Charles Lebon

Afrique du Sud : Du pénis et des couilles de Zuma

 

La toile The Spear et un ancien fetiche africain

Le pénis gouverne l’histoire. Telle est la conclusion vers laquelle on peut prudemment ou imprudemment s’aventurer si on est un apprenti sorcier de Hegel en mutation chez Freud en s’intéressant à la phénoménologie du pénis -…hum!- dans les rapports interhumains sur la planète Terre et surtout dans les palais présidentiels en Afrique noire.

Il est tout à fait vrai que le pénis, ah…le sacré pénis, a une histoire une très longue histoire qui a toujours mis en mal la sérénité des villages, des communautés où les vieux gardiens des us et coutumes ne s’empêchent pas parfois de mêlés à leur sagesse des vices érotiques. Ces vieux, ces anciens le jeune prophète Daniel, dans l’affaire de Suzanne, les interpelle rudement: « vous qui avez vieilli dans le mal » Daniel 13 :1-64.

 Dans le jeu des rapports interhumains, le pénis, que dis-je, le pénis et les couilles, la libido diront les freudiens non seulement a toutes sa place mais se révèle aussi comme l’élément essentiel de ce jeu. Même si les pauvres, qui n’auraient de distraction que de sexe, pouvaient être nonchalamment pointés du doigt, il n’en demeure pas moins que la dialectique du pénis -entendez « l’art de faire du pénis, un programme de gouvernance » se construit au mieux dans les couches les plus aisées, chez ceux qui ont le lait et l’argent du lait,  chez ceux qui ont  toutes les pointures féminines du quartier. Une dialectique qui trop souvent se hisse au sommet de nos Etats.

 Dans la lignée des rois juifs, Salomon resterait la star historique inégalée connue en nombre de femmes et concubines grâce au don de sagesse et aux richesses que le bon Dieu lui aurait généreusement accordé. La bible nous apprend qu’il « eut sept cents épouses de rang princier et trois cents concubines et ses femmes détournèrent son cœur » 1Roi 11 :3.

 Toutefois nos chefs d’Etats Africains peuvent aussi, bien sure sans vouloir atteindre le sommet du roi Salomon, se targuer d’être en matière du sexe les mieux « développés » par rapports à quiconque. Autant dire que le facteur sexe doit prendre toute sa place dans les indicateurs de développement afin de mieux rééquilibrer le classement des pays développés et sous-développés.

 Au Togo par exemple, le régime de Faure Gnassingbé, mieux que son père alias Baobab, consacre des milliards de francs  pour le budget-sexe. Face à la France certainement qui n’en a pas, faute d’un DSK à la présidence, on ne peut  donc pas dire que la France est tout à fait un pays développé. A la présidence togolaise, dans l’intérêt supérieur de la nation, nous nous consacrons au développement du sexe. Le pénis a toute sa valeur. Oui chez nous, le pénis et les couilles sont tout un projet de développement plus urgent que le chômage et la précarité.

 Zuma qui trône à la tête de l’Afrique du sud, un pays qui veut bien être le leader du continent noir, ne peut quand même pas se laisser dépasser par un petit de la taille d’un Faure Gnassingbé ?

Ayant entre 4 et 6 épouses  et environ 18 enfant sans compter les concubines et les enfants inconnus -noté bien que c’est toujours difficile d’avoir le nombre exact de femmes et de progéniture d’un polygame-, le président Zuma peut encore se dire: « mais vous n’allez quand même pas m’en vouloir…hein….regarder mon voisin Mswati III, roi du Swaziland qui choisit chaque année une ou plusieurs nouvelles épouses parmi des milliers de jeunes vierges qui défilent devant lui les seins nus….laissez moi donc tranquille….jaloux « .

Le president Zuma joyeux parmi ses femmes

 Ainsi si la normalité dans plusieurs palais présidentiels de l’Afrique noire est de gouverner avec le pénis, comment comprendre alors la colère du président Zuma, de son parti l’ANC, du superpuissant central syndical Cosatu et même  des femmes de son parti qui à mon avis devraient être heureuses et chaleureuses face au bangala de leur ténor mis en exergue?

 Malgré les précisions de  Brett Murray, qui affirme que sa toile, intitulée The Spear « la lance », « a une signification plus large que Zuma lui-même. Il traite du pouvoir, d’avidité et de patriarcat », Zuma et ses amis, qui certainement dans les couloirs font des déductions ironiques à propos de la taille du pénis de la toile par rapport à la réalité qui se cache sous le pantalon du président, rien n’y fit: la polémique continue de plus belle.

 Le camp Zuma accuse l’artiste Blanc d’avoir fait un tableau raciste parce qu’il montre le président Jacob Zuma les parties génitales à l’air ce qui seraient contre les valeurs africaines.

Ceci dit, on ne peut assister à cette controverse bien rigolote sans rappeler au clan Zuma

Phallus sculpté à Délos (mer Égée)

que les représentations phalliques sont tout a fait à leur place dans les valeurs et religiosités africaines.  Voici une explication élémentaire du symbolisme phallique que Wikipedia nous donne : « Le symbolisme phallique est le symbole de la virilité et de la fécondité. Dans de nombreuses civilisations et dès l’Antiquité le pénis était par exemple associé à des divinités comme Osiris ou Bacchus. Dans certaines tribus des Indiens d’Amazonie, la taille du phallus est directement liée au rang social. Les hommes mettent ainsi un étui pénien indiquant leur rang social ».

 

Mais ceci étant, on peut se demander d’où nous viendraient d’ailleurs cette honte de la nudité ? Comme nous le rappel Lejeune: «  la pudeur n’est pas si intéressé qu’on le prétend au recouvrement des parties sexuelles » (La représentation sexuelle en religion, art et pédagogie : 476)

 Au mieux je souhaiterais que cette masse de manifestants qui  quand même à la joie de défiler contre « monsieur le pénis », organise des phallophories avec procession de la toile controversée pour rendre hommage au dieu Zuma-Dionysos.

 Si telle n’est pas l’avis du président Zuma et de ses coalisés, je ne vois pas autre lecture réaliste et réelle de la toile que celle que la victime lui-même en donne: « le tableau me dépeint comme un homme à femmes qui n’a pas de respect, (…) un abuseur de pouvoir, corrompu et souffrant d’ineptie politique ».

 En saisissant ces dernières lignes de ce billet, je laisse la place aux psychologues de nous décrire de tels propos qui à mon avis ne peut être qu’une révélation objective de soi-même.

 

 

 

 

Bibliographie :

Lejeune G. La représentation sexuelle en religion, art et pédagogie. In: Bulletins de la Société d’anthropologie de Paris, Tome 2, 1901. pp. 465-481.

Bible, Version de Jerusalem


Malaise dans la cité: revue de l’actualité togolaise

Proclamation de foi au monument de l'independance

Tandis qu’au Sénégal, le peuple passait outre les valeurs traditionnelles africaines en arrachant le tabouret, ce précieux tabouret présidentiel, au dessus duquel était assis le vieux sage Wage, tandis que le peuple francais nous démontrait que même avec les urnes, son âme est profondement révolutionnaire, tandis qu’au Mali et en Guinée-Bisseau, les armées africaines nous confirmaient qu’ils sont des handicaps pour l’expression souveraine des peuples, le Togo, petit pays mais grand par ses hommes, ne cesse de souffrir d’un malaise essentiellement dû à sa situation socio-politique.
Pour vous permettre de faire une idée sur la situation, je vous présente par cet article quelques évènements clés de l’actualité de ces derniers mois qui décrivent mieux la situation délétère au Togo.

