Charles Lebon

Drame au Togo: 64 morts et plusieurs blessés

Belle vue sur le Lac Togo, lieu du naufrage
Le Togo a connu dans l’espace de 72 heures, deux accidents qui ont coûté la vie à une soixantaine de personnes et ont fait plusieurs blessés.

Le premier s’est déroulé sur le pond d’Amoutou à 18 km au sud d’Atakpamé, ville située au centre du Togo. Un bus d’immatriculation burkinabé faisant le trajet Burkina-Togo, à son bord 68 passagers, a violemment percuté un dos d’âne érigé sur le pont en réfection au petit matin du 07 mai. Bilan: 28 morts et 40 blessés dont plusieurs grièvement.

L’opinion publique ne s’en remettait pas encore d’un tel bilan inédit d’un accident de circulation lorsque le dimanche 09, un autre drame s’abattit sur le pays.

Un groupe folklorique composé en majorité de jeunes revenant d’une prestation à des funérailles à Ekpui, village riverain du lac Togo, fit naufrage. L’embarcation était arrivée, selon les rescapés, au milieu du lac lorsqu’un grand vent, précurseur d’une pluie qui s’abattit ce jour sur la région, fit chavirer l’embarcation. Bilan: 36 morts et plusieurs rescapés, la majorité étant du village d’Agbodan.

Ce mardi jour des funérailles, après la visite de la délégation des autorités conduite par le premier Ministre le lundi, l’émotion était grande.
Cette ambiance où la douleur des parents et des proches, comme l’exemple d’un monsieur qui a perdu sa femme enceinte, ne laissait personne indifférent, était aussi mêlée d’une colère à la fois humaine et religieuse.

En effet les corps qui ont été envoyés le jour du drame à la morgue d’Aného, était revenu dans un état de putréfaction. Plusieurs de ces corps ont été enterrés dans une fosse commune.

La mort en Afrique noire est déjà un mal. Mais qu’on n’arrive pas à entourer ses morts des derniers soins culturels et religieux peut causer un déséquilibre ontologique dans la personne de l’Africain noir.

Face à cette drame, la polémique ne fait que commencer sur le partage des responsabilités.

D’autres encore plus superstitieux se demandent déjà si ce n’est pas une malédiction qui s’abat sur la terre de nos aïeux.
Cependant à notre niveau, il est clair que notre pays après 51 ans d’indépendance, est toujours héritier des infrastructures qui sont déjà assez vétustes et délabrées.

On peut, comme le fait l’opposition, critiquer le pouvoir RPT, qui depuis une quarantaine d’année manque de vision pour ce pays. Ceci dit, l’opposition ne peut pas aussi être exonérer du retard accusé par le pays, cause de beaucoup de maux dont souffrent les Togolais y compris les accidents de circulation qu’on pouvait prévenir et éviter.

Nous reprochons particulièrement à notre opposition, malgré la difficulté que constitue le fait d’être opposant au régime RPT, de n’avoir pas su à plusieurs reprises mettre à profit l’adhésion populaire à leurs causes pour réaliser l’alternance. Alternance qui dans les conditions actuelles, demeure la seule voie afin d’ouvrir des horizons d’espérance pour les jeunes et le peuple tout entier du nord au sud, de l’est à l’ouest.

Si nous voulons mettre ce drame au compte du manque d’infrastructures, d’une gestion calamiteuse de nos richesses et d’une vision non-ambitieuse et paresseuse dans la gouvernance, chacun a sa part de responsabilité, le pouvoir comme l’opposition sans oublier la société civile qui est quasi inexistante.


Togo: l’Armée ouvre ses portes: est-ce la grande Porte?

Pour la première fois dans l’histoire de notre pays et dans l’histoire de notre armée, une porte ouverte est organisée du 05 au 07 de ce mois à l’Etat-Major Général.
Pour l’armée dont le rapport avec la population civile reste entaché de plusieurs faits historiques malheureusement dramatiques, l’objectif reste double: se faire découvrir à travers ses métiers tout en se rapprochant de la population.

• Arrivera-t-elle à atteindre cet objectif?

Une telle question posée par un Togolais quelconque a en soi une double pensée:
Premièrement la mémoire collective des Togolais a retenu que l’armée togolaise a été et demeure un facteur très important dans la balance politique.

