Charles Lebon

Et nous mangeâmes, et nous dansâmes, et nous… et nous cuvâmes: l’ambiance était électrique à Lomé

Et nous mangeâmes, et nous dansâmes, et nous… et nous cuvâmes: l’ambiance était électrique à Lomé

L’ambiance des fêtes estivales à Lomé, c’est d’abord l’esprit de ces fêtes.
Les fêtes chez nous sont à l’image de la raison suffisante que chacun a pour les célébrer. Aussi l’ambiance diffère-t-elle d’une raison à une autre.
A Lomé, nous pouvons dégager deux grandes raisons festives qui se lancent des anathèmes. Il s’agit de la raison religieuse et de la raison profane. Si ces deux raisons s’entendent sur « le pourquoi » de ces fêtes, « le comment fêter » les oppose prodigieusement.
« Le pourquoi » de ces fêtes, c’est rendre grâce à Dieu ou aux Dieux ou à l’Absolu pour le don de la vie et jeter un regard nouveau et positif sur l’année qui s’annonce.

Mais comment fêter ?

Sourire des fêtes

Pour la raison religieuse amplifiée par des prophétismes des églises éveillées et énervées, le programme et le menu sont angéliques :

Veillées de prières : très longues, ont pour but principal, non pas de louer Dieu mais de terrasser le Diable, auteur de tous nos maux.
Messe et culte : ayant surtout pour avantage de gonfler les caisses de quête
Habillement analogue à ceux du couvent
Interdiction stricte de danser du zouk ou du slow coller contre un garçon viril
Interdiction formelle de ne pas être ami avec une bouteille d’alcool
La fréquentation des bars et night club très chauds de la capitale sont prohibés
Organisation des concerts ; mais on ne chante et ne danse que le psaume 51 « Pitié pour moi, Dieu, en ta bonté, en ta grande miséricorde efface mon péché ».
Représentez-vous ce décors festif et vous ne serez pas loin de ce que c’est que le paradis, où perché sur un nuage, habillé en boubou blanc, armée d’une lyre, vous chanterez à jamais les merveilles de Dieu.
Mais les merveilles de Dieu pour ce que j’appelle à tord la raison profane, ce sont d’abord la jouissance sur tous les plans.
Heureusement que la plus grande majorité des togolais opte pour cette raison profane.
Ainsi l’ambiance était-elle électrique, surchauffée et suffocante !

Des concerts tout azimuts : le summum de ces concerts était celui fait par King Messan, artiste togolais de chanson avec ses pairs Toto Patrick, Risher Kethe’T, Kossi Apeson, Omar B et Mme Pasteur ABITOR. Le stade de Kegue où a eu lieu ce concert le 26 décembre, était plein à craqué, sans compter les soirées explosives dans les night club de la capitale.

La plage de Lomé, la plus belle sur la côte ouest africaine, s’inonde de monde dont la plupart jeunes se retrouvent en sweet-party loin des regards inquisiteurs des parents.
Pour marquer ces ambiances euphoriques, les avenues, boulevards et rond points sont décorés avec arts et doigtés.

Autorisation formelle de consommer à volonté. Restriction uniquement pour celui qui conduit demeure une règle parmi les groupes de jeunes.

La « consommation » du sexe est le couronnement de cette ambiance.

Tout est fait sur presque tous les plans pour offrir à l’homme-loméen la possibilité de jouir de toute la richesse que Dieu sont créateur à mis en sa disposition et au fond de lui-même. Inutile de vous dire en détails cette ambiance endiablée. Je risque de dévoilés les petits secrets insolites. Mais cette ambiance se résume en ce que : nous mangeâmes,nous chantâmes, nous dansâmes, nous cuvâmes, nous… La liste de ces verbes tant désirés est évidemment sans fin et libre à tout un chacun de vous.
Tout compte fait, ces deux raisons festives qui sont à l’origine de ces deux ambiances décrites ci-dessus ou bien que nous avons vécu entre le passage de 2010 à 2011, ne sont pas aussi retranchées l’une de l’autre qu’on aimerait le croire.
Il y a un phénomène de migration qui se déroule entre elles. Mais beaucoup de ces esprits religieusement platoniques se rendent compte que l’homme n’est pas seulement fait d’esprit mais aussi de corps. D’où une plus importante migration de la religion vers le profane.
Le profane aussi n’ayant au fond rien contre Dieu, le prie lui à sa manière humainement divine espérant que ces moments d’ambiance de fêtes estivales reviennent plus vite.


