notre Assemblée GNassionale,

Ces 62 fideles, vous les reconnaitrez facilement

Ils sont simplement ces moutons de panurge,

Qui lèvent leurs mains pour dire OUI

A tout et même à rien.

Mais juste à une seule condition :

A la gloire des Gnassingbé !

Image: edit, capture d'ecran et collage @togocouleurs.mondoblog.org

Image: edit, capture d’ecran et collage @togocouleurs.mondoblog.org

 

Note: A la recherche de quelques mots pour illustrer ce collage d’images que j’avais fait la veille, j’ai finalement écris ces vers libres ce matin, inspiré par le poème Connais-tu mon beau village?

Ce poème qui te rappellerait certainement ce manuel scolaire Mamadou et Bineta.

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Togo/Perspectives 2015 : La stratégie d’une Candidature Unique

Photo initiale atelier.net / modification et adaptation @togocouleurs

Photo initiale atelier.net / modification et adaptation @togocouleurs

Après l’élection législative de 2013 au Togo qui s’est soldée  sur une victoire écrasante et frauduleuse du parti au pouvoir de Faure Gnassingbé,  un constat s’impose : l’impérieuse nécessité d’une candidature unique de l’opposition togolaise pour la prochaine élection présidentielle de 2015.

L’idée n’est pas toute nouvelle. Les partis de l’opposition l’ont essayée. Mais  à chaque fois ou à chaque occasion, se croyant chacun plus paon que le paon alors qu’ils ne sont que dindons, ils finissent par se déplumer entre eux.

Il me semble donc qu’il est urgent pour nous qui n’avons aucune accointance politique d’exercer une pression sur cette classe politique à travers nos analyses et points de vue.

« Comment arriver au choix de ce candidat unique dans les plus brefs délais et commencer une pré-campagne présidentielle ? », tels sont les points que je présente dans les lignes suivantes :

  • Constat : les élections sont en 1 seul tour. Ne nous fatiguons pas : les 62 députés RPT/Unir ne reviendront pas sur cette disposition électorale. Nous irons, même s’il y aura encore des dialogues, à une élection présidentielle  à un seul tour.
  • Conséquence pour l’opposition : impérativement, un Candidat unique.
  • Atouts des législatives de 2013 : les législatives passées a le mérite de dessiner ou de préciser le poids des acteurs de l’opposition, même si je n’ai pas l’ombre d’un doute de fraudes massives.

Choix du candidat unique : dans cette condition, il ne revient pas au Comite d’Action pour le Renouveau (CAR), à l’Organisation pour Bâtir dans l’Union un Togo Solidaire (OBUTS), à  la Convention Panafricaine des Peuples Africains (CDPA-Togo), ou autres de choisir le candidat unique.

La stratégie sera ce qui se fait déjà dans la plupart des pays assez démocratiques : si nous considérons les législatives comme un premier tour de la présidentielle, les autres partis de l’opposition ne peuvent pas imposer à l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) de Jean-Pierre Fabre, un candidat. Dans cette condition, le souci des autres partis de l’opposition serait de sauver les meubles.

Appuyer le candidat de l’ANC à l’élection présidentielle de 2015 reviendrait pour eux à négocier trois choses :

1-      Dans un dialogue faire accepter par l’ANC une prise en compte de certains points de leur programme afin d’engager le Togo, après victoire, sur les rails d’une économie florissante et d’un développement durable

2-      Négocier certains postes dans le futur gouvernement

3-      Travailler sur un plan commun qui fera du premier quinquennat de l’opposition une véritable transition. Car après plus de cinq décennies  de détournement de fonds, de la mise à genoux du pays sur tous les plans, de la violation massive des droits humains, une véritable transition s’imposera.

Au même moment il reviendra à l’ANC de Jean-Pierre Fabre de se faire plus humble, rassembleur et se mettre à l’écoute de ces pairs de l’opposition.

Ceci dit, la stratégie d’une candidature unique me semble beaucoup plus un effort des autres partis de l’opposition surtout le CAR et la CDPA. Ils doivent pouvoir reconnaitre et assumer  leurs places sur l’échiquier politique.

Le temps presse. Moins de deux ans nous séparent de la présidentielle. Le choix de cette candidature unique doit se faire le plus rapidement possible afin que nous conjuguions nos efforts à dessiner les stratégies de campagnes et de sécurisation du processus du vote.

Attendre la veille des élections pour s’accorder ne peut qu’être encore une fois suicidaire pour l’opposition et une déception de trop pour nous qui avons soif d’une alternance politique dans notre pays.

 

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