Elle était là, même si sa constitution n’était pas encore solide, dans les péripéties qui ont conduit à l’assassinat du père de l’indépendance Sylvanus Olympio.

Elle était là pour faire échec aux acquis issus de la conférence nationale souveraine de 1991 à travers l’attaque de la primature en décembre de cette même année.

Elle était là dans les répressions qui ont émaillées les différentes élections présidentielles de 1993,1998, 2003 jugées frauduleuses par l’opposition.

Elle était là dans toute son épiphanie la nuit du 05 février 2005 pour imposer au peuple Faure Gnassingbé après le décès de son père. La répression qui s’en est suivie a fait selon l’Onu ou les organisations de défense des droits de l’homme entre 500 et 1000 morts.

Ces faits malheureux de notre histoire relatifs au rôle de l’armée rendent aujourd’hui bon nombre de Togolais méfiants et sceptiques, qui toutefois espèrent que notre armée devienne Républicaine.

C’est cet espoir de voir notre armée devenir Républicaine qui constitue cette deuxième pensée du Togolais ordinaire, victime de ses affronts lorsqu’il se demande: l’armée réussira-t-elle à être proche du peuple?

• L’ambiance à ces portes ouvertes

Aujourd’hui en faisant un tour à l’Etat-Major Général, l’ambiance était conviviale et joyeuse. Beaucoup de Togolais, vieux, jeunes, femmes, élèves et étudiants sont venus assouvir leurs curiosités.

Devant les stands des armées de terre, de l’air, de la marine ou encore de la police nationale, de la gendarmerie, de la douane en passant par celui des sapeurs pompiers pour ne citer que ces corps, la foule ne désemplissait pas.

La plupart curieux de tenir en main un pistolet, d’essayer des tirs d’objectifs sous les yeux bienveillants des officiers, mêlaient à leurs étonnements beaucoup de questions que les officiers essayaient tant bien que mal de répondre.

Monter sur un char, tenir des mitraillettes, toucher du doigt des obus, s’approcher tout simplement des militaires, causer avec eux… en voilà qui ne manquaient de faire planer sur cette ambiance une joie enfantine.

Quelques photos des visiteurs qui se mettent dans « la peau » des militaires

un navire de reconnaissance de la marine
un jeune essayant une tenue de sauvetage de la marine

Tout compte fait, cette porte ouverte est une bonne expérience à refaire périodiquement.
Mais le peuple togolais attend à ce que l’armée fasse d’autres pas plus importants, des pas de géant. Car l’armée certes nous ouvre ses portes, mais nous a-t-elle ouvert son cœur?
Comme les armées libyenne, yéménite ou syrienne etc.., notre armée ouvrirait-t-elle le feu sur la population civile si celle-ci se soulève aussi comme les autres peuples?


Togo: 51 ans d’Indépendance, les Événements en image

50 ans + 1 : Le Togo est assez loin de ce jour du 27 avril 1960 où ses fils et filles ont pris en main son destin. 51 ans c’est assez pour que les couleurs de notre drapeau soient vives et prometteuses. Mais le bilan reste amère et l’horizon semble de plus en plus sombre.
Sans me livrer ici à une analyse, je vous propose simplement des images des évènements qui ont marqués cette célébration du 51ème anniversaire de notre indépendance.
L’image peut-être historique est la présence de Gilchrist Olympio au côté de Faure Gnassingbé à la place de l’indépendance. Gilchrist s’embourbe-t-il dans son incohérence ou est-ce un espoir d’une réconciliation illusoire: l’histoire nous le dira.


• Photos journée du 26 Avril

Du côté de l’opposition, les partisants et sympatisants de l’Anc, conduit par Jean-Pierre Fabre ont déposé une gerbe devant la maison du père de l’Indépendance Sylvanus Olympio. Ils se sont ensuite dirigés vers la maison du feu Augustino Pa de Souza, un des pionniers de la lutte pour l’indépendance. Ils ont déposé aussi une gerbe sur sa tombe( dans ladite maison) et ont poursuivi avec une veillée de prière.