Quelques repas locaux de fêtes

Si vous salivez à l’un de ces repas, informez-moi. Grand cuisinier amateur que je suis, je vous enverrai le menu en détails. Mais pourquoi ne pas faire un tour à Lomé!!!

Pâte à base de maïs avec la sauce Adémè (indispensable pour la réussite d'une fête)
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Foufou en préparation
Dzékoumè (Pâte à base de maïs nécessairement avec un poulet ou des petits poissons)
Un bon plat de riz ne s'oublie jamais!!!


Le caractère satanique des naissances gémellaires chez les Ewé

    1. Le caractère satanique des naissances gémellaires chez les Ewé 

      Dans un commentaire que j’ai fait suite à l’article intitulé Tradition: le sort des jumeaux à Mananjary publié par Ariniaina, j’avais promis de revenir sur ce sujet en parlant de la conceptions qu’on les Ewé à propos des jumeaux. Car ce sort réservé aux jumeaux est un fait qui fait partie d’une pensée totalisante. Il faudrait donc qu’on puisse renter dans ces représentations et les comprendre. Ce n’est ainsi qu’on pourra vraiment trouver des arguments solides pour convaincre les détenteurs de ces coutumes.

      Ainsi j’aimerais simplement partager avec vous la représentation des jumeaux dans la pensée cosmologique (dans une perspective anthropologique) des Ewé de chez nous.
      Cette représentation qu’ont les Ewé de chez nous, comme vous le verrez, en fait n’est pas loin de la conception de ceux qui tuent les jumeaux. Seulement, chez les Ewé, au lieu de supprimer leur vie, il y a des rites et cérémonies qui aident à repousser ou bien à équilibrer le malheur dont est porté ces jumeaux dans la société. Mais tout d’abord faisons un bref aperçu du lien qui existerait entre Satan et l’homme dans la cosmologie Ewé.

      Les Ewes (ou Éwés, Évhés, Éoués) sont un peuple d’Afrique de l’Ouest. Ils vivent principalement au Togo et au Ghana. Ils parlent l’ewe. Il s’agit de l’ethnie majoritaire au Sud du Togo.

      Satan et l’homme dans la cosmologie Ewé

      La personne sert l’expression, à travers l’homme, de certaines forces qui se partagent le gouvernement de l’univers, et plus particulièrement des sociétés humaines. Elle est l’œuvre de puissances qui nous arrivent d’ailleurs ou que nous appelons du dehors, qui nous travaillent profondément, se manifestent par nos gestes et par nos voix, et réalisent à travers nous leurs desseins.

      Dans la mesure où les dieux ne sont qu’une représentation, le plus souvent imagé, de ces puissances, toute notre personne ou toutes nos personnes, peuvent être décrites en, termes de dieux, chacun affecté d’un coefficient proportionnel au degré de familiarité que nous avons avec lui, c’est-à-dire de pénétration en nous de la force qu’il symbolise.

      Apparentée aux dieux, bien que s’en distinguant très nettement, il est un certain type de puissance, à laquelle nous servons aussi de canal, constamment à l’œuvre dans nos personnes, et reconnue comme telle par de nombreuses civilisations. Il s’agit de la puissance représentée par le personnage de Satan ou du diable.

      Chez les Ewé la notion de Satan demeurait à l’arrière-plan de plusieurs rituels magico-religieux et se trouvait au fondement même de leur représentation du monde s’avérant ainsi indispensable à la compréhension de leur pensée et de leur religion traditionnelle.