 

  • Dissolution du RPT, et création de l’UNIR:

Le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) qui a vu le jour un 30 Aout 1969 sous le général Gnassingbe, s’est eteint ce 14 Avril 2012 sous l’initiative de l’actuel chef de l’Etat et fils du général, Faure Gnasingbe. Ancien parti unique, le RPT a conservé le pouvoir depuis l’instauration du multipartisme en 1991. Il a porté Faure Gnagssingbé à la présidence deux fois successives lors des élections de 2005 et 2010 qui ont été entachées de violences et de fraudes massives.
Cette mort du RPT a aussitot enfanté un nouveau parti le même jour en présence de Faure Gnassingbe, l’Union pour la république, (l’Unir), dont il est le président provisoire.
Entre une volonté de rénover son entourage politique et l’attente des Togolais, cette manoeuvre politicienne n’augure rien de sain pour le peuple, sinon la poursuite de la confiscation de son pouvoir.
             

    •  Création du CST (Collectif « Sauvons le Togo »)


Un collectif rassemblant plusieurs forces démocratiques a été créé ce 4 Avril 2012 à Lomé. Dénommée « Collectif Sauvons le Togo », il rassemble des partis politiques notemment le Frac et l’ANC, des associations de la société civile et des organisations de défense des droits de l’homme (ODDH) et se donne pour mission de parvenir, dans une dynamique unitaire d’actions, à un changement radical de la gouvernance actuelle du Togo.

  • Profession de foi autour du monument d’indépendance

…Nous togolais, rassemblés en ce jour mémorable au pied du monument de l’indépendance,

Lieu symbolique du sacrifice de la lutte du peuple togolais pour sa liberté,

Nous nous engageons de nouveau comme nos Aïeux il y a 52 ans à libérer notre cher pays le Togo, de la tyrannie dans laquelle certains togolais l’ont….

Nous jurons, par cet engagement citoyen, dans la dignité, fidélité au serment de nos aïeux: « Tout sacrifier pour que vive et prospère le Togo, notre Togo, l’or de l’humanité ».

Cet extrait de la profession de la population togolaise sur l’initiative du CST ce 05 Mai au monument de l’indépendance, montre la soif d’alternance au pouvoir et le changement auxquels aspire le peuple togolais.

Rapellons que cette initiative avait été prevue pour le 27 Avril dernier, jour de la célébration de l’independance. Mais elle avait été violemment empêchée par les forces de l’ordre. C’est dans cette foulée de distribution de coup de matraques et de grenades lacrymogènes le journaliste Noel Kokou Tadegnon avait été agressé par des éléments des forces de l’ordre.

 

            

 

  • Des réformes politiques dans l’impasse

Reclamées par les forces de l’opposition, acceptées dans le principe et signées par le pouvoir dans le cadre du dialogue inter-togolais qui s’est déroulé sous le patronage du président Burkina-Faso Blaise Compaoré, les réformes institutionnelles et constitutionnelles prévues dans l’accord politique global (APG) signé en 2006 n’ont pas bougées d’un iota. Même la volonté cynique du président Faure de ressusciter le Cadre Permanent de Dialogue et de Concertation (CPDC) rénové, peuplé de plusieurs partis satellites n’y ont rien fait. Depuis son discours de la saint Sylvestre 2011, rien n’est fait. On est plutot dans du dilatoire.

Jean-Pierre Fabre, leader du principal parti de l’opposition l’ANC ne cesse de le rappeler: « les Togolais n’accepteront plus jamais que leur vote ne soit volé et que si les réformes ne sont pas entreprises, il n’y aura plus d’élections ».

Pour l’opposition, on est d’accord pour opérer des ré formes, mais pas à n’importe quel prix et surtout pas sans un large concensus.

C’est dans cette optique et dans le cadre des prochaines élections législatives qu’un projet de loi portant code électoral et un projet de loi organique fixant le nombre de députés à l’Assemblée nationale, adoptés en conseil des ministres respectivement les 18 et 30 avril 2012 fait actuellemnt l’objet de vives critiques de la part de la classe politiques mais aussi de la societe civile.

 Le CST met déjà en garde le gouvernement contre tout passage en force : “Le Collectif « SAUVONS LE TOGO » rendra personnellement responsable le Chef de l’Etat des conséquences qui découleront de ce coup de force électoral. Il invite par conséquent le Gouvernement à la raison et à la sagesse, car le peuple togolais aspire à la paix.” et exige “le retrait immédiat et sans condition de ces deux (02) projets de loi de l’Assemblée Nationale” a-t-il déclare dans un communique ce 14 mai.

Le CAR (Comite d’Action pour le Renouve) dirigé par Me Paul Dodji Apevon, a quant à lui  mobilisé ce vendredi 18 mai les population de la préfecture de Yoto, à quelques 65 km au sud-est de Lomé contre ce qu’il appelle un « traitement injuste dont sont victimes les préfectures d’Amou et de Yoto dans le nouveau découpage électoral ».

  •  Décès répétitifs dans le milieu carcéral

 

De janvier 2012 à nos jour, au moins 17 décès à la prison civile de Lomé, révèle le quotidien togolais Liberté  avec à sa une une photo insoutenable montrant les conditions inhumaines dans lesquelles se trouvent les détenus.

Dans un communiqué rendu public ce 15 Mai, la Ligue Togolaise des Droits de l’Hommerappelle que les statistiques relevées au 12 décembre 2011, date à laquelle elle (LTDH) a rendu public son rapport thématique, sont très inquiétantes: la prison civile de Vogan est surpeuplée à 135% ; celle de Dapaong est surpeuplée à 190% ; celle d’Aného à 207% ; celle d’Atakpamé à 220% ; celle de Notsé à 269% ; celle de Lomé à 295%, celle de Tsévié bas le record avec une surpopulation excédentaire de 407%. Ainsi La LTDH “rappelle avec insistance le droit de toute personne, soumise à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement, d’être traitée avec humanité et avec le respect de la dignité inhérente à sa nature d’être humain.” poursuit-elle dans ce même communiqué.

 

Tous ces évènements qui ne sont qu’un échantillon de l’actualité togolaise,  sont des signes de l’échec d’une gestion quarentenaire et caduque  du bien commun qu’est le Togo et présage des lendemains incertains pour notre pays si Faure et ses druides politiques ne prennent pas la mesure de la soif du changement et de l’alternance qui animent le peuple togolais.

Pour l’heure, et comme je l’avait déjà précise dans un autre article, l’avenir de mon pays me semble de plus en plus sombre. Mais le père de l’independance et de la nation togolaise, Sylvanus Olympio, comme par prophétisme, nous a laissé cette phrase d’espoir à la veille de notre indépendance :

 

« Sentinelle ! Que dis-tu de la nuit ?

La nuit est longue mais le jour vient ! »

En tant que fils de ce beau pays, nous devons lutter et résister afin que l’espoir renaisse dans notre cité.


Sénégalais! Pincez tous vos koras, Frappez les balafons…!

Peuple sénégalais: Merci!

le peuple sénégalais à le devoir et la responsabilité de donner une bonne leçon à Wade et à tous les diablotins et marabouts qui l’entourent. En ce sens, je dis à l’opposition sénégalaise qu’il est encore temps de trouver en son sein les meilleures stratégies pour aider le peuple à ce résultat.

Je concluais par ces mots le billet dans lequel j’appelais ouvertement à voter contre la candidature de Wade.

Au lendemain de ce deuxième tour et la certitude qui sort des urnes en la défaveur de Mr. Wade, j’ai eu le sentiment que j’ai pas crie dans le désert. C’est donc d’un pas heureux et léger que je viens par ce billet dire simplement un Merci au peuple sénégalais.

  • Tout  peuple connait le chemin de son bonheur

Le peuple n’est pas toujours la « masse », la « foule », le « troupeau » aveugle et bruyant, sans logique et sans rationalité. Lorsque les conditions sont réunies, il sait choisir résolument le chemin qui mène à son bonheur. La volonté d’un peuple, n’allez pas le chercher dans cette foule qui danse et chante à la gloire d’un Mobutu Sese Seko ou d’un Gnassingbe Eyadema. Cette volonté du peuple, elle n’est pas non plus dans une quelconque révélation d’un marabout. La volonté d’un peuple n’est pas dans sa soumission.

