12 Avril 1991-12 Avril 2011 : le drame de la lagune de Bè, 20 ans après !

Article : <strong>12 Avril 1991-12 Avril 2011 : le drame de la lagune de Bè, 20 ans après !</strong>
13 avril 2011

12 Avril 1991-12 Avril 2011 : le drame de la lagune de Bè, 20 ans après !

Il y a 20 ans au Togo, 28 cadavres annonçaient la démocratie. C’était le 12 Avril 1991.

En effet, le quartier de Bè, que j’avais décrit entre temps être le Benghazi du Togo, s’était réveillé par un spectacle macabre. Ce quartier est traversé par une paisible lagune qui porte son nom.
Ce matin là, cette lagune offrait aux regards effarés et égarés, les corps inertes, morts noyés avec des traces de tortures. Au total 28 corps ont été repêchés.
Ce spectacle et tant d’autres intolérables nous imposent une interrogation majeure :
Pourquoi la marche des peuples vers la démocratie est un chemin de croix, d’oppression, des cris des veuves et des orphelins étouffés par la douleur et la colère ?
Aujourd’hui encore cette question est toujours d’actualité surtout pour ces pays africains qui ont entamés après la chute du mur de Berlin leurs odyssées vers la liberté.
Le peuple togolais dans toute sa diversité, a payé le prix fort de sa volonté de ne plus seulement écouter la voix du parti unique RPT (Rassemblement du Peuple Togolais).

(Quelques photos de la lagune de Bè prises ce matin)

Aujourd’hui, vingt (20) ans après, notre mémoire reste vive. Sur l’initiative du Front Sage, une stèle funéraire vient d’être inaugurée tout près de la lagune. Ceci pour que l’histoire retienne que la bataille pour la liberté s’est faite et se fait à travers le sacrifice et de l’inacceptable de nos propres frères noirs.

Stèle funéraire

Ces morts dont on se rappelle aujourd’hui après 20 ans, doivent nous rappeler deux choses :

1. Ce pour quoi ils sont morts est encore devant nous. La liberté n’est pas un point fixe donné. Elle est par essence mouvement, c’est-à-dire libération. Donc point de trêve : la lutte continue !

2. Honorez leur mémoire, c’est aussi s’engager à ce que justice soit faite. Pour les six (6) ans cette année aussi du massacre des Togolais par une partie de l’armée au profit de l’accession au pouvoir de Faure Gnassingbé, j’ai écrit à cet effet un article, invitant expressément la CPI (Cour Pénale Internationale) à instruire le cas Togo. Et bien, à ce « cas Togo » qui est de 500 à 1000 morts selon le rapport de l’Onu ou des organisations de droits de l’homme, j’ajoute ces 28 morts aux dossiers à instruire.

corps repêchés de la lagune de Bè

Cependant, construire le Togo notre pays la terre de nos aïeux, cette portion de 56 600 km2 de la terre Afrique, dépendra de la volonté et de l’abnégation de nous tous, ses filles et fils.
Notre hymne si riche et engagé nous le rappelle :

Togo debout
Luttons sans défaillance
Vainquons ou mourons
Mais dans la dignité…

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