      La création du monde
      Dans la cosmologie Ewé, l’idée de création s’est effectuée en deux temps. Dieu créa d’abord un premier monde imparfait, ne parvenant à exprimer que le mal, car il était placé sous la domination de Satan et sous le signe du feu. Puis, Dieu, sans anéantir le premier monde, dut le parfaire dans un second acte créateur, en le prenant comme la matière première d’un vaste plan devant aboutir à la prospérité de l’homme sur une terre féconde. Ce monde fut placé sous la royauté du fils de Dieu et sous le signe de l’eau. Mais dès lors, une lutte sans merci s’engagea entre le fils de Dieu et Satan, mettant en ligne les armées de l’un et de l’autre.
      Au premier monde correspond la terre stérile, le désert brûlé, la brousse non cultivée, l’humanité d’avant le déluge.
      Au second monde correspond la terre féconde, la verdure, les champs cultivés, l’humanité d’après le déluge.

      Les Vena, parents de jumeaux

      Une mère, comme d’ailleurs par extension un père de jumeaux, reçoit chez les Ewé, le qualificatif de Vena. Quant aux jumeaux eux-mêmes, ils se nomment des Venavi, c’est-à-dire des enfants (vi) de Vena.
      La première syllabe du mot vena n’est autre que « eve » qui signifie deux. Mais la seconde syllabe (na) a une signification plus complexe.

      Na en effet est tout d’abord, dans le langage culturel, une variété féminine d’adze, terme généralement traduit par « sorcier » mais qui désigne plus précisément l’entité ou l’esprit qui permet aux sorciers d’accomplir leurs mauvaises actions. Les sorciers sont eux-mêmes appelés des adze-to, c’est-à-dire des individus qui possèdent adze.
      Mais na est aussi un qualificatif de la femme, plus particulièrement de la femme d’avant, n’ayant pas directement engendré.

      Vena pourrait donc se comprendre comme la femme des origines ou la mère sorcière qui engendre deux. Et la naissance des jumeaux exprimerait ainsi sur le plan humain, le mystère le plus reculé de la création du monde par une déesse qui accoucherait d’une dualité primordiale aux propriétés sataniques : tout d’abord en engendrant les forces sataniques qui par la suite allaient collaborer, en s’y opposant à son œuvre.

      Quelques traits sataniques relevés dans les cérémonies des jumeaux

      Les interdits proclamés et les rituels mis en œuvre à l’occasion de la naissance de jumeaux, montrent que ceux-ci sont étroitement associés au complexe primordial : Satan, et nous renvoient ainsi aux plus profonds mystères des origines. Les jumeaux se voient ainsi attribuer une super-puissance ayant l’ambiguïté de la puissance diabolique. Les Ewé conçoivent donc la naissance des jumeaux comme l’irruption dans leur vie, de la dangereuse puissance satanique qui fut à l’origine du monde.
      Cette puissance, explosive et stérilisante, ne saurait être abandonnée à elle-même sans précautions.

      • Les jumeaux ont pour interdits de ne jamais faire le feu avec des bois épineux. Ces bois rappellent en effet la première création. Or on a généralement l’interdit de son totem ou de ce qui fut singulièrement lié à l’histoire de ses ancêtres.

      • Lors des cérémonies pour les jumeaux, on leur installe, selon les cas, un ou deux pots contenant des plantes magico-médicinales. Or, tandis que les cultes vaudous font généralement intervenir les plantes de la catégorie dzodzo (excitantes), puis des plantes de la catégorie fafa, (calmantes), il est remarquable qu’on ne fasse intervenir aucune plante dzodzo lors des cérémonies effectuées pour les jumeaux. Ceci se conçoit du fait que la puissance manifestée dans les jumeaux est le principe même du dessèchement et de la fièvre qui fut à l’œuvre dans le développement de la première création.

      Nous voyons donc bien que la représentation des jumeaux est intimement liée à la représentation du monde qu’on les Ewé. Même si les jumeaux ne sont pas tués chez les Ewé, ils ne sont pas aussi vu comme des personnes normales. Il y a toujours une certaine craintes dans les relations qu’on établie avec eux.
      Ce constat nous permet de tirer une conclusion évidentes pour tous ceux qui lutte pour la défense des droits de l’homme et de la dignité des personnes. Il est nécessaire sinon primordiale que les programmes de luttes contre des pratiques jugés inacceptables, soient fondé sur des études rigoureuses qui prennent d’abord en compte la manière dont s’élabore la pensée de ses cultures. Ainsi on peut aller en croisade contre ces pratiques sans frustrés les cultures. Ces cultures qui en fait ne sont pas nécessairement figées, et qui peuvent donc s’ouvrir à une « rationalité-autre », et au mouvement universel.