La volonté du peuple s’extériorise lorsqu’il s’exprime. Et lorsqu’on ne l’entend pas, la révolution pacifique ou violente ou  l’urne transparente devient son crie. Le peuple sénégalais vient de voter. Le peuple sénégalais vient de crier.

Son cri est un Non. Un Non contre l’abus de la souveraineté qu’il octroie librement à qui  il veut. Même s’il semble parfois lent à réagir, il sait qu’il est immortel alors que ceux a qui il octroie sa souveraineté ne sont que de pauvres mortels. L’empereur Jean Bédel Bokassa Ier, Mobutou et Eyadema ne sont plus, mais leurs peuples demeurent et se rient bien de leurs glorioles.

Amis dirigeants, méfiez vous donc d’un peuple qui chante et danse car c’est sa meilleur façon de vous cacher le dard avec lequel il vous poignardera. Si vous ne l’écoutez pas, si vous ne vous pliez pas à ses désirs, si vous ne vous préoccupez pas de son bonheur, sachez qu’il connait le chemin qui y mène. Demandez à Wade, il vous en dira davantage.

Cependant pour que la consciente du peuple soit en éveille et vigilante face à la confiscation de sa souveraineté, il faudrait qu’il y ait un travail à même d’éclairer son intelligence. Ceci, Victor Hugo nous le dit plus fortement :« quand le peuple sera intelligent, alors seulement le peuple sera souverain.» (in Littérature et philosophie mêlées, 1834)

Le Sénégal vient de faire un grand pas dans sa marche de démocratisation. Toutefois, ce pas pourrait-être un pas de géant, si le vieux Wade était sorti par la grande porte. Quel n’aurait été la joie de l’Afrique Noire, tandis que des étourdis de militaires embastillaient la démocratie au Mali, de voir le retrait digne de Me Wade après avoir arbitré des élections entre d’autres ambitieux. On aurait pu au moins une fois en Afrique Noire faire de l’élection une partie de fête. Mais hélas, le vieux n’a pas voulu de soirée  tout simplement parce qu’il ne pourrait pas se déhancher comme les jeunes. Alors il nous a foutu la merde!

L’attente du peuple envers le nouveau président est donc en tout premier de ne pas emboiter les pas du vieux. Le nouveau président doit se souvenir qu’il est un président par défaut. Le peuple sénégalais a beaucoup plus voté contre Wade que pour Macky. Il lui restera donc d’acquérir la confiance de se peuple en l’écoutant plutôt que de se faire chatouiller les oreilles par des marabouts .

Il doit aussi savoir que le peuple attend autre chose de lui que l’érection d’un monument de renaissance.

Le peuple est un barbier qui ne manque pas de raser ses clients à tour de rôle les uns plus drôles que les autres. A chacun de mériter sa barbe. Wade a déjà la sienne. Macky ne doit pas en avoir une plus répugnante que celle de Wade.

Le nouveau président a le devoir de porter plus haut les aspiration de ce peuple, les aspirations de nous jeunes Africains vers un bien-être socioculturel qui permettra l’éclosion de projets authentiques pour une renaissance africaine. Au lendemain de son élection je n’ai pas trop de mots que ceux de Joseph Arthur de Gobineau: « un peuple a toujours besoin d’un homme qui comprenne sa volonté, la résume, l’explique et le mène ou il doit aller.» (Essai sur l’inégalité des races humaines, 1853-1855)

A tout le peuple Sénégalais et à toutes l’équipe de #Sunu2012 qui a fait un travail formidable sur les réseaux sociaux notamment sur twitter et l’equipe de blogueurs et journalistes pilotée par la RFI sur place, je dis un Merci!

Mais n’oublions que la bataille n’est qu’à son début. Ne baissons donc pas la garde!

 

Hymne national du Sénégal :

« Pincez tous vos koras,
Frappez les balafons,
Le lion rouge a rugi,
Le dompteur de la brousse
D’un bond s’est élancé,
Dissipant les ténèbres,
Soleil sur nos terreurs,
Soleil sur notre espoir.
Debout, frères !
Voici l’Afrique rassemblée.»


Sénégal 2012: Wade, mon amertume amère!

En prenant mon stylo, je revoie défilées devant mes yeux les images de ce jour triomphal pour tout le Sénégal, pour toute l’Afrique.
Wade, en effet, venait d’être proclamé président élu du Sénégal. Non, c’était pas le président sortant, ce n’était pas le président-organisateur qui vient d’être ré-élu! C’était un opposant de longue date!

Ce jour, le Sénégal chantait et toute l’Afrique dansait.
Ce jour, nous Togolais, qui ployions sous une dictature quarantenaire d’Eyadema, espérant l’alternance comme les Juifs, un messie, redonnions force et vigueur à nos rêves, à nos combats.

En fait, la terre avait tremblé au Sénégal et nous espérions que ses secousses et ses répliques atteignent les fondements des autres dictatures africaines et les engouffrent.

Cette élection présidentielle du 27 février et du 19 mars 2000 qui s’est conclue par la victoire au deuxième tour de Maître Abdoulaye Wade constituait un cas salué comme tout à fait exceptionnel.
Les commentaires élogieux de la presse écrite et parlée, non seulement nationale mais étrangère, chantaient la « victoire de la démocratie » au Sénégal.
Wade devenait en effet en ce jour le symbole de la démocratie et la fierté de tous les opposants africains.

Mais aujourd’hui, ma déception envers Wade est à la mesure de l’espoir qu’il a suscite. Toutefois n’est-ce pas qu’à quelque chose, malheur est bon? La dérive de Me Wade peut être une leçon.

Mais ici la leçon à retenir voudrait que nous nous imprégnions d’une dose suffisante d’existentialisme. Si l’homme existe et se définit après, nous devons seulement prendre acte des nouveaux qui prennent le pouvoir et ne définir ce qu’ils sont qu’après exercice du pouvoir. Parfois à trop crier victoire très tôt, à trop mettre confiance en l’homme au début, on ne finit par récolter que des déceptions à la taille de Wade.

Il est tant que les peuples se réveillent et surtout les intellectuels pour que nos militantismes n’aient pas pour définition le nom d’un individu ou des démonstrations tordues, dithyrambiques et partisanes.

Et ceux qui soutiennent le vieux Wade, ont certainement le diable dans leurs caleçons, pour vouloir construire un pays avec un nonagénaire.
J’ai trouvé un peu curieux et rigolo cette louange que l’hebdomadaire en ligne le Messager a consacré à Me Wade:

“Nous avons tous et toutes besoin, sans conteste, d’un homme ou d’une femme aux mains expertes, grâce à qui le gouvernail ne tremblera pas, capable de dépassement, un homme ou une femme de paix, de dialogue, connaissant bien la valeur de la concorde nationale et qui nous mènera vers des lendemains meilleurs pour tous. En tout cas, la vie politique, le combat héroïque, le bilan inégalable en dix (10) ans et le parcours historique de notre charismatique et Illustre Candidat, le Grand Bâtisseur, l’infatigable pacificateur, Maître Abdoulaye WADE, accompagneront nos compatriotes dans leur recherche du meilleur profil, entre le Concret et le saut dans l’inconnu, le rêve et la réalité, la Paix et l’inutile confrontation.“

Mais c’est à croire qu’au pays de la Teranga, il n’y a plus personne, aucun digne fils ou fille du Sénégal, à part Wade, qui puisse mieux gouverner? Donc Après Wade, nous devons certainement attendre le chaos? Non, chers griots à la solde de Wade et de ses sbires, arrêtez l’idiotie et faisons place à la réflexion.

La leçon de Wade, c’est que nous devons renouveler notre pensée politique et commencer sérieusement par rêver pour notre continent.