Gerbes devant la maison du père de l'indépendance
Jean-Pierre Fabre devant la tombe d'Augustino Pa de Souza

Patrick Lawson, 1er vice président de l'Anc
Giselle Ameganvi, 2ème vice président del'Anc

Veillée de prière par l'Anc dans la maison du feu Augustino de Souza

Dans la même soirée, le président de la République a allumé la flamme de l’indépendance

Flamme de l'indépendance au momument de l'indépendance

Gilchrist Olympio, bien présent à la manifestation officielle
Faure à la place de l'Indépendance

Dans la soirée un concert à réuni plusieurs artistes togolais à l’esplanade du palais des Congrès de Lomé

La place de l’indépendance étant toujours verouillée, les Togolais avident de s’approcher de leur monument d’indépendance, en ont bien profité…

• Photos journée du 27 Avril : jour de l’Indépendance

La fête était au comble dans les deux camps:

Culte d’action de grâce à l’église méthodiste Salem suivi d’un pique-nique à la plage pour l’Anc.

Jean-Pierre Fabre au culte d'action de grâce

Et pour le parti au pouvoir (célébration donc officielle) défilés militaire et civile + grande réception + grand bal à la présidence (j’ai pas ces photos puisque là là là c’est la cour des « grands »…..)

………..comme vous le constatez, au Togo, nous préférons les armes qu’un bon plat d’atchèkè; même si la grande majorité de la population à faim….

La présence des blindés de l’Onu était assez remarquables: des dizaines de voitures et de blindés de l’Onu ont en effet participé à ce défilé


Ousmane Bah : un blog, un combat !

Vous qui aimez bien mon blog, sachez que je ne suis pas seul. Je fais partie d’une communauté de 100 blogueuses et blogueurs du monde francophone. Nous sommes réunis sur la plate forme de Mondoblog pour être ambassadeur de notre ville sur le web. Du 18 au 22, certains d’entre nous ont été réunis à Yaoundé au Cameroun pour être outillé en matière du journalisme et du blogging.
C’est dans ce cadre que je vous présente le portrait d’un autre blogueur que je vous invite à découvrir

Bah Ousmane, blogueur sur mondoblog
Il est jeune, simple, sympathique et soucieux de l’Afrique. La natation et l’internet sont ses domaines de loisirs. Il a vu le soleil un 6 Février 1983, non pas en Guinée Conakry son pays d’origine, mais sur la terre ivoirienne.
Ce jeune, c’est Bah Ousmane. Célibataire sans enfants, son attrait physique ne manquera d’emballer les Camerounaises puisqu’il est à Yaoundé..
Après une maîtrise en économie à l’université générale Lansana Conté de Conakry, il s’est retourné vers la Mauritanie comme la plupart des jeunes africains cherchant un mieux vivre ailleurs.
Il réside actuellement en Mauritanie où il enseigne dans une école privée à Nouakchott.

Ousmane fait parti des 100 bloggeurs sélectionnés dans le cadre du projet Mondoblog. Sur son blog oasis mauritanien, il veut surtout partager sa vision sur l’Afrique, élaborer avec le monde extérieur des perspectives nouvelles pour celle-ci. « Tenir un blog – m’a- t-il confié- c’est aider l’Afrique à sortir des ténèbres ». « La jeunesse africaine n’est pas encore consciente de son retard. Il faut le réveiller » poursuit-il. Contre le fatalisme de la plupart des jeunes sans emploi et en mal d’avenir, il est catégorique : « cette vision, on doit la changer ».

Sortir l’Afrique des ténèbres est une tâche dont on peut lire l’importance à travers son visage serein et luisant qui exprime toute la gravité de son combat, et son sourire radieux qui ne laisse entrevoir aucun pessimisme.

Ousmane, témoin du terminus

Dans son combat qui l’a amené à créer son blog (oasis mauritanien) sur la plate forme de Mondoblog, Ousmane n’est pas que théoricien. Il porte dans son existence les marques douloureuses que dramatiques de l’émigration clandestine.
Etant diplômé en économie sans emploi, il avait suivi la logique de la désespérance : « l’Europe, c’est l’eldorado ».

Il a fait le trajet Conakry- Dakar- Mauritanie et Maroc. Il aurait pu prendre ces pirogues macabres, pleines d’espoirs perdus, de milliers de vies sacrifiées pour le mirage européen ; mais est-ce pour mieux témoigner, pour mieux parler de ce phénomène ? Est-ce pour mieux convaincre les jeunes de ce labyrinthe sans issue ? En tout cas, il a fait demi-tour.
Il a compris qu’étant ici en Afrique, il pouvait s’affirmer et se réaliser : « J’ai vu des gens mourir, sombrer, emporter par les vagues de l’amertume… ». Après un temps de silence, cependant rempli certainement de souvenirs, il conclut, l’ère grave et solennelle : « Je demande à la jeunesse africaine de rester en Afrique, car on peut bien fleurir en Afrique ».