    Je vous propose cette bibliographie si vous êtes tenté d’approfondir le sujet

    De SURGY Albert, Les puissances du désordre au sein de la personne Evhé, in La notion de personne en Afrique noire, l’Harmattan, Paris, 1973, pp 91-118

    NUKUNYA G. K., Some underlying beliefs in ancestor worship and mortuary rites among the Ewe, in La notion de personne en Afrique noire, l’Harmattan, Paris, 1973, pp 119-130

    RIVIERE Claude, Mythes et rites de la naissance chez les Eve, in Annales de l’université du Bénin, Traditions togolaises, Editogo, Lomé, 1979 pp 41-55

    PAZZI Roberto, Eléments de cosmologie et d’anthropologie Eve, Adja, Gen, Fon, in Annales de l’université du Bénin, Traditions togolaises, Editogo, Lomé, 1979 pp 123-149


  • Appel d’un Africain à l’Armée Ivoirienne

    Appel d’un Africain à l’Armée Ivoirienne

    Côte d'Ivoire_Le Général Philippe Mangou Chef d'Etat Major lors de la revue des troupes le vendredi 07 août 2009

    A la veille de la réunion des chefs d’États de la CEDEAO au Nigeria, je lance un appel à l’Armée ivoirienne de déboulonner Laurent GBAGBO du pouvoir qui n’est pas sa propriété privée. J’invite donc les forces armées ivoiriennes à se désolidariser de cet Ivoirien Gbagbo qui usurpe le pouvoir au nom d’un faux nationalisme et d’une souveraineté tronquée.
    Forces armées de la Côte d’Ivoire, il vous appartient de sauver votre République en la protégeant des Gbagbo. Laisser ce soin aux forces internationales ou régionales seraient pour vous une honte indélébile. Le temps presse et la paisible population souffre, réagissez dans les plus brefs délais et votre blason ne sera que plus que honoré.

    C’est un cadeau des fêtes de fin d’année que vous offrirez à vos compatriotes Ivoiriens. Votre intervention aura l’aspect positif de ne pas trop verser le sang de la population innocente et d’éviter aussi une possible guerre civile entre les partisans des deux camps. Votre responsabilité est grande. Assumez-la!
    Monsieur Philippe Mangou, vous êtes Chef d’État Major, faites cesser la récréation.


    Lomé, la coquette, s’habille pour les fêtes de fin d’année

    Lomé, la coquette, s’habille pour les fêtes de fin d’année

    Monument Colombe de la Paix au centre ville de Lomé

    L’approche des fêtes de fin d’année ne laisse pas Lomé indifférente. Capitale togolaise, Lomé se prépare et se pare, se fait belle, élégante et charmante. Tout ceci pour donner un relief à ces fêtes.
    Dès le début du mois de décembre, certaines rues commerciales comme le carrefour Dékon et le grand marché Adawlato annoncent les couleurs.

    Fontaine lumineuse (carrefour situé au centre du quartier administratif de Lomé)
    Tout est alors bon pour la décoration. Des guirlandes tout azimut, des dessins…etc
    Le rond point où préside majestueusement le monument Colombe de la paix ou encore la fontaine lumineuse sans oublier le rond point du cartier administratif n’en sont pas du reste. Ces rond point et rues cette année sont décorés avec finesse riche en autant de couleurs. En fait nous pouvons dire que du moins la nuit notre ville n’a rien à envier à Paris. Même si vous me rirez au nez, venez et vous verrez !!! de papa Noël et des sapins sur des vitrines…et dire en fait qu’on ne comprend rien de ses sapins et de ce papa Noël ; les aimes-t-on peut-être parce que l’Occident les aime ? Dessin de papa Noël sur les vitrines des magasins
    Vendeuse de guirlandes au grand marché de Lomé