Lorsque Me Wade déclare ceci au service français de la voix de Amérique reproduit par Jeune Afrique: « J’ai le droit d’être président. Je crois qu’il y a des gens qui réclament la démocratie et qui ne sont pas des démocrates. Il faut laisser la voix au peuple sénégalais  » en ajoutant « Que chacun se présente et que le jeu soit ouvert, qu’il n’y ait pas de tricherie« , il ne fait que souligner sa petitesse d’esprit commun à la plupart des intellectuels et hommes politiques africains.
Ce que nous voulons pour notre continent, ce n’est pas le formalisme mais la sagesse dans le formalisme. J’entends ici par formalisme l’application stricto sensu de toutes les règles qui régissent l’organisation et la gouvernance d’un peuple.
De ce fait, la candidature de Wade est en soi un péché contre la jeunesse et une insulte à la capacité des autres hauts dirigeants de son propre parti à lui succéder.
Je ne demande pas à Me Wade d’être Nelson Mandela, mais d’être plus que Nelson Mandela. Et cela, il ne l’a pas compris. Il préfère être petit.

Mon objectif n’est pas de revenir sur les critiques contre sa candidature. Mais je crois que cette candidature après celle avortée de son fils Karim, les arguments farfelus et fallacieux d’ici et là de ses druides politiques, ressemblent beaucoup plus à une gaminerie qu’à des agissements responsables d’un digne vieux Africains parvenu à l’âge de la sagesse.

Il est vrai que je ne peux pas demander à autrui d’être ce qu’il n’est pas, surtout lorsque c’est un opposant qui longtemps a lézarder les murs présidentiels avant de conquérir le pouvoir. Mais de grâce que cet autrui arrête de foutre le bordel dans notre cite commune et de servir la honte sur la place publique.

Toutefois en considérant ces propres déclarations précitées, le peuple sénégalais à le devoir et la responsabilité de donner une bonne leçon à Wade et à tous les diablotins et marabouts qui l’entourent. En ce sens, je dis à l’opposition sénégalaise qu’il est encore temps de trouver en son sein les meilleures stratégies pour aider le peuple à ce résultat.

En attendant Fevrier 2012, mobilisons-nous avec un seul mot d’orde: TOUS CONTRE WADE!


Togo: Une pluie de gaz lacrymogènes s’abat sur les Lycéens à Lomé

[youtube ZcXNnycGceI 525 354]

Les forces de l’ordre ont encore fait preuve de barbarie ces 13 et 14 décembre en dispersant violemment des lycéens à coup de gaz lacrymogènes. Selon des témoins, il se pourrait même que  de balles en caoutchouc aient été utilisées contre ces lycéens, qui pour la plupart mineurs, ne manifestaient que pour réclamer le retour de leurs enseignants partis en grève.

Ces Lycéens, comme la vidéo le montre, manifestent et bloquent la route nationale n° 2 à Adidogomé, alors que les forces de l’ordre interviennent avec des gaz lacrymogènes dans l’enceinte du lycée.

Selon des témoins sur place, rien ne justifie une telle opération disproportionnée sur des mineurs d’âge à l’intérieur même de l’établissement scolaire.

Toutefois, les différentes poches de résistances,  les marches hebdomadaires de protestations de l’ANC (Alliance Nationale pour le Changement) menées par son leader Jean Pierre Fabre; les revendications des étudiants de l’Université de Lomé en Mai et Juin de cette annee; le bras de fer des médecins; la fronde de la ville de Kara menée par les etudiants de l’universite de Kara, le fief du parti au pouvoir, cette semaine  et l’entrée dans la danse des protestations des lycéens de Sokodé et ceux du Lycée d’Adidogomé qui s’étend déjà à tous les autres lycée de Lomé, ne sont que le symptôme d’un malaise plus profond: l’usure du pouvoir entre les mains d’un seul parti, d’un seul clan, d’une seule famille qui pendant plus de quarante ans  a fait plus de mal que de bien  aux Togolais.

Mais comme le dit Lao Tseu, un contemporain de Confucius, : « Quand le peuple ne craint plus le pouvoir, c’est qu’il espère déjà un autre pouvoir »

A bon entendeur demi-mot!


A Kara, les Étudiants “dé-construisent” le mythe du clivage Nord-Sud

 

image Republioftogo

La ville de Kara, longtemps tenue comme fief du pouvoir RPT étant la ville natale du feu président Gnassingbe Eyadema, et le symbole des théoriciens politiques du clivage Nord-Sud, connaît un mouvement de contestation sans précédent depuis le debut de cette semaine sous l’initiative des Étudiants de l’Université de Kara.

Les étudiants de l’Université de Kara, situe  dans la région septentrionale à 430 kilomètres de la ville de Lomé, réclament de meilleurs conditions d’études. Les revendications remettent en cause le système d’octroi des bourses. Ils contestent notamment les conditions d’octroi des bourses universitaires et des allocations de secours annoncées la semaine dernière en conseil des ministres.

“Nos revendications sont simples. Nous voulons une allocation de secours pour tous les étudiants sans exception et des bourses aux méritants”a déclaré le président du collège des délégués Franck Elegbede.

Prise en otage du prefet (photo prise par un etudiant)

Depuis ce matin on signale des échauffourées entre forces de l’ordre et des milliers de manifestants. Chassés de l’université par les forces de l’ordre, les manifestants soutenus par la population de Kara ont pris d’assauts les artères de la ville.
La poste, les domiciles de quelques barons du RPT, parti au pouvoir, les voitures des forces de l’ordre sont saccagés. Le préfet Kadja Abaloundjam séquestré pendant plusieurs heures; des pneus brûlés, les routes et la nationale N°1 barrées. Selon des témoins, les gendarmes seraient débordés face à la ténacité et à la détermination des manifestants.
Par solidarité, les Étudiants de l’université de Lomé, ont observé ce matin un sit-in qui s’est terminé par des pluies de gaz lacrymogènes.
Suite à ces mouvements, le gouvernement vient de décider de la fermeture provisoire de l’université de Kara.

Cependant au delà du caractère estudiantin de cette manifestation, c’est tout un schème psychologique collective qui se dé-construit pas rapport aux supposés clivages entre Nord et Sud.

Les discours ou les propagandes qui opposent le Nord au Sud a été une contorsion politique des colons occidentaux contre la lutte des indépendances. Dans cette même logique, les valets qu’ils ont mis au pouvoir depuis l’assassinat de Sylvanus Olympio jusqu’à nos jours continuent de surfer sur cette division chimérique, entraînant aussi l’opposition qui dans les années ‘90 s’étaient servie à cette sauce divisionniste.
Pour étayer ce mensonge, les résultats frauduleux des élections sont taillés afin de corroborer cette croyance. Par exemple aux dernières élections présidentielles, sur 122.845 votants dans la Kozah (Nord), Faure Gnassingbe du RPT obtient 118.259 voix soit plus de 96%.
Par contre dans la préfecture du Golfe (Lomé), sur 174.499 voix, l’opposition rassemblée obtient 105.951 voix soit plus de 60%.

De ce fait certains analystes n’ont de sources d’analystes ethnicistes que ces résultats fantaisistes pour soutenir leur théorie divisionniste Nord-Sud.
Même la forte représentativité des Kabye (ethnie du chef de l’Etat) dans la fonction publique n’est-elle pas un mécanisme du pouvoir pour s’assurer le soutien d’une frange de la population qui n’a pas dit son dernier mot?

Heureusement que ces discours ne sont que des discours à l’image de ces politiciens véreux et vicieux.

Aujourd’hui la ville de Kara, par la bravoure des Étudiants, s’exprime en dé-construisant le mythe qui l’a longtemps qualifié de ville acquise pour le pouvoir RPT. Et ce n’est pas la première fois. Même lors du coup d’État de quelques vieux généraux et de Faure Gnassingbe, la ville de Kara comme toutes les autres villes s’était embrasée.
N’est-ce pas que chassez le naturel, il revient au galop?

 

Le naturel c’est la misère que la majorité des Togolais ont en partage sans différence ethnique, puisque la misère n’a pas de visage. Le naturel, c’est cet animal intérieur qui gît au fond de tout homme et qui au moment opportun rassemble la multitude de nos différences pour engager le combat de la liberté.