Actuellement, il écrit un roman sur le phénomène de l’émigration clandestine dont il a fait lui-même l’expérience.


A ce jeune, plein d’idée et d’espoir sur l’Afrique, nous souhaitons un bon parcours sur Mondoblog.


12 Avril 1991-12 Avril 2011 : le drame de la lagune de Bè, 20 ans après !

Il y a 20 ans au Togo, 28 cadavres annonçaient la démocratie. C’était le 12 Avril 1991.

En effet, le quartier de Bè, que j’avais décrit entre temps être le Benghazi du Togo, s’était réveillé par un spectacle macabre. Ce quartier est traversé par une paisible lagune qui porte son nom.
Ce matin là, cette lagune offrait aux regards effarés et égarés, les corps inertes, morts noyés avec des traces de tortures. Au total 28 corps ont été repêchés.
Ce spectacle et tant d’autres intolérables nous imposent une interrogation majeure :
Pourquoi la marche des peuples vers la démocratie est un chemin de croix, d’oppression, des cris des veuves et des orphelins étouffés par la douleur et la colère ?
Aujourd’hui encore cette question est toujours d’actualité surtout pour ces pays africains qui ont entamés après la chute du mur de Berlin leurs odyssées vers la liberté.
Le peuple togolais dans toute sa diversité, a payé le prix fort de sa volonté de ne plus seulement écouter la voix du parti unique RPT (Rassemblement du Peuple Togolais).

(Quelques photos de la lagune de Bè prises ce matin)

Aujourd’hui, vingt (20) ans après, notre mémoire reste vive. Sur l’initiative du Front Sage, une stèle funéraire vient d’être inaugurée tout près de la lagune. Ceci pour que l’histoire retienne que la bataille pour la liberté s’est faite et se fait à travers le sacrifice et de l’inacceptable de nos propres frères noirs.

Stèle funéraire

Ces morts dont on se rappelle aujourd’hui après 20 ans, doivent nous rappeler deux choses :

1. Ce pour quoi ils sont morts est encore devant nous. La liberté n’est pas un point fixe donné. Elle est par essence mouvement, c’est-à-dire libération. Donc point de trêve : la lutte continue !

2. Honorez leur mémoire, c’est aussi s’engager à ce que justice soit faite. Pour les six (6) ans cette année aussi du massacre des Togolais par une partie de l’armée au profit de l’accession au pouvoir de Faure Gnassingbé, j’ai écrit à cet effet un article, invitant expressément la CPI (Cour Pénale Internationale) à instruire le cas Togo. Et bien, à ce « cas Togo » qui est de 500 à 1000 morts selon le rapport de l’Onu ou des organisations de droits de l’homme, j’ajoute ces 28 morts aux dossiers à instruire.

corps repêchés de la lagune de Bè

Cependant, construire le Togo notre pays la terre de nos aïeux, cette portion de 56 600 km2 de la terre Afrique, dépendra de la volonté et de l’abnégation de nous tous, ses filles et fils.
Notre hymne si riche et engagé nous le rappelle :

Togo debout
Luttons sans défaillance
Vainquons ou mourons
Mais dans la dignité…


Crise ivoirienne: les Intellectuels africains ragotent

Arbre à palabre, symbole du débat en AfriqueLa crise ivoirienne fait aujourd’hui couler beaucoup d’encre, de salive ; elle use les méninges, libère les passions, ravive des thématiques aussi vieilles que nos indépendances.

Cependant, je pense que tout discours sur la Côte d’Ivoire aujourd’hui mérite la prise en compte d’une valeur absolue : le respect du peuple ivoirien qui s’entredéchire, qui souffre.
Le respect donc de ce peuple doit, je pense, guider nos réflexions et nos prises de positions. En cela les intellectuels africains ont une fois encore manqué le débat ; ils ont une fois encore manqué l’Histoire.

Un peuple souffre, un enfant de la mère Afrique gémit, pris en otage par ses propres frères ; et que dites-vous ! Et que faites-vous ! Vous discourez ! Vous accusez ! Vous criez au scandale ! Vous trouvez que la France, ne fait non moins que de redorer son blason de colonialiste.