    Si l’Etat de son côté met ces apparats pour embellir Lomé, la belle, la coquette, les marchants, eux le font dans l’intention de s’attirer les clientèles. N’est-ce pas que chaque quartier, chaque maison et peut-être chaque chambre doit trouver ses maquillages.
    Très souvent, ce sont des vendeurs de CD, DVD qui diffusent à temps et à contretemps des musiques tonitruantes de Petit papa Noël.
    Le grand marché de Lomé se met elle aussi dans la danse, répandant le parfum des fêtes qui sont aux portes de nos portes monnaies.
    Des articles vestimentaires chinois pré-cousus à moindre prix ne manquent pas d’attiser la colère des couturiers. Ceux-ci voient leur clientèle diminué. En fait pour la plupart des Loméens, il est économiquement plus profitable d’acheter ces articles pré-cousus qui ne demandent plus l’achat des pagnes sans compter les frais de confection.
    Autant dire que ces fêtes à venir ne manquent pas de réveiller des protestations contre l’envahissement du marché togolais par la chinoiserie.
    Un autre fait est le bruit des pétards. L’année passée, le Ministre de la sécurité avait promis de punir sévèrement tous ceux qui seront appréhendés dans ces faits. Comme ces discours, plutôt que d’éradiquer ces velléités de jeunesse ne produisent que très souvent l’effet contraire, on ne sait pas si le Ministre aura d’autres beaux discours vigoureusement vigoureux pour venir à bout de ce phénomène.
    Etalage de petits explosifs (communément appelé bandits à Lomé) au grand marché de Lomé

    Tout compte fait, Lomé se prépare aux fêtes de fin d’année en se déguisant. Oui en se déguisant parce qu’entre l’être et le paraître le fossé est vertigineux.
    Mais avant de dire la différence entre l’Etre de Lomé et le Paraître de Lomé, mettons nous d’abord d’accord sur le mot déguiser . Déguiser, c’est travestir une personne, c’est cacher, dissimuler. Dans le théâtre c’est l’équivalent du masque : une figure de carton qui dissimule les traits réels. C’est en fait rendre méconnaissable. C’est aussi se monter tout autre qu’on est, c’est-à-dire apparaître. Voilà le rôle qu’on fait jouer à ma ville à l’approche de ces fêtes. Voyons donc à présent ce que c’est que l’être de Lomé.
    L’être de Lomé, ce sont les routes malpropres ou les troues et les poussières se disputent à qui mieux-mieux.
    Mais comme la nuit tous les chats sont gris, on peut quand même croire que c’est la vraie Lomé, la Lomé Idéelle qui se trouverait dans le monde des Idées de Platon qui aurait surgi abracadabra.
    Route bitumée il y a moins de 3 mois. On peut aperçevoir de loin un nuage de poussière

    L’être de Lomé, la capitale togolaise, c’est aussi ces portes-monnaies de ses habitants vides. Les Loméens, depuis les crises socio-politiques successives à partir de 1990, relativisent désormais les dépenses excessives de ces fêtes.
    Tous ces apparats et divers articles des magasins et autres font certainement plaisir aux yeux, attisent les désirs de possession et de consommation ; mais que faire devant les poches vides !
    Autrement dit, Lomé se prépare aux fêtes de fin d’année mais entre l’être et le paraître de Lomé, ma capitale, le fossé reste irréconciliable.
    Nous ne sommes pas particulièrement contre toutes ces facéties d’art d’embellissement de Lomé. Seulement si Lomé, notre ville que nous aimons tant pouvait simplement être naturellement belle !!! Et peut-être qu’elle sera encore plus belle, si nos compatriotes arrivent à subvenir à leurs besoins élémentaires et voient leur pouvoir d’achat augmenter.


    La Sorcellerie : Illusion collective ou réalité obscure ?