Aujourd’hui cette manifestation au delà du cadre estudiantin, a le mérite de prouver aux Togolais que nous sommes, que le combat pour la libération est un voeu de tout Togolais qu’on soit du Nord ou du Sud, de l’Ouest ou de l’Est.


Afia Mala au bercail pour ses 37 ans de carrière musicale!

Après un parcours de 37 ans durant lequel elle a connu des succès qui l’imposent sur la scène internationale avec le mythique orchestre du Cuba l’Orquesta Aragon, la Diva togolaise, Afia Mala, dresse sa tente musicale au pays pour célébrer avec ses fans du terroir sa carrière musicale internationale.

C’est autour du thème : « Droit à la scolarisation de nos enfants et le bien être de la mère » que l’artiste a informé le public togolais de la célébration en grande pompe des 37ans de sa carrière par une tournée à l’intérieur du pays et des concerts VIP et public à Lomé. Cette annonce était faite lors d’une conférence de presse tenue dans la capitale togolaise le 10 novembre passé.

Afia Mala qui dispose d’une discographie de 8 albums, a préféré le Togo, sa terre natale pour abriter les activités marquant cet anniversaire tant attendu. « Cet évènement est le couronnement des succès de l’artiste Afia Mala après 37 ans de dur labeur. Ceci est une renaissance de toutes œuvres de l’Artiste, au sommet de son art et, qui offre à son public des concerts live, allant aux sources Salsa » a confié un membre du staff d’organisation de l’évènement.

La Diva de la musique togolaise, la plus cubaine des Togolais, était entoure d’une pléiade d’artistes à l’occasion: aux cotés de la diva un certain King Messan, Dama Damawouzan, en plus du chanteur béninois Vincent Ahéhé du groupe Poly Rythmo, Clément Mélomé (chef d’orchestre) et Pierre Loccoh (saxophoniste), toujours du groupe Poly Rythmo d’autres artistes togolais, Santy Dorim, Anaa Disseni, Finiki,Rosine B. pour ne citer que ceux là….

Dans son intervention lors de cette conferénce, le Directeur du cabinet du ministre des Arts et de la Culture, a « salué la grandeur de l’artiste ». Pour M. Akakpo Edoh, « 37 ans de carrière, c’est vaste ; et quand on parle des sommités de la musique togolaise, on ne peut jamais oublier de citer le nom d’Afia Mala, laquelle fait partie des artistes sur lesquels le Togo, qui a besoin de renaître, peut s’appuyer ».

Abordant son rapport avec le Togo, son pays natale, elle déclare :« je suis une ouvrière qui, depuis 37 ans, apporte sa part de contribution au noble chantier de développement du Togo ».

En effet, AFIA Mala, de son vrai nom Missohou Cathérine Mawulana, est sociale et dévouée pour la promotion de l’éducation des enfants au Togo. Elle créée la Fondation « Vie et Vivre » en 2007pour permettre aux enfants démunis d’avoir le minimum d’éducation du CP1 au CM2.

Elle a offert plusieurs dons au chevet des élèves de Vo sa localité : inscription gratuite des élèves démunis, distribution des fournitures scolaires, la construction des bâtiments scolaires.

Toutefois dans son périple musicale, a travers lequel, Afia Mala a connu des succès qui l’imposent sur la scène internationale avec le mythique orchestre du Cuba l’Orquestra Aragon, elle s’est sentie abandonner par son pays. « Mon pays ne m’a jamais aidé en tant que tel, mon pays ne m’a jamais envoyé nulle part pour le représenter. Mon pays ne m’a jamais payé un billet d’avion pour aller le représenter. Certains sont toujours partis représenter le Togo dignement aux frais du pays, mais moi, non » , a-t-elle souligné.

Mais cela ne l’a pas empêché de rêver pour son pays et d’être fière d’être Togolaise : « Mais je suis fière, parce que je sais que j’ai représenté mon pays. Je sais que j’ai fait quelque chose pour mon pays », a ajouté l’artiste.

Celle qu’on surnomme désormais la princesse des rives du Mono , compte faire de cette célébration, une fête de proximité avec tous ces fans du Togo.

Deux spectacles sont programmes: « une soirée VIP » à la salle de spectacle de l’hôtel Eda Oba le 16 décembre, et un second le lendemain au stade de Kégué ou elle partagera la scène avec plusieurs artistes nationaux et internationaux comme Pierre Claver Akendéngué, Awana Africa, Zéinab, Boncana Maïga et aussi le célèbre groupe béninois le Poly Rythmo.

Elle se propose également de faire le tour de toutes les régions togolaises pour leur apporter le message du thème de l’évènement : Droit à la scolarisation de nos enfants et le bien-être de la mère.

Pour ma part, je souhaite une bonne fête à l’artiste, dont la musique a, depuis ma tendre enfance, bercé mes nuits et mes rêves. Que ce retour au pays, puisse constituer pour elle un ressourcement en vu d’un nouveau départ. Je vous propose, pour vous mettre déjà dans l’ambiance festive, l’un de ses morceaux avec l’Orquestra Aragon:

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Lettre ouverte de protestation contre le Consulat de France au Togo

Frédéric GAKPARA, Directeur Général du CENTRE CULTUREL DENYIGBA Lome (TOGO)
 » Vous Distribuez des refus de visa pendant que vous profitez de notre beau soleil. Vous êtes pitoyable, Madame ! Dirigez-vous la France sur la base des subjectivités ou sur la base des lois ? LA SUPERCHERIE POUR ENTRAVER LA LIBRE CIRCULATION DES ARTISTES TOGOLAIS.
La France serait-elle toujours aussi ingrate ? Paierait-elle toujours ses « amis » en monnaie de singe, tout comme elle paye les enfants d’esclaves et les enfants de « tirailleurs » ?

Celui qui prononce ces phrases sans ménagement, s’appelle Frédéric Evariste Kossigan GAKPARA-YAWO à l’état civil, Artiste, Ecrivain et Promoteur Culturel de profession, Fondateur de la FONDATION DENYIGBA, Directeur Général du Centre-Culturel-Denyigba. Dans une lettre ouverte adressée à Madame Marie-Odile IMBERT Consul-Adjoint Chef de Chancellerie de la France au Togo, il dénonce la phobie de la France de délivrer des visa à des negres suite a ces récentes experiences personnelles.
Je lui ai proposé de reproduire sur mon blog sa lettre, ce qu’il a accepté.Je vous propose donc le contenu de cette lettre.

Frédéric GAKPARA

BP: 12160 Lomé – TOGO

Tél: (+228) 22 38 61 19

Email: fgakpara@yahoo.com

Lomé, le 15 novembre 2011

A

Madame Marie-Odile IMBERT

Consul-Adjoint Chef de Chancellerie

de la France au Togo / Lomé-TOGO

Madame,

Il est évident pour moi qu’après cette lettre, je serai rayé de la liste des invités aux célébrations de l’indépendance de la France et aux soirées personnelles de Monsieur l’Ambassadeur de la France avec titre « d’anti-français » comme vous aimez à nous classer, mais je m’en moque, j’ai des amis Français respectables que j’apprécie, que j’aime bien, qui sont solidaires de ma vision du monde et qui n’ont rien de la piteuse image que vous nous donnez de la France.

Je suis Frédéric GAKPARA, Frédéric Evariste Kossigan GAKPARA-YAWO à l’état civil, Artiste, Ecrivain et Promoteur Culturel de profession, Fondateur de la FONDATION DENYIGBA, Directeur Général du CENTRE CULTUREL DENYIGBA, Secrétaire Général-Adjoint de la Coalition Togolaise pour la Diversité Culturelle, membre de plusieurs réseaux africains de promoteurs culturels et j’en passe.

Il vous est souvenance que successivement aux dates du 12 septembre 2011 et du 27 septembre 2011, vous m’aviez opposé votre refus de m’octroyer un visa d’entrée en France. Plus que les refus, ce sont leurs raisons qui m’indignent et m’obligent à vous répondre.