Or la préoccupation radicale du moment est comment ce peuple qui n’a pas pour nom de famille Gbagbo ou Ouattara retrouve sa liberté, ses mouvements et sa rue princesse. Et c’est cette question que la France malgré ses intérêts légitimes, contribue actuellement à résoudre.

La vraie question que vous, chers intellectuels devriez poser, vous ne l’envisagez même pas ; la France, elle, la résout tant bien que mal avec l’arme au point : ça ce n’est pas le néo-colonialisme ; ça s’appelle assistance en personne en danger et lâcher par ses intellectuels.

Toutefois, mesdames et messieurs les intellectuels africains je vous comprends !
Pour la plupart, vous n’êtes pas à Abidjan, vos oreilles loin du bruit des armes écoutent des slows français, vous ne manquez de vaquer à vos activités, vous ne manquez de rien. Vous buvez même, chers anti-français votre café à la française, vous arrosez vos festin de ses vins rouges à la française au détriment de vos boissons locales.

Chers Intellectuels africain, vieillis par vos ambigüités et vos inactions cinquantenaires, n’est-il pas temps que vous créiez un club des « inactuels » aux idées poussiéreuses, trop poussiéreuses pour les secouer aux yeux du monde ?

Vous, intellectuels africains, vous me faites honte et vous me faites rires. Mais d’ailleurs qui vous a sacré intellectuels. Vous vous glorifiez de ce titre en vous pavanant paradoxalement dans les salons européens parce que vous seriez les portes voix de ces individus nègres nobles à qui le prix de nos parfums d’une année peut contribuer à doter un hôpital d’un scanner.

Chers intellectuels africains, je ne vous reconnais pas, parce que vous ne représentez que vous-même et les entiers tordues de vos raisonnements et de vos paradoxes. Votre science et votre savoir n’ont pas atteint la sagesse. Alors je vous bannie de l’arbre à palabre.

Jeunes de partout et vous jeunes français, Américains et chinois et de toutes part, venez fraterniser avec nous pour que nous puissions construire de nouvelles thématiques africaines dépouillées de ces notions trop instrumentalisées par nos politiques que sont la souveraineté, la non-ingérence, l’anti-néocolonianisme et patati, patata.

Chers intellectuels africains, nous jeunes africains, aujourd’hui notre lutte n’est pas contre l’Europe, la France, mais contre nous-mêmes. C’est pourquoi nous commençons cette lutte en premier lieu contre vous en réfléchissant à coup de marteau.

Français, Américains et aussi Chinois, faites tout ce qui vous plait en Afrique puisque nos Intellectuels n’ont plus la droite raison et que nos dirigeants politiques ont autant pillé notre Afrique autant que vous !


Invictus: le Pari d’une Nation arc-en-ciel

Dans le cadre de l’Initiativ’53, j’ai assisté ce samedi soir au Foyer des marins situé dans la zone portuaire de Lomé, à un ciné-film.


Invictus ou la formation de la Nation arc-en-ciel

Le film intitulé Invictus (invaincu), met en scène la difficile réconciliation ou le mieux vivre ensemble entre Blancs et Noirs qui certainement est l’une des tâches capitales du nouveau président élu Nelson Mandela.

Celui-ci, après 27 ans de prison en raison de sa lutte héroïque contre l’apartheid, une fois élu président, loin de chercher à se venger, pardonne à ses oppresseurs et trouve l’espoir d’une unité nationale en dehors des sentiers battus : sur le terrain de rugby.

Morgan Freeman interprétant Nelson Mandela demande au capitaine de l’équipe nationale de rugby (Matt Damon) de réaliser l’impossible : remporter la coupe du monde. Une équipe une nation : le langage universel du sport ne s’est jamais exprimé aussi brillamment que dans Invictus.

• Un public à l’image du film

Ce Ciné-film très émouvant, a été pour moi l’une des plus belles soirées de ma vie, non pas seulement à cause de l’histoire de cette nation arc-en-ciel qui, à jamais nous servira de modèle, mais surtout de ce public présent, qui par circonstance, est à l’image de ce film.
Le public, en effet, qui a suivi ce film est un public métissé, composé de Blancs et de Noirs et même de Métisses. Jamais, je n’ai autant savouré à un tel point un film. Le public est extraordinairement à l’image de la vision de Madiba, affectueusement appelé par ses compatriotes, celle de la fraternité des peuples. « Le sentiment qui m’anime est celui d’une seule famille » m’a confié une Française à la fin de la projection.
Oui, qu’on soit Noir ou Blanc, chrétien ou musulman, Ivoirien ou Français, Américain ou Afghan, Russe ou Tchétchène, Chinois ou Tibétain, nous sommes tous frères, membres de cette grande famille qu’est l’humanité.