    Danse macabre des sorciers (peinture)

    Ce beau matin dans notre quartier Bè à Lomé, nous nous sommes réveillés par des cris de disputes inhabituels.
    L’auteur de ces cris n’est d’autre qu’une femme voisine de notre maison. Elle était malade il y a plus de deux ans. Sa santé s’était détériorée et elle connaissait depuis peu amaigrissement prononcé.
    Ce matin là, armée d’une machette, elle se dirigea résolument dans une autre concession pas loin de la nôtre.
    Son motif ou sa raison belliqueuse réside dans un rêve qu’elle vient de faire. Dans ce rêve, elle prétend avoir vu une femme dans cette concession qui serait à l’origine de sa maladie.
    Cette femme du nom d’Akouvi, est une vieille dont l’âge avancé aggravé par le fait qu’elle ne fréquente aucune église chrétienne était même déjà la cause des soupçons de sorcellerie à travers des demi-mots et des ouïes-dires.
    Ce matin-là, c’était une honte inimaginable pour la vieille femme ainsi que pour toute sa famille. Elle fut accusée publiquement de sorcellerie sur la base d’un rêve.
    Un an après, la femme-accusatrice décéda avec tous les signes reconnaissables du SIDA.
    Selon des analyses claires et sans équivoques, cette femme était atteinte du V.I.H. mais jusqu’à présent, bien que la cause de sa maladie soit connue, personne des proches de sa famille n’est venu démentir aussi publiquement que l’accusation, les faits portés contre la vieille femme.

     

    Un autre fait qui c’est déroulé à Aného, autre ville du Togo, nous laisse aussi interrogatif sur la question de la sorcellerie.
    La dame Akuvino âgée de 78 ans était tombée malade. Maladie qui d’après les guérisseurs l’emportera manu-militari dans l’autre monde.
    Mais durant les trois jours qu’avait duré son agonie, elle ne cessa de se livrer à des récits macabres ; confessant tous ceux qu’elle a tué grâce à la sorcellerie. Entre autre ces récits, elle raconta que c’est depuis son enfance qu’elle accompagne fréquemment sa mère dans des réunions nocturnes en haute forêt. Durant ces réunions, dit-elle, ils font des rituels divers parmi lesquels la consommation de la chaire humaine (ou de la force vitale).
    Elle raconta aussi qu’elle était à la base de la stérilité de sa coépouse et finalement de sa mort ainsi que des situations difficiles de la famille.
    Lors de ses funérailles, ces récits ne manquèrent pas d’alimenter les conversations où chacun y met de son piment.


    Ces faits récurrents au Togo, en Afrique et même partout ailleurs (on se souvient de la chasse aux sorciers que l’Eglise catholique organisa par le moyen de l’inquisition en Europe et surtout en Espagne), méritent qu’on s’attarde un peu sur la question de la sorcellerie et, peut-être suite à nos échanges, réviser nos conceptions à propos à travers quelques questions fondamentales : La sorcellerie existe-elle réellement ? Par quel mode peut-on l’acquérir ? Son existence relèverait-elle de l’illusion collective ou de la connaissance objective ? Pourquoi tout le monde n’en a pas ? Comment les sorciers opèrent-ils, quand et quel fait peut-être qualifié de fait sorcier ? Qui généralement est soupçonné ou accusé de sorcellerie ? Et peut-être aussi la grande question qu’on devrait se poser au début, mais qui serait mieux à la fin, puisque une fois ces questions ébréchées, nous verrons certainement claire : Qu’est-ce que la Sorcellerie en somme ?
    Sans prétendre répondre à ces questions sur lesquels, j’espère, porterons nos échanges, je vous présente ce portrait du sorcier (Source : THOMAS Louis-Vincent, LUNEAU René, La terre africaine et ses religions, Paris, L’harmattan, 1986, p78):
    Sorcier (équivalent de Witch en anglais)

    Danseurs ballouks Sénégal

    Etat psychologique: Inconscient de son état et de ses actes. Animé en fait par une force incontrôlable

     

    Responsabilité: Responsable devant le groupe

    Motivation: Pas de motivations objectives (ou du moins plus rarement). Accomplit ses actions malfaisantes de façon quasi permanente.

    Etat spirituel: Surtout un état. Le sorcier (witch) est possédé ou habité par une entité malfaisante, que décèlent, sous forme de symbole matériel, la divination ou l’autopsie.

    Mode d’opération: Agit par machination surnaturelle, indépendante de sa volonté (télékinésie, bilocation, métamorphose).
    Travaille à distance et n’a pas besoin de relais matériel (fantasmes de dévoration).

    Mode d’acquisition: Situation héréditaire, donnée par essence. Peut se confirmer (fait plus rare) par initiation.