Les deux raisons avancées au premier refus étaient, sur votre liste, au point trois (3) : « vous n’avez pas fourni la preuve que vous disposez de moyens de subsistance suffisants pour la durée du séjour envisagé ou de moyens pour le retour dans le pays d’origine ou de résidence, ou pour le transit vers un pays tiers dans lequel votre admission est garantie, ou vous n’êtes pas en mesure d’acquérir légalement ces moyens » ; et au point huit (8) : « les informations communiquées pour justifier l’objet et les conditions de séjour envisagé ne sont pas fiables ».

Madame, ces raisons m’avaient fait sourire tandis que bien de mes amis français résidant au Togo en étaient scandalisés. Quand des personnes ressources françaises sont intervenues pour vous signaler que j’étais bien connu des services français et que je n’avais pas la tête à devenir un sans-papier, vous leur auriez répondu que ce n’était ni le CCF, ni le SCAC qui délivraient les visas, c’était vous et que vous n’aviez d’instructions à recevoir de personne. Très bien !

J’avais donc en toute humilité décidé de vous fournir mon compte bancaire et la caution bancaire en Carte Visa d’une valeur de deux millions (2.000.000) de francs CFA au lieu des un million deux cent mille (1.200.000) francs CFA qui m’étaient réclamés. Quant à la deuxième raison, j’avais signifié à mes amis français, que je n’en rajouterai mot car je n’avais aucune autre justification à apporter de mon séjour. J’avais été invité par ma sœur qui vit depuis 1984 et en toute légalité en France et je ne voyais pas en quoi l’invitation d’une maison d’édition ou d’un imprimeur devait être supérieure à la sienne, certifiée par la mairie de Maule dans les Yvelines.

Vous aviez donc, Madame, refusé tout complément de mon dossier et exigé que je dépose un nouveau dossier avec un nouveau frais de quarante mille (40.000) francs CFA de dépôt de dossier. Soit ! La France est en récession économique et a besoin de nos sous de sous-développés et je la comprends.

Mais que ne fut la surprise à ma deuxième demande de visa, Madame ? Pas que vous ayez seulement ramené la première raison, la même au point trois (3) à laquelle j’avais pourtant répondu par une caution nettement supérieure à celle demandée mais, que vous ayez aussi ramené comme deuxième raison (il fallait toujours en trouver au moins deux pour faire crédible) une toute autre que celle du point huit (8), abandonnée alors que je n’avais pourtant pas donné d’avantage d’éléments à propos ; celle au point neuf (9) stipulant : « votre volonté de quitter le territoire des Etats membres avant l’expiration du visa n’a pas pu être établie ». Waouh ! Tout porte à croire qu’entre temps, Madame de la France s’était abonnée aux vaudous togolais à mon propos pour déterminer si j’avais ou non la volonté de quitter sa belle France. Vous êtes pitoyable, Madame ! Dirigez-vous la France sur la base des subjectivités ou sur la base des lois ?

Dans la foulée, j’ai rencontré une demi-douzaine d’artistes, non des moindres, à qui vous aviez opposez le refus d’octroi de visa, avec presque les mêmes raisons aussi fallacieuses que débiles. Pensez-vous qu’un artiste qui est invité avec son groupe à prester en France avec une prise en charge de la structure qui l’invite, puisse être obligé et être réellement capable de garantir encore 30 euros par jour et par personne de son groupe durant toute la période de son séjour ? Foutaise ! CELA S’APPELLE DE LA SUPERCHERIE POUR ENTRAVER LA LIBRE CIRCULATION DES ARTISTES TOGOLAIS.

De 2004 à 2007, j’avais constamment travaillé en réseau avec le CCF qui était, peu avant ces années, désespérément désempli des artistes et du grand public (comme c’est encore le cas aujourd’hui d’ailleurs). Le CCF m’avait commandé une œuvre qui pouvait gagner le pari de remplir sa salle de spectacle et j’avais créé La Charcuterie de la République, l’œuvre qui défraya la chronique, assurant les meilleures recettes au CCF. Je jouais plus au CCF et je le promouvais au détriment de mon propre centre. Je prêtais mes matériels de lumière au CCF tandis que ce dernier me prêtait ses matériels de sonorisation. Sur la base de mes recommandations, des artistes et régisseurs togolais prestaient au CCF, bénéficiaient de bourses de stage auprès du SCAC et avaient leur visa pour la France. A ce jour aucun d’entre eux ne s’est établi illégalement en France. Et vous voulez que je vous prouve quoi ? La France serait-elle toujours aussi ingrate ? Paierait-elle toujours ses « amis » en monnaie de singe, tout comme elle paye les enfants d’esclaves et les enfants de « tirailleurs » ?

Quand Monsieur votre Ambassadeur m’invitait aux soirées restreintes des intellectuels et leaders d’opinion togolais dans son salon, je ne savais pas que je n’étais ni plus ni moins que « Le Nègre ». Comme le dirait le commandant militaire de la force onusienne dans le film Hôtel Rwanda : « (pour eux)…, vous n’êtes même pas des nègres, vous n’êtes que des africains… » Le Vénérable Thomas SANKARA l’avait déjà si bien compris, lui qui disait : « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir. Seule la lutte libère… »

Madame, je vous le déclare sans ambages, ou vous êtes une désaxée en quête de personnalité sous les tropiques ou vous êtes une négrophobe en mission diplomatique. Je planche pour la dernière car vous auriez visiblement la lourde tâche électoraliste de battre le record des refus de visa pour votre campagne 2012, n’est-ce pas ? Alors allez-y ! Distribuez des refus de visa pendant que vous profitez de notre beau soleil. L’Extrême Droite votera pour vous, n’ayez crainte !

D’abord, pour votre gouverne, je voudrais vous signaler que j’avais déjà séjourné en 2006 en France et que, non seulement il ne m’était pas réclamé à l’époque autant de paperasses de merde, mais en plus, au lieu de trois mois que prenait mon visa, j’étais rentré chez moi deux mois avant l’expiration de mon visa en ne passant qu’un mois sur le « magnanime sol français ». Sachez, Madame, qu’auparavant je n’avais jamais demandé de visa d’entrée en Europe, ni en Amérique du Nord (puisque vous pensez que ce sont bien là les eldorados des Africains). Sachez, Madame, que depuis cette première fois, je n’ai plus demandé de visa jusqu’à ce mois de septembre 2011. Toutefois, retenez que j’ai ma fille qui est née sur le sol français et qui peut avoir sa nationalité française si cela lui chante et que j’ai le droit de lui rendre visite quand bon me semble ; retenez aussi que j’ai une autre sœur qui vit en France depuis 1962 et un frère qui vit aux Etats-Unis depuis 1989 et nous sommes tous du même père et de la même mère (il faut bien que je le précise) ; ceci, pour vous signifier en conclusion de cette première mise au point, que la France n’est pas ma tasse de thé et que si je me rabaisse à vos tracasseries humiliantes d’obtention de visa, c’est pour des impératifs professionnels et familiaux, et non pour chercher ma pitance.