• Vers une fraternité universelle

Aujourd’hui, après les discours d’anti-colonialisme et d’anti-néocolonialisme, il est temps que naissent des discours de fraternité à travers l’exemple de ces grands hommes que sont Gandhi, Martin Luther King et de Nelson Mandela.

Ce n’est que lorsqu’on comprendra cette exigence, que les politiques européennes seront beaucoup plus humanistes que mercantilistes.

Ce n’est que lorsqu’on comprendra cette exigence, que les Noirs se débarrasseront de leur complexe d’infériorité et trouverons dans les yeux des Blancs, une lueur aimante, sincère et valorisante.

Nelson Mandela est certainement l’icône contemporain vivant qui nous indique la route de l’Histoire. Et cette route dépend, non des conflits inter-raciaux ou idéologiques qui se présentent de nos jours subtilement sous diverses formes, mais simplement de la capacité du genre humain à s’accepter, à se tolérer, à se pardonner, à s’aimer et à marcher ensemble vers des lendemains meilleurs.

Rappelons que l’initiativ’53 est un projet qui consiste à réaliser durant toute l’année 2011, cinquante trois (53) activités. Ces activités sont de deux ordres : le slam et le ciné-film.

Enyam Sowu, Responsable de l'Initiativ'53


La CPI doit instruire le « cas Togo »

Nous avons tous apprécié la promptitude avec laquelle la Cour Pénale Internationale (CPI) joue son rôle en Guinée-Conakry et actuellement en Côte d’Ivoire.

Le « cas Togo », c’est 500 à 1000 morts sans compter les innombrables blessés d’après l’Onu et les organisations indépendantes.
Ces morts sont les victimes du massacre organisé, planifié, ciblé et exécuté par le parti au pouvoir RPT entre Février et Avril 2005.

Ce chiffre macabre, 500 à 1000 morts, a été avancé par la commission d’enquête de l’Onu. Ce chiffre représente plus de quatre (4) à sept (7) fois celui non moins macabre sous Dadis Camara en Guinée-Conakry. Et pourtant, la CPI semble oubliée le Togo.

Faure et le RPT responsables de ce crime

Notons que ce carnage de la population togolaise un peu partout sur l’ensemble du territoire togolais, a eu lieu entre la période d’après la mort du général Gnassingbé Eyadéma le 05 février 2005 et l’accession frauduleuse au pouvoir de son fils Faure lors des élections d’avril 2005, en passant par l’usurpation militaire du pouvoir organisée par l’armée au profit de ce même Faure Gnassingbé.

Comment Faure dont les ergoteurs clament partout être jeune, démocrate, promoteur et garant de paix, peut-il accepter prendre en otage la Constitution et l’État, en complicité avec des militaires voyous après le décès de son père ? Comment Faure, cette partie terroriste de l’armée et le RPT (Rassemblement du Peuple Togolais), ont pu par soif du pouvoir et par peur de leur passé, massacré les Togolais, nos frères et sœurs ?

Déjà, un Togolais de tué, c’est de trop ; mais dans l’intervalle de trois (3) mois, il y a eu 500 à 1000 tués : c’est trop, c’est grave, c’est suffisant pour que ce crime ne soit pas impuni.
Faure, cette hiérarchie voyous de l’armée togolaise et les caciques ventripotents du RPT ont tué et massacré le peuple togolais. Ils ont violé la Constitution togolaise, ils ont violé les Togolais, ils ont terni la dignité du peuple togolais.
Par ailleurs, Notre justice étant une marionnette dans leurs mains, il est urgent que la CPI instruise et punisse ce crime. On ne peut pas vouloir classer ce dossier avec des facéties d’une certaine commission dite de Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR).

La CVJR, une farce

Le RPT, parti au pouvoir, a toujours été un facétieux, c’est pourquoi cette Commission Vérité Justice et Réconciliation est aussi une farce.

La CVJR enquête sur l’intervalle de notre histoire comprise entre 1958 et 2005. Cet intervalle qui est trop large, me semble une manière de déconcentrer une fois encore les Togolais sur le réel problème du Togo et de noyer ainsi ce crime, ce massacre que nous avons évoqué plus haut.

Par ailleurs on ne peut pas sacrifier la justice sur l’autel de la paix. La justice et la paix sont ensemble deux facettes d’une même pièce.
Pour bon nombre de Togolais, pour qu’il y ait un réel, non pas encore réconciliation, mais processus de réconciliation, il faut nécessairement :


• Que le pouvoir en place parte

Les bourreaux, qui sont toujours militairement en force, qui continue par braver avec insolence la population, qui continue par piller les biens nationaux, qui ont été coupable et choisissent encore avec rire narquois d’être coupable, ne peuvent pas, étant au pouvoir garantir ce processus de réconciliation.

Que des élections libres, transparentes, et crédibles aient une fois lieu sur notre terre des aïeux, afin que celui qui sera élu bénéficie de l’assentiment populaire nécessaire aux réformes et à un réel processus de réconciliation.
Cependant, ces deux conditions : l’alternance et des élections crédibles, qui sont nécessaires à une refonte de l’identité nationale n’est pas encore envisageable.

Pourquoi la CPI doit intervenir

Ces deux conditions ad minima que je viens d’énumérer, je le répète, avec une société civile inexistante, une opposition en mal de repères, et une classe intellectuelle résignée, n’est pas envisageable, à moins qu’il ait un coup d’État légitime.

Mais, les victimes et nous soucieux du respect de l’homme dans tous ce qui relève de sa liberté, sa dignité et son droit, ne pouvons plus attendre. Il est vrai que la CPI même après 25 ou 50 ans peut rattraper les « gangsters », mais pour nous déjà sept (7) ans que ce crime a été commis, il faut incessamment que justice soit faite.

Faure et ses ouailles doivent immédiatement répondre de leurs actes. C’est cet impératif qui fonde notre impératif à l’endroit de la CPI : la CPI doit nécessairement et immédiatement instruire le « cas Togo ».

 


Une prière pour la Côte d’Ivoire


Tout au long de la crise ivoirienne, j’ai cherché à travers la voie de la raison de comprendre, d’analyser et d’émettre des positions. Mais face à l’absurde, à l’intolérable et à l’irrationnel qui obscurcissent ce pays bien-aimé, je lève mes yeux à présent vers l’Immuable, vers Allah, vers le Sacré, vers l’Inconnu, pour lui confier les Ivoiriens et la Côte d’Ivoire. Peut-être nous viendrait-Il en aide pour que la raison prévale. Je vous invite donc à faire avec moi au moins une fois cette prière.

Seigneur notre Dieu,
Seigneur des lumières et des ténèbres.

Sous le ciel ivoirien, dans les bois, dans les églises et dans les mosquées
Les Ivoiriens,faits à ton image, chaque jour, lèvent les yeux et tournent leurs regards
S’agenouillent et se prosternent pour t’adorer.
En toi, ils reconnaissent celui qui a fait sortir d’Égypte, Israël
En toi, ils reconnaissent celui, qui sur des terres où coulent le lait et le miel
A conduit les Israélites.

Incline-toi et penche l’oreille
Écoute et vois
Jauge et répond à ce peuple meurtri, malade et mourant.

Des pensées divisionnistes, délivre-les
De la haine et de la violence politicienne,délivre-les
De toute personne, préférant sacrifier le pays sur l’autel de son égoïsme, délivre-les.

Montre à nous tous, quelques soient nos différences et nos divergences
Que les liens, qui en toi nous unissent, sont sacrés, immuables et suprêmes.

Exauce-nous Seigneur, pour que de l’Est à l’Ouest
Du Nord au Sud, les Ivoiriens se reconnaissent tous frères
Afin qu’ils s’unissent et unissent toutes les énergies positive
Pour la relève, la construction et la prospérité de la Côte d’Ivoire, notre terre à tous.

Alors, nos yeux s’ouvriront, des cris de joie éclateront,
Des fleuves de paix jailliront de nos cœurs
Pour qu’ensemble avec les peuples amis, frères de la Côte d’Ivoire
Nous marchions vers l’aube nouvelle de notre mère l’Afrique.

Ainsi soit-il!

De nos mains unies peuvent fleurir l'espérance


Crise post-électorale au Bénin : l’étoile s’est éteinte.

Adrien Houngbedji et Yayi Boni (président sortant)
Géographiquement et culturellement proche du Togo, le Bénin constitue un point de repère, une référence dans la plupart des débats politiques de mon pays.
Le succès de sa conférence nationale, attesté par les alternances successives pacifiques, demeure un point d’honneur dans la sous-région africaine. Le Bénin sur le plan démocratique est ainsi dans la sous-région une saine brebis parmi la plupart galeuse de la bergerie.
C’est l’étoile qui permet aux âmes africaines encore fières de leur négritude, de se défendre contre ceux qui par des arguties, pensent que l’Afrique serait incapable de démocratie.

Pour les peuples de la sous-région, la jeune démocratie béninoise est un facteur d’espoir et d’argument dans leurs luttes pour le progrès démocratique.
Par contre pour ces dirigeants méfiants envers les mots comme « transparence, liberté d’expression, opposition…etc. », la démocratie béninoise offre un exemple dangereux de déstabilisation et de réveil des consciences.

Mais après plus de vingt ans de marche démocratique certes douloureuse mais combien glorieuse, cette étoile, petite gloire de la sous-région, s’assombrit.
Après l’annonce par la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) ce vendredi, des résultats provisoires donnant pour vainqueur Yayi Boni dès le premier tour avec 53,17% des suffrages, la contestation ne s’est pas faite attendre. L’opposant historique Adrien Houngbédji qui arrive en deuxième position avec 35,65% prévient que « si la Cour Constitutionnelle ne prend pas ses responsabilités, le second tour se déroulera dans la rue ».

Face à cette situation, notre étonnement est est à la mesure de la gravité de notre indignation.
A Lomé, capitale togolaise, malgré que les regards internationaux soient tournés vers la Libye, la crise post-électorale au Bénin constitue le premier sujet de débat et des conversations. Certainement à cause de la proximité géographique et des liens sociologiques divers qui lient les deux peuples béninois et togolais.

Sans vouloir se risquer sur une analyse savante des causes de cette crise béninoise, pour le Togolais ordinaire, la réponse est claire : « Yayi Boni, qui a vécu plusieurs années ici au Togo dans ses fonctions de président de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), a certainement importé au Bénin, les « togolaiseries » dans son pays. D’ailleurs n’est-il pas ami et soutien de Faure Gnassingbé, dont la réélection est toujours contestée dans les rues de Lomé ? ».

Toutefois quoique disent les uns et les autres, la crise post-électorale qui s’ouvre au Bénin constitue une première dans ce pays après sa conférence nationale souveraine réussie.

Pour notre part, notre déception reste vive et émotive. C’est une amère expérience insoupçonnée que les âmes démocratiques viennent de subir.
Dans l’un de nos articles précédents, nous invoquions de nos vœux des élections festives en donnant quelques lignes directives pour cette fin.

En effet le facteur essentiel pour réaliser ces élections festives n’est pas de l’ordre quantitatif mais qualitatif en ce sens qu’il concerne la conscience politique. Ainsi la volonté politique positive doit pouvoir être garantie dans les clauses consensuelles que les acteurs politiques adoptent entre eux.

Mais en attendant que cette volonté soit une vraie culture pour les acteurs politiques, il faut que pour le moment, les peuples restent vigilants pour l’exiger sous toutes les formes possibles de leurs dirigeants qui, gardent encore dans leurs âmes des velléités de confiscation du pouvoir.

L’exemple ridicule du pardon demandé par le président sortant Yayi Boni le jour du premier tour de l’élection relatif à plus d’un million de non-inscrits sur la liste électorale, est tput simplement une mauvaise volonté politique.

Tout compte fait, cette crise post-électorale au Bénin nous enseigne une chose : le chemin de la démocratie et de la liberté est un chemin oblique et glissant. Pour arriver au sommet il nous faut tous les astuces, le courage et la volonté de l’alpiniste. Mais la possibilité d’une chute est tellement grande que toutes les forces vives doivent se serrer les mains, faire le cordon de la transparence et de la vérité afin de faire échec aux pesanteurs quelques soient leurs formes.

Pour que le Bénin ne soit pas à son tour un autre foyer de tension politique dans la sous région, nous comptons sur leur Cour Constitutionnelle, afin qu’après examen minutieux et responsable des recours qui vont être introduits, rende le droit dans l’intérêt du peuple et de la paix sociale.