    Comme l’affirme l’œuvre que nous avons déjà cité :

    La sorcellerie est une somme de fantasmes auxquels le groupe adhère. La victime existe, mais elle fabule. Et puisqu’elle accuse, il faut bien trouver l’agresseur. Or personne n’a jamais surpris le sorcier dans ses actions, pas même le voyant ou l’oracle ; personne n’a jamais assisté aux prétendus sabbats nocturnes. Mais puisqu’il est nécessaire qu’il ait un sorcier, on mettra tout en œuvre pour le découvrir caché sous des apparences d’un lion, d’une hyène, parmi ceux qui ont trop ostensiblement réussi ou échoué, parmi les êtres sans défense, le vieux qu’on accusera de vouloir régénérer ses forces en mangeant le double d’un enfant (…). Le pire, c’est que les oracles lui donnant tort, le pseudo-sorcier finira par admettre son crime et accepter l’accusation. Tout se passe comme si la sorcellerie n’était qu’un jeu théâtral que la société se donne à elle-même. (Ibid., p87)

    Toutefois, dans l’analyse du phénomène de » la sorcellerie, la polarité réel/imaginaire reste à définir.

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      Découvrez le retour d’Agboti Yawo: un musicien togolais de retour d’exil

      Agboti Yawo Mawuéna est un musicien togolais aimé par son style « rumba » sur fond de musique traditionnelle. Avec des message qui collent à la réalité, vite il s’était imposé sur le plan national et international.
      Accompagnant l’évènement de la démocratie au Togo avec la Conférence Nationale Souveraine de 1991, il a sorti un morceau intitulé Ablodé gbada c’est-à-dire « La grande liberté » que nous vous proposons d’écouter.

      Ablodé Gbadja D\'agboti Yawo
      Ceci lui a valu des rumeurs sur son possible assassinat qui lui fait quitter le pays.
      Après presque 20 ans d’exil il revint au pays avec et encore avec ce titre dérangeant. Comme quoi la démocratie n’est pas pleinement réalisée au Togo


      Le Portable ou la mésaventure d’AYEVIDE : quel statut pour le portable dans la vie d’un couple ?

      Le Portable ou la mésaventure d’AYEVIDE : quel statut pour le portable dans la vie d’un couple ?
      Comme son nom l’indique, le téléphone portable est porté dans tous les domaines relationnels des hommes et femmes. On le porte, le transporte et parfois même on dirait qu’il supporte tant bien que mal les humeurs et caprices de ces hommes et femmes.
      Il a bien transformé la vie des utilisateurs entre la nécessité de communiquer vite et bien et la galanterie faro-faro avec des marques et modèles multifonctionnels high-tech. Cependant le téléphone portable est aussi ces derniers temps à Lomé, la capitale togolaise, un élément de preuve d’infidélité ou d’histoires rocambolesques entre couple ou jeunes amoureux.
      Elles sont nombreuses ces couples qui se cassent, se fracassent ou s’entre-déchirent à Lomé à cause du portable. L’histoire d’Ayévidé n’est que représentative.
      Fiancé à Justine, le sieur Ayévidé a à l’égard de celle-ci toutes les attentions qui ne laissent planées aucunes failles d’infidélité. Sa franchise et ses comportements d’inattention aux autres fesses de la capitale, lui a valu la confiance sans borne de sa femme.
      Seulement une équation entre le futur ou presque couple reste encore irrésolue : peut-on utiliser le téléphone portable, encore plus s’aventurer en fouillant les menu annuaire ou message de son conjoint ?
      En effet pour le sieur Ayévidé, il n’en est pas question quelque soit la personne. N’est-ce pas que ce téléphone est appelé cellulaire c’est-à-dire seulement et uniquement un seul et unique utilisateur ? S’il ne l’a pas dit avec force d’argument à Justine, sa future épouse, tous ces astuces : mots de passe, verrouillages…etc., pour qu’elle n’arrive pas à la satisfaction des velléités de jalousie inhérentes à tout amoureux, restent démonstratifs.
      Mais ces protections ultra-verrouillages de son portable ne firent qu’attirer et aiguiser la curiosité et les soupçons de sa fiancée : que me cacherait-il ?
      Finalement Justine trouva la clé de la boîte de Pandore. N’est-ce pas qu’on dit souvent qu’il n’y a de plus rusé que la femme ? Une fois la messagerie du téléphone portable de son fiancé passé à des analyses logico-amoureuses, toute sa confiance, toutes ces cartes de fidélité dont jouissait monsieur Ayévidé, se sont effacées comme dans un songe.
      Actuellement vu la gravité des messages que Justine a lu, le mariage qui était normalement prévu dans les six (06) mois après leurs fiançailles, est repoussés sine die en attendant la résolution de cette affaire par le conseil familial.
      Comme ce couple, le téléphone portable contribue parfois à connaître le vrai visage ou mieux la face cachée et des domaines privés bien dissimulés. Le sieur Ayévidé en a fait les frais comme quoi le portable n’est pas un ami fiable pour garder les secrets.
      Toutefois, la question reste toute posée et entière : quel statut doit prendre le téléphone portable dans la vie d’un couple ? Ou même de façon général, doit-on explorer le menu du portable d’un autre ?