Ma pitance, Madame, sachez que je la trouve bien chez moi, malgré la déliquescence de la vie que nous impose la politique merdique de la FRANÇAFRIQUE qui maintient à la tête des Etats francophones, des pouvoirs impopulaires et de surcroît insoucieux du sort de leurs peuples ; malgré le mépris de l’Etat Togolais à l’endroit de mes compétences et initiatives ; malgré le refus de la France, depuis 2008, de m’accorder des subventions… Eh oui, j’avance et mes projets évoluent, malgré la censure économique que je subis, forcément pour mes opinions politiques et forcément pour le Centre Culturel Denyigba que j’ai créé et que certains milieux diplomatiques jugent gênant pour le monopole du Centre Culturel Français. Que c’est pitoyable d’entendre dire : « Ne pensez-vous pas que deux centres c’est trop pour Lomé ? » ou alors « Est-ce qu’à la fin vous n’allez pas concurrencer le CCF ? »… Qu’avez-vous au juste mis aux titres de votre Service de Coopération et d’Action Culturelle – SCAC ? Parce que je réalisais des travaux majeurs avec mes financements et que je projetais impliquer des partenaires anglophones, germanophones, chinois et arabes à l’horizon 2015, on va jusqu’à écrire sur mon dossier au SCAC : « Il est fou », et on refuse dorénavant de m’accorder des financements ? Qu’y-a-t-il donc de mal à construire dans mon centre le Château Tamberma qui est classé patrimoine mondial de l’UNESCO ? On aurait préféré que je crée un festival à la con dont le financement servirait à payer le voyage de « formateurs français » par une compagnie française de voyage, des « formateurs » qui seront hébergés dans un hôtel français et qui seront restaurés dans un restaurant français et voilà la belle destinée de « l’Aide au Développement » ? Moi je ne suis pas un « commerçant culturel » et je crains de ne pouvoir jamais être, malgré toute ma bonne volonté, un bon élève de Cultures-France ainsi que d’autres réseaux français. Je ne trouve, moi, aucune concurrence à ce que tout le monde mette du sien à promouvoir sa culture et à établir le pond des dialogues culturels. Pour moi, Madame, la Culture est un Acte de Vie et c’est fièrement que j’ai fait don de mon immeuble d’une valeur de plus de cent soixante dix millions (170.000.000) de francs CFA à la Fondation Denyigba. Je n’ai donc pas fait cela pour après aller dormir dans les égouts de la France, Madame ! Sachez aussi que je produis non seulement des artistes togolais et africains au Centre Culturel Denyigba mais aussi, des artistes français. Alors ne vous foutez pas de ma gueule car ce que j’ai investi et continue d’investir dans la culture, venant de ma poche, vous ne l’avez certainement jamais fait chez vous. Je suis employeur et non employé et je connais le stress de la fin du mois en pensant à mes employés et je suis fier d’être toujours debout malgré les difficultés ; je connais autant, des jours d’opulence que des jours sans avoir rien à offrir à mon estomac, mais vivant tout au moins en toute dignité ; alors vous qui êtes une employée gracieusement payée aux frais du contribuable français et aux frais de dossier que les Togolais payent à votre consulat, une fois encore, ne vous foutez pas de ma gueule. Et passez bien le message à vos agents d’interview, qu’ils arrêtent de mépriser mes compatriotes !

De mes raisons de séjour, sachez que ma sœur m’a invité, non seulement pour la visiter (c’est son droit absolu), non seulement pour acheter des projecteurs et trouver de nouveaux partenaires pour mon centre (puisque le SCAC ne veut plus me financer), non seulement pour chercher un imprimeur pour mon nouveau livre, mais aussi, pour l’anniversaire de ma fille. En passant, sachez qu’elle est très heureuse que vous ayez refusé le droit d’entrée sur le territoire français à son père.

Imaginez donc le degré de ma « foutue fierté », Madame ; à l’idée que je puisse tout de même payer, chaque année, avec ma « pitance d’homme sans ressources de séjour en France », les vacances et la scolarité de ma fille qui est en école privée en France. Que vous êtes demeurée, Madame ! Sans ressources de séjour en France, moi ! Sans volonté de quitter la France, moi ! Vous auriez pu trouver un autre alibi qui soit plausible ; par exemple, « je lui refuse le visa parce qu’il pue le rebelle ». Oui, je suis un rebelle et je vous emmerde, Madame !

Vous prenez les Africains pour des andouilles pour perdre leur temps et leur argent à aller se plaindre à votre fameuse Commission de Recours contre les Refus de Visa à Nantes dont vous seuls en connaissez la composition ? Je suis Togolais, je réside sur le territoire togolais et c’est d’ici que j’aurai à vous répondre, Madame ! Je ne suis pas un mendiant à la porte de la France.

Sachez donc, en toute conclusion, que s’il faille aller vivre en clandestinité en France, parce que je meurs de faim chez moi, je préférerais mourir en face de Lomé 2 avec une pancarte portant l’inscription : « Monsieur le Président, vous faites la honte de mon pays car n’étant ni plus ni moins qu’un Préfet de la France, une employée du nom de Marie-Odile IMBERT peut aussi se permettre de mépriser le peuple togolais. Monsieur Votre Défunt Père, MALGRE TOUT, aurait donné 48heures à cette…je ne sais quoi, pour quitter le territoire togolais. »

Voilà, Madame de la France, les mots peu diplomatiques qui obstruaient ma gorge et qu’il fallu que je déversasse d’urgence pour mourir de glaive plutôt que de mépris. Evidemment, je vous le concède, vous n’étiez que la goutte d’eau de trop. J’espère pour vous que vous allez vous raviser de vos performances de Distributrice Automatique de refus de visa aux Togolais et avoir plus d’égard pour eux. Quant à moi, je reviendrai demander mon visa l’année prochaine et qu’il vous reprenne de salir mon passeport avec votre cachet à la con de refus de visa ! « Le fou » que je suis est prêt à vous en mettre plein la vue et les ouïes…

J’espère (puisqu’il paraît que vous venez d’arriver) que ma carte de visite, mieux, mon pédigrée, a été suffisamment exhaustif pour votre gouverne. Il ne me reste qu’à vous souhaiter, au nom de tous ceux à qui vous refusez le visa, un excellent et gracieux séjour sur la terre de mes aïeux, Madame. Et c’est sans rancune !

Frédéric GAKPARA

Ampliation :

Monsieur le Président de la République Togolaise

Monsieur le Président de la République Française

Monsieur le Ministre Togolais des Affaires Etrangères

Monsieur le Ministre Français des Affaires Etrangères

Monsieur le Ministre Togolais de la Culture

Monsieur l’Ambassadeur de la France au Togo

Commission des Recours contre les décisions de Refus de Visa d’entrée en France


Poème : Du Rire Rageur

L’année 2011 nous a offert un spectacle à la fois tragique et magique.
Tragique parce que les peuples qui se sont levés un peu partout dans le monde arabe ont dû payer la liberté au prix du sang et de leurs vies.

Magique, parce qu’ils ont été acteurs et actrices pour que leurs rêves, leurs désirs deviennent des réalités (que ces révolutions, en tant que rupture, soient des réussites ou non l’histoire peut-être dans 10 ans nous le confirmera, mais on ne peut ignorer que les peuples eux-mêmes se sont donnés la possibilité d’un nouveau départ et que l’année 2011 si c’est l’année de la joie pour les peuples en pleurs, est aussi celle du déracinement de certains baobab).

A tous les martyrs de la liberté, à tous ceux qui sont encore sur le champ de bataille que ce soit sur le plan de la pensée ou des armes, à tous ceux qui dans nos pays de l’Afrique noir refusent la mixture démocratie-dictature, à tous les opprimés et indignés du monde entier, je dédie ce poème.

De ces rats rongeurs
De ces scélérats blagueurs
Ma gorge se serre et se meurs
De rire rageur

A quoi riment leurs raisons,
Ces rois forçats
Qui de leurs forces risibles
Se rient de leur peuple

Peuvent-ils de leur force faiblesse,
Des répressions et des discours de bassesse,
Venir au bout
De leur peuple debout ?

Sont-ils des inactuels cruels
Ces cerveaux sans programmes curieux ?
Portaient-ils en eux, ou un fiel
Ou un troupeau de démons vicieux ?

Contre votre orgueil satanique
Le courroux de la bête Liberté
Se dressera dans les prisons de fierté,
Et vous serrez pris de panique.

Déjà voici que l’étoile de ce jour
Pointe déjà à l’horizon éternel
Où des combattants libres au son des tambours
Effacerons les larmes de *Rachel

*Rachel est une figure biblique, femme de Joseph, elle donnera finalement deux fils Joseph puis Benjamin, dont la naissance lui coûta la vie alors que la famille revient dans le pays de Canaan (Genèse 29). Le tombeau de Rachel, lieu saint du judaïsme, symbolise pour les Juifs la route que les Judéens prirent lors de l’exil de Babylone. La tradition juive enseigne que Rachel pleure pour ses enfants et quand les juifs furent exilés, elle pleura car ils passèrent devant son tombeau sur le chemin de Babylone.

Le prophète Jérémie l’évoque à cet effet : « Une voix retentit dans Rama, une voix plaintive, d’amers sanglots. C’est Rachel qui pleure ses enfants, qui ne veut pas se laisser consoler pour ses fils car ils ne sont plus.
Ainsi parle Adonaï : que ta voix cesse de gémir et tes yeux de pleurer, car il y aura une compensation à tes efforts, parole d’Adonaï, ils reviendront du pays de l’ennemi.
Et il y a de l’espoir pour ton avenir, parole d’Adonaï, tes enfants rentreront dans leur domaine
» Jérémie 31 : 14-16.

Matthieu aussi dans son deuxième chapitre au verset 18 reprend cette figure de Rachel pour exprimer la douleur d’Israël lorsque Hérode fit assassiner les Saints enfants.

Je reprends donc cette figure de Rachel dans le contexte présent pour symboliser toute terre sur laquelle la soif de liberté est étouffée par des potentats et des rationalités multinationales ou géostratégiques.
Cette Rachel qui peut-être Le Yémen, La Tunisie, la Syrie, le Tibet, le Cameroun, le Tchad, … et certainement le Togo, mon pays, peut cependant compter sur ses fils et filles qui jamais ne baisseront l’étendard de la lutte pour la liberté.


Togo: La cour de justice de la CEDEAO réhabilite les 9 députés

photo Togocouleurs
Les 9 députés, proche de l’ANC, exclus de l’Assemblée nationale par le tandem RPT-UFC, viennent d’être réhabilité par la Cour de justice de la CEDEAO lors d’une assise tenue à Porto-Novo ce 07 octobre (Bénin) suite à un procès qui a opposé l’État togolais à ces députés.
Le verdict, sans aucune ambiguïté, stipule le retour des 9 députés à l’Assemblée nationale avec une indemnité de 3 millions F CFA par député.


• Rappel des faits

Tout commença avec l’élection présidentielle de mars 2010. Suite à cette élection contestée par Jean-Pierre Fabre, ex-dauphin de Gilchrist Olympio, ce dernier contre toute attente et contre la majorité de ses partisans, signa le 26 mai 2010, un accord dit historique avec le RPT, parti au pouvoir.
Cet accord fut le début d’une longue crise au sein de l’UFC, entre les partisans de Jean-Pierre Fabre et ceux de Gilchrist Olympio, qui conduisit à la création d’un nouveau parti politique ANC (Alliance Nationale pour le Changement), présidé par Fabre.

Mais cet éclatement de l’UFC n’est pas sans conséquence sur leur présence à l’Assemblé nationale. L’UFC comptait à l’époque 27 députés. A la création de l’ANC, 20 quittèrent la bannière de l’UFC pour rejoindre le nouveau parti.

La colère de Gilchrist Olympio et de ses fidèles ne s’est pas fait attendre. Pour punir les frondeurs, ils envoyèrent des lettres de démissions signées à blanc par 9 députés dans la logique d’éviter la transhumance politique.

Aidé par la lugubre machine RPT, sous le seau même de la Cour constitutionnelle, qui devrait protéger et faire respecter notre constitution, et sur demande du président de l’Assemblée nationale, Gilchrist savoura sa vilaine vengeance en voyant la radiation des 9 députés frondeurs de l’Assemblé nationale le 22 novembre 2010.

Mais c’est sans compter sur la détermination, le courage et la témérité des membres de l’ANC sous la conduite de l’homme de principe Jean-Pierre Fabre. Ils ont tenu bon; ils ont bataillé; ils sont allés jusqu’au bout. Ils ont fait recours à la Cour de Justice de la CEDEAO et celle-ci vient de leur donner raison; elle vient de rendre tout simplement la justice.


Photo: anctogo.com
• Une leçon pour tous les Togolais

Mais avant cette décision salutaire non pas à l’ANC mais à la République, combien le débat à propos de l’exclusion des 9 députés n’a-t-il pas fait objet de déraison, de sophisme, de cacologie, de contorsion intellectuelle. J’ai assisté ahuri à des débats où la reine raison s’est risiblement égarée dans les méandres de l’absurde et de l’illogisme.

Et tout récemment, dans une lettre ouverte adressée à Jean-Pierre Fabre, le blogueur Gerry Taama fit l’erreur candide de réduire le problème du Togolais aux manger, boire et se reproduire, considérant du coup qu’on devrait fermer les yeux sur les principes républicains pour remplir la panse du Togolais. Savez-vous le goût du miel dans un jardin où la liberté est bâillonnée? Il est acide! Et la liberté n’est-elle pas d’abord le respect des règles qui permettent à chaque sociétaire de manger son pain avec joie? Le pain ne peut véritablement avoir sa valeur de pain si on le mange dans la douleur. Il ne peut y avoir aussi de la joie qui vient de la liberté sans pain. La liberté et le pain sont comme les deux faces d’une même pièce.

C’est aussi une erreur de sa part que de considérer l’exigence de l’ANC de voir retourné ses députés, les députés de la nation à l’Assemblée nationale comme une simple question matérielle. Gerry Taama s’est même trompé de synonyme en considérant dans sa lettre les députés comme étant des notables. C’est à mon avis une faute comparable à ceux qui en manque de théorie ethnologique comparent les chefs d’États Africains à des Rois ou même la nation à une famille dont le chef de l’État en serait le chef. Un chef d’État n’est pas un Roi, ni un chef de famille. Il est sous contrat du peuple! Et les députés dans une République, ne sont pas des notables.

On ne peut donc en aucun cas comme le fait Gerry Taama, sacrifier le développement démocratique et économique à la compromission dans la violation des principes fondamentaux qui bâtissent la nation et la démocratie.
Car la question de l’exclusion des 9 députés est avant tout une question républicaine et pose aussi celle de la primauté de notre constitution: Que peut valoir des engagements internes d’un parti face à notre Constitution? Toute la question et tout le débat est en réalité là!

Le renvoi des députés élus sur mandat non-impératif, est une question majeure qui devrait fédérer toutes les forces républicaine pour que la République soit rétablie. Car en réalité, c’est de la République qu’il s’agit. Comment peut-on encore parler de République lorsque le pouvoir législatif, l’un des quatre pieds indispensable de la République est amputé? Comment peut-on parler de République lorsque mon suffrage peut-être annulé parce que la tête du député à qui j’ai porté ma voix ne plait plus à son chef de parti?

Et bizarrement, tout le monde, les partis politiques de l’opposition qui voyait pas de bon œil la montée en puissance du jeune parti ANC, les intellectuels y compris ceux de la diaspora qui sont souvent aveugles des réalités du terrain, des universitaires qui peinent à retrouver la droite raison,une société civile qui tourne en rond, voudrait que cette question soit mise de côté pour se tourner vers l’avenir. Et quel avenir? Pouvons-nous continuer par poser les pierres de la construction de notre avenir, si de toute évidence les fondations ne sont pas solides? Jésus nous a déjà averti: bâtissez sur du sable et vous verrez!(Matthieu 7, 25)

On ne peut donc au nom d’un dialogue – dialogue que personne ne refuse cependant pas– sapé les fondamentaux de notre République. Ce n’est pas du radicalisme; ça s’appelle le réalisme positif.

Aujourd’hui ce n’est pas le triomphe de l’ANC, mais le triomphe de la République togolaise.
Aujourd’hui c’est une victoire qui invite à l’espoir, car elle est le point lumineux qui brille au bout du tunnel, nous invitant à faire la traversée des ténèbres pour accueillir l’aurore.

La sentinelle, lui, nous l’a déjà dit: la nuit est longue mais le jour vient.

Nous devons aussi rendre hommage à la cour de justice de la CEDEAO qui a fait un travail éclairé. Cette Cour doit continuer et réussir par asseoir sa crédibilité dans une sous-région où les institutions internes souffrent de la main mise des politiques.