      Bagarre à L’assemblée nationale au Togo: « Si tu as des couilles, viens pour qu’on s’en explique »

      Bagarre à L’assemblée nationale au Togo: « Si tu as des couilles, viens pour qu’on s’en explique »
      Ce 17 Novembre est désormais rentré dans l’histoire de notre pays. Pour la première fois, les députés ont failli venir aux mains.
      , qui a failli décocher quelques coups de poing au président de l’Assemblée Abass BONFOH,.
      En effet, suite à la dernière élection nationale, le pays connaît une crise politique sans précédent.
      La tendance Fabre qui, a boudé l’accord que Gilchrist Olympio a signé avec le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), parti au pouvoir, en désaccord avec sa base électorale, a crée depuis leur parti politique.
      Sur les 27 députés que comptait le groupe parlementaire UFC (Union des Forces de Changement), 20 ont rejoint Jean Pierre FABRE, en créant un nouveau groupe parlementaire ANC.
      Se sentant lésé et mis en minorité au parlement, Gilchrist Olympio envoie au président de l’Assemblée nationale, un document moral que ces ex-députés qui ont rejoint l’ANC avaient signé, afin qu’on les démet de leurs fonctions de députés. Choses autant rares que bizarres qui ne respectent en rien la Constitution et donc la République.
      C’est sur la communication de cette prétendu lettre de démission que le concerné qui ne reconnaît pas avoir signé une quelconque lettre de démission, que celui-ci c’est précipité sur le président de l’Assemblée, créant une polémique de plus sur la capacité dudit président à conduire cette institution républicaine.
      En attendant la prochaine assemblée plénière, le groupe parlement ANC compte déjà porter plainte pour faux et usage de faux.


      8ième Foire internationale Togo 2000

      8ième Foire internationale Togo 2000

      La Foire internationale Togo 2000 c’est ouvert hier à Lomé.
      Elle se déroulera du 19 au 6 Décembre et rassemble déjà plusieurs stands qui sont venus de plus de 13 pays.
      C’est une période qui nous permettra de découvrir d’autres cultures et savoir-faire mais aussi et surtout de créer des liens sur le plan artistique et économique.


      Concours d’Agrégation en Médécine

      Du 04 au 09 de ce mois, le Campus Universitaire et le Centre Hospitalier Universitaire de Lomé (Togo) ont servi de cadre au Concours d’agrégation en Médecine et en Biologie. Ce concours, 15è dans son genre ,organisé par le Conseil africain et malgache d’enseignement supérieur (CAMES) a vu la participation de nombreux candidats au nombre de 151 venus de 12 pays sur les 17 membres du . Ils briguent le grade universitaire de maître de conférences agrégé ou de professeur dans les 6 sections. Ils sont 48 en médecine, 50 en chirurgie, 18 en sciences fondamentales et mixtes, 17 en odontostomatologie puis 1 en médecine vétérinaire et productions animales.
      Le Togo, pays hôte pour cet évènement intellectuel , a présenté 9 de ses fils dont 5 sont admis à la fin